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Le film sud-coréen «The journals of Musan» remporte l'Etoile d'or
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 13 - 12 - 2010

Le film sud-coréen «The journals of Musan» a remporté l'Etoile d'or (Grand prix) de la dixième édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM) samedi 11 décembre.
Le suspense des 15 films en compétition au FIFM a enfin pris fin. C'est le film sud-coréen «The journals of Musan» qui a remporté l'Etoile d'or (Grand prix) de la dixième édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM) samedi 11 décembre. Il s'agit du premier film de Park Jungbum. Il s' y attaque à une des questions les plus actuelles et épineuses de la société coréenne : celle des transfuges qui sont toujours plus nombreux à déserter la Corée du Nord pour tenter leur chance de l'autre côté, en Corée du Sud. «Ce n'est pas un film à propos de l'unification, ni un film sur les parties politiques ou la religion, c'est un film à propos de ce qui ne va pas dans la société. C'est un film sur le système, le système capitaliste et des difficultés auxquelles doivent faire face certaines personnes dans la société», explique le réalisateur qui campe également le premier rôle dans cette fiction. « The journals of Musan», a créé la surprise défiant les pronostics des festivaliers. Il est à noter que tous les primés lors de ce 10ème festival ont été des premières œuvres. Ainsi le Prix du jury présidé par le metteur en scène et acteur américain John Malkovich, a été attribué ex aequo aux films mexicain «Beclouded» et belge «Beyond the steppes». «Beclouded» ou «Vaho» du jeune Alejandro Gerber Becicci raconte l'histoire de André, José et Felipe, trois jeunes amis à peine sortis de l'adolescence. La mémoire du lynchage d'un homme - dont ils en sont indirectement responsables- resurgie avant de les séparer. L'histoire se déroule en Iztapalapa, une modeste région asséchée et marquée par la spectaculaire ferveur mystique de ses habitants. «Benyond the steppes» de la réalisatrice Vanja D'Alacantara s'inspire de son histoire familial, celle d'une jeune Polonaise déportée avec son bébé par l'armée soviétique au Goulag sibérien en 1940. Le Prix de la meilleure interprétation a été partagé par les équipes de film d'«Animal kingdom» et «When we leave» récompensant ainsi l'ensemble des acteurs de ces deux autres premières productions pour leur brillante prestation collective. «Il était difficile de départager les 15 films en compétition officielle, tellement les travaux sélectionnés étaient de bonne qualité», a souligné le président du jury lors de la cérémonie de remise des prix, qui clôture cette dixième édition. Et d'ajouter que: «les membres du jury se sont basés sur des critères rigoureux, notamment le scénario, les thématiques traitées et la maîtrise technique». Organisé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI et présidé par SAR le Prince Moulay Rachid, le Festival international du film de Marrakech est à sa dixième édition. Jeune, cette manifestation ne cesse de démontrer, son potentiel et sa dynamique de véritable locomotive pour le cinéma national et international. Cette année, il a été question d'un jury de qualité primant avec audace des premières œuvres, une nouvelle compétition, celle du court métrage préparant de nouvelles générations de cinéastes, une programmation de films de qualité, ainsi que la participation de grands noms du cinéma mondial (Copola, Costa Gavras, Martin Scorsses, John Malkovitch, les frères Dardenne entre autres…), partageant leurs expériences et montrant la voie aux jeunes.
Le Festival du film de Marrakech, c'était aussi une programmation de films pour les non-voyants à travers la technique de l'auto-description, des campagnes médicales, des projections à la place Jamaa El Fna et dans d'autres salles de Marrakech, le cinéma français étant à l'honneur cette année. Le festival de Marrakech, c'est des stars nationales et internationales, plus de 500 journalistes dont plus de la moitié vient de l'étranger, et un public chaque année encore plus grands, plus jeunes, et plus ouvert au monde et ses cultures.
Made in Korea
L'Etoile d'or de Marrakech brillera à Séoul. Ainsi en a décidé John Malkovitch et son beau jury en choisissant le film «The journals of Musan» du Sud-Coréen Park Jungbum. Le film avait séduit ceux qui avaient accepté le contrat de communication qu'il propose, basé sur un schéma narratif aux antipodes du cinéma dominant. Aucun des ingrédients qui assurent le succès au box-office n'est ici invoqué. A commencer par la catégorie centrale du récit traditionnel: le héros. En fait il s'agit ici plutôt d'un anti-héros. Dans sa physionomie, son look comme on dit aujourd'hui, qui agace son entourage, sa passivité, son endurance silencieuse... le film se démarque également par son rythme, son rapport au temps qui instaure in fine un dispositif quasi documentaire. Le film est la chronique de la vie ordinaire d'un exilé nord-coréen qui arrive dans une ville qui refuse de l'accueillir ici, de l'embaucher là, parce qu'il porte son identité comme une tare. Il ne parle pas beaucoup, reçoit les humiliations et les coups sans réagir… accumulant les frustrations et les désillusions comme une bête de somme… prêt à accepter la moindre proposition qui lui permette de faire partie de cette ville… la caméra épouse son itinéraire en lui offrant le temps qu'il n'a pas par ailleurs. Quand il est tabassé, la caméra le suit comme un regard attentif mais impuissant. Le temps coule comme dure sa souffrance retenue avec dignité (le film est le plus long de la compétition officielle). Pourquoi coller au réel ? A-t-on envie de se demander. Parce que, nous répond le film, le réel est plus imaginatif que le plus doué des scénaristes. Cette descente aux enfers est ainsi émaillée de rebondissements nourris par les déplacements du personnage. L'évolution de l'espace narratif joue comme facteur de développement du récit : les lieux sont l'occasion de situations de tensions, de brefs moments de bonheur, éphémère mais sublime comme les regards furtifs vers la jeune femme qui deviendra son amie ou quand il essaie son blouson neuf… ces lieux offrent aussi des rencontres qui révéleront le non-dit de ce personnage taciturne comme la rencontre avec le chien errant qu'il décidera d'adopter. Clin d'œil au clochard et son chien de Charlie Chaplin, cette image offre par ailleurs au récit sa figure métonymique ; elle condensera le drame et dessinera sa conclusion dans une séquence finale qui relève du chef- d'œuvre aussi bien dans sa dramaturgie que dans sa mise en scène cinématographique : le personnage quitte son lieu de travail, un espace de fête et d'amusement, pour aller ramener une commande de boissons ; la caméra le suit dans un plan continu au détail près. Il ressort du magasin et se dirige vers la discothèque, la caméra le suit en épousant son regard. Le spectateur s'interroge : quel est l'apport de cette virée nocturne ? La réponse arrive en s'insérant dans le plan pratiquement en silence : le cadavre du chien broyé par un accident de circulation gît au milieu de la chaussée. Le personnage s'arrête, la caméra s'arrête, le temps s'arrête… Un plan large qui dure montrant une rue faiblement éclairée, des voitures qui passent et deux corps immobiles dans un dialogue tragique et sans parole : la mort de l'un, disant la mort de l'autre. Et disant surtout le triomphe du cinéma. Car le cinéma est fort quand il ne montre pas ce qu'il évoque. La Corée du Sud confirme.


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