L'organisation du festival Mawazine est marquée par plusieurs difficultés organisationnelles et administratives, selon des sources proches qui révèlent un climat de « confusion » sans précédent. Le festival pourra-t-il retrouver son éclat après une dernière édition jugée « fade » par de nombreux observateurs ? Habitués à annoncer à l'avance la date du festival Mawazine et à lancer petit à petit les têtes d'affiche des concerts de chaque édition pour préparer le public, les organisateurs ne l'ont pas fait cette année, laissant place à des doutes sur la programmation de cette rencontre musicale. Des sources proches du dossier ont confié que les organisateurs sont dans le flou total en ce moment, notamment à cause de difficultés organisationnelles internes et de négociations complexes avec plusieurs artistes. Par ailleurs, l'absence d'Abdeslam Ahizoune, président de l'Association Maroc Cultures, a contribué à compliquer la situation, en retardant certaines décisions clés et l'annonce officielle des dates du festival, en raison de son rôle central dans l'orientation stratégique de l'événement. À ce jour, ni la date officielle ni les grandes lignes du programme n'ont été annoncées, accentuant la pression sur les organisateurs. Parmi les problèmes soulevés figure une programmation artistique pas encore aboutie, tant au niveau international que local. Les sources ont indiqué que pour l'instant, la participation de certains chanteurs serait déjà confirmée, à l'instar de l'Égyptien Tamer Hosny et du Syrien Al Shami, tandis que d'autres contrats restent en cours de finalisation, dans un climat de discrétion de la part des organisateurs afin d'éviter toute annonce prématurée ou annulation. Le festival ne se serait pas mis d'accord avec l'Égyptien Amr Diab, à cause du cachet jugé élevé demandé par l'artiste. Plusieurs dossiers organisationnels restent en suspens, en raison d'une lenteur dans la prise de décisions. Pour ce qui est de la programmation marocaine, les discussions se poursuivent avec plusieurs artistes, dont Asmae Lamnawar. La participation de Saad Lamjarred devrait encore être compromise cette année en raison de ses problèmes judiciaires en France. L'organisation fait face à une double pression aussi, surtout après la dernière édition en demi-teinte, marquée par de nombreuses critiques, qu'il s'agisse de la programmation en deçà des attentes du public, ou encore de la qualité des prestations et de l'organisation largement décriée. La programmation pose, en outre, le défi de trouver un équilibre entre artistes populaires et jeunes talents, afin de renouveler le festival tout en maintenant son attractivité auprès du public, et de trouver des têtes d'affiche qui doivent marquer son côté « international ». Le festival se trouve donc dans une situation complexe où il se doit de regagner la confiance du public, consolider (voire retrouver) sa place parmi les grands événements musicaux internationaux ou signer une autre édition décevante, marquant le déclin amorcé ces dernières années.