Les Pays-Bas remportent l'Eurovision 2019    La Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains lance son site web    Laâyoune se dote d'un laboratoire de santé publique    Psycause: Carte de résident    Partenariat stratégique entre l'Université Mohammed VI Polytechnique et MassChallenge    Zoom: Laisser aimer    Boxe. La sélection marocaine féminine remporte 5 médailles d'or au Gabon    ONSSA. Destruction de 56 tonnes de produits alimentaires    Aéroports du Maroc : Le trafic commercial en forte hausse    Numérisation du système judiciaire : Signature d'une convention entre le barreau de Casablanca et la CDG    Vidéo – Le WAC s'en sort avec un nul face à l'IRT (2-2)    Aji T'hdm. "Les Inqualifiables" enflamment la scène    Fès/Tourisme: Jnane Sbil sur les traces du Jardin de Majorelle    Jésus, une grande figure biblique du Coran/Episode 5: Les fondements de la Loi juive    Golfe: Les tensions montent d'un cran    Guerre commerciale: Trump semble prêt à aller jusqu'au bout…    Comment les familles perçoivent l'école marocaine    «Arabæsque», une synthèse subtile entre traditions musicales orientales et occidentales    Le nombre des directrices de publication des journaux électroniques en hausse    Le Raja jouera, jouera pas son match contre le MAT ?    Le WAC et le Raja sanctionnés financièrement    Quatre Marocains nommés membres des commissions du CIO pour 2019    L'Observatoire marocain de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme commémore le 16 mai    Les recettes douanières franchissent la barre des 100 MMDH en 2018    Nouveaux membres et nouvelle vie pour les amputés du Soudan du Sud    Insolite : Champignons hallucinogènes    Ces tournages qui ont tourné au drame : Taxi 2    Comment les céréales complètes protègent des maladies    Poussée attendue des populistes à J-6 avant le coup d'envoi des Européennes    News    Kantar intègre le Maroc    Plaidoyer pour la réduction des délais de paiement    Malek : Tout ce qui tend à accompagner les jeunes talents est primordial    A Cannes, un cri d'alarme sur le sort des banlieues    Le ministère annonce l'ouverture prochaine de dix salles de théâtre dans l'ensemble des régions du Royaume    #9hartouna: le hashtag contre les gilets jaunes casablancais    Propositions de loi. Les dispositions législatives vont enfin être activées    29ème journée de la Botola Maroc Telecom : Le sprint final lancé    La «Nakba» qui interpelle le monde    Indice de perception de la corruption : Le Maroc a gagné 17 places en deux ans    Casablanca. Coups de feu dans l'arrestation d'un trafiquant de drogues    Hervé Renard félicite les internationaux marocains    Vidéo – Un avion de combat F-16 s'écrase contre un entrepôt en Californie    Angelillo moins chanceux que les Lions    Abdellah Amrani, un artiste tout simplement…    Boeing : La mise à jour du système anti-décrochage du 737 MAX est prête    Hamid Lechhab : L'ouverture des médias sur les intellectuels est sélective    Habib El Malki reçoit l'ambassadeur du Yémen à Rabat    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Hommage : Sami Al Maghribi, l'enfant de Safi n'est plus
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 11 - 03 - 2008

La scène artistique marocaine rend un dernier hommage à l'illustre chanteur et musicien judéo-marocain Sami Al Maghribi, de son vrai nom Salomon Amzellag, décédé dimanche 9 mars 2008 à Montréal.
C'est à Safi en 1922 que Sami poussa son premier cri. Fils d'un tailleur de la famille Amzellag qui s'installa à Rabat à partir de 1926. L'occasion pour cet enfant passionné de musique de se familiariser avec la beauté de l'art d'«al alaâ andalousia». En autodidacte, il s'initie à l'instrument de l'oud. Sa première mandoline, il la confectionne à l'âge de 7 ans. Cette attirance pour la musique déterminera les moments forts de sa vie au point où, à l'âge de 20 ans, il allait décider de quitter son poste de directeur commercial pour se consacrer au chant et à la musique. Dans un soucis de perfectionnement, il décida de fréquenter le Conservatoire de musique de Casablanca et les cercles des poètes et maîtres de la musique andalouse.
Sami a été séduit et influencé par Salim Hilali, un grand interprète de la musique judéo-marocaine et Cheikh Larbi Bensari à qui il va demander de lui écrire plusieurs poèmes comme «Bqit mahmoum», «Men iybat Yraïi Lahbab», «Had El Houb El Gheddar»,...
Du chant religieux, il passa à la chanson traditionnelle où il chanta les délices de l'amour et la beauté de la bien aimée: «Kaftanak Mahloul alalla…» (Ô celle au caftan ouvert !).
Il côtoya Cheikh Redouane Bensari qui lui enseigna plusieurs hawzi, rythmes (miyazen), et même hawfi. Il quitta le Maroc en 1960 et devint rabbin de la synagogue hispano-portugaise en 1967, s'abstenant ainsi à apparaître en public comme artiste chanteur avant qu'il ne se ravise et revient avec une chanson «Sâlouni nâss», une manière pour lui d'affirmer qu'il n'y avait point d'incompatibilité entre le culte et le chant.
Il décide en 2003 de sortir un album dans lequel, il reprend ses succés et fait découvrir à son public une nouvelle composition «Ana weld tmanine sana…», hommage à une carrière de 60 ans. Accompagné d'Ahmed Pirou Hayat Boukhrissi, il revient en 2005 au Maroc pour participer à un programme télévisé sur 2M. Sami laisse derrière lui un énorme héritage musical qui va de l'interprétation du gharnati, au melhoun, au hawzi. Il avait notamment marqué de son empreinte les anciennes Qasidah de Sidi Qaddour Al 'Alami, de Benmsaib, du Cheikh Bouâzza, de Bensliman et autres grands ténors de la poésie melhoun. Doté d'une voix chaleureuse, une diction parfaite d'une élégance inouïe...et d'une grande capacité à transmettre l'âme d'une chanson qui peut alternativement parler d'amour, de nostalgie, de séparation.
Comment oublier ses chansons les plus célèbres : «Ay ay ay loukan kanou andi le mnain» ou «Oumri ma nensak ya mama»? Sami crée son propre style musical basé sur les noubas du gharnati, le moual marocain, le malhoun et le haouzi, en développant l'art des nuances et des modulations vocales. Il s'inscrit aussi dans la chanson nationale marocaine, en interprétant, en 1955 à l'occasion du retour de Sa Majesté MohammedV ; «Alf hniya wa hniya, Koulou ‘la sslama Sidna Mohammed Alkhamis Soltan al Maghrib».
Et c'est à Paris qu'il poursuit sa carrière artistique en donnant de nombreux concerts et en créant sa propre marque de disques, Samyphone.
Sans te dire adieu, nous te dirons, merci Sami d'avoir cristallisé l'expression même de la joie et du bonheur pour plus d'une génération. Ta musique, une belle quintessence, était et restera présente dans nos fêtes. Tes chansons resteront à tout jamais gravées dans nos cœurs. Et dans nos mémoires, fredonnera à jamais, le souvenir indélébile d'une voix juste et d'une mélodie qui imprègne les cœurs de sérénité ayant réussi à unir, dans l'harmonie, ensemble juifs et musulmans.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.