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Lettre de Marrakech : E. Kakou, L'humouriste qui aimait Marrakech
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 22 - 08 - 2003

Au-delà de son talent d'humoriste de scène, Elie Kakou a réussi aussi dans le cinéma en tournant plusieurs films qui ont connu un succès monstre. Le plus connu de ses films est sans doute «La vérité si je mens»
Tout d'abord, je voudrais apporter une précision notoire c'est que la lettre de Marrakech ne parle que des personnalités vivantes de tout bord qui aiment Marrakech où qui y vivent et qui ont une relation étroite avec notre ville. Or voilà, que se pose le problème de certaines légendes qui sont mortes il n'y a pas longtemps mais qui restent vivantes dans nos cœurs ou dans celui qui les a côtoyées ou tout simplement chez le grand public parce qu'ils ont marqué la vie des gens par leur travail, en fait ce sont des grands.
A ce titre, aujourd'hui je vais rendre hommage à un grand artiste, un ami qui venait à Marrakech et qui aime retrouver la sérénité de chez nous, de se promener dans la médina et de s'arrêter en pleine rue pour parler avec les passants en leur glissant un petit mot gentil en arabe dont son préféré « Maâlich » c'est-à-dire pas de problème ou pas grave. C'était réellement un grand brave cet Elie.
Notre ami Elie Kakou est né le 12 janvier 1960 en Tunisie. Juif tunisien, il passera toute son enfance à Marseille avec sa famille et particulièrement auprès de sa sœur qui ne le quittait presque pas, surtout à Marrakech. En fait, la carrière d'Elie avait commencé au Club Méditerranéen comme G.O. vers les années 1980. Ayant pris un peu d'assurance et d'expérience, il monte à Paris pour donner ses premiers spectacles au « Plateau 26 » puis au « Point virgule ». Sans relâche, il agrémenta les soirées des connaisseurs parisiens (surtout Juifs, et Nord-africains) pendant presque neuf mois. Ensuite, il fera un passage très remarqué dans la fameuse émission : « La classe » que produisait le regretté Guy Lux et animée par le présentateur Fabrice. Cette émission de divertissement donnait la chance et faisait connaître les humoristes de talent mais en début de carrière. Commençant à être bien connu et apprécié par le public, même en dehors de l'Hexagone, Elie Kakou fait ses spectacles suivants à Bobino avec un succès énorme ce qui lui ouvre tout simplement les portes du célèbre théâtre et salle de spectacles pour grands l'Olympia, c'était il y a dix ans en 1994.
Après ces spectacles, à guichet fermé, dans la salle du Boulevard des Capucines, c'est le Casino de Paris qui affiche complet avec les représentations d'Elie Kakou. Tout cela va permettre à notre grand «artiste» d'être nominé dans la catégorie «du meilleur humoriste» aux «Victoires de la musique» de février 1995.
Quels sont ceux parmi nous qui ne se rappellent pas de ces sketches ou de ces one man show d'Elie Kakou. « Madame Sarfati », personnage-clé et populaire était le symbole d'une certaine classe juive traditionnelle, qui faisait rire le spectateur mettant autour et en elle une galerie de personnages très populaires, tels que le prêtre intégriste, le médium, ou l'attaché de presse.
Tous ces spectacles, rassemblés en vidéo-cassettes, faisaient le tour du monde arabo-francophone, vont être primés en recevant la distinction de la « Vidéo de diamant », car vendues à presque 250.000 exemplaires. Allant plus loin, Elie Kakou va rénover ses spectacles en produisant une scène très spéciale au cirque d'hiver, puisqu'en 1997, il donne des représentations accompagné sur scène de plusieurs artistes danseurs et acrobates. C'était son dernier spectacle d'envergure à Paris et les biographes s'arrêtent là en oubliant que son dernier grand spectacle s'est passé à Marrakech à la salle Royale du Palais des congrès en 1999 lors de l'édition n°2 de Khmissa.
A ce moment, Elie était, on le sentait fatigué mais courageux, simple, disponible et écoutant les autres pour récolter de chez eux l'humour et les réactions qui lui permettaient de bâtir et d'ajouter dans son spectacle des nouveautés spontanées. En discutant tous les deux , il essayait de faire des jeux de mots très humoristiques entre l'arabe et le français. Mais la chose qui avait fait éclater de rire l'ensemble des 2500 spectateurs de la soirée marrakchie et sans que personne ne s'y attendait, c'était le fait d'introduire dans un sketch de Mme Serfati, une petite scène où pendant le spectacle, le téléphone sonna, Mme Serfati qui demandait : qui était au bout du fil avec insistance, répondait à son interlocuteur « qu'est-ce que vous voulez, Mr Cherkaoui, quoi, ici il y a pas de Cherkaoui, il n'y a que Cherkanon », tout le monde éclata de rire et en commençant par moi-même qui finalement, on voit cet homme plein d'ingéniosité était capable d'un simple mot il peut vous le transformer et provoquer une situation sympathique d'humour et de détente.
Au-delà de son talent d'humoriste de scène, Elie Kakou a réussi aussi dans le cinéma en tournant plusieurs films qui ont connu un succès monstre. Le plus connu de ses films est sans doute «La vérité si je mens» du réalisateur Thomas Gilou, film qui a crevé les écrans à travers l'Hexagone et ailleurs avec plus de six millions d'entrées. De son vivant, Elie a tourné dans d'autres films parmi lesquels citons : « Les kidnappeurs » de Graham Guit, film tourné aux côtés d'Elodie Bouchez et de Melvil Poupand, « Prison à domicile » de Christophe Jacrot avec comme partenaire de scène Ticky Holdago et « Mr Naphtali » est son dernier film, du reste sorti sur les écrans après son décès où il joue le rôle d'un grand enfant au cœur tendre souhaitant rester tranquille dans la maison où il vit. Juste après sa présentation à Marrakech et après être passé chez nous, on apprenait ce jour du jeudi 10 juin 1999 la mort d'Elie Kakou, d'un terrible cancer du poumon à l'âge précoce de 39 ans. Le monde du spectacle et surtout les gens qui ont bien connu Elie Kakou, viennent de perdre un ami, qui au-delà du personnage humoristique, était un gars de cœur, très sensible, symbolisant ce genre humain, tolérant qui n'accordait d'importance ni au matériel, ni aux considérations, combien aléatoires de la vie comme la politique et l'intérêt.
Mais à la valeur de l'homme quelles que soient ses origines, sa couleur, sa religion ou sa croyance. Personnellement, j'étais comme tous ses admirateurs choqué par la disparition si brutale d'Elie Kakou, un homme dans la force de l'âge.
En fait, est-il vraiment mort après l'œuvre et les films qu'il nous a laissés. Je ne le pense pas car ses répliques sont rentrés dans le langage courant de la blague, de l'humour et de la vie agréable. Qui ne se rappelle pas des répliques de «Mme Serfati » quand elle dit : « Je ne suis pas grosse… je suis tout simplement dilatée », ou encore dans le sketch de l'instituteur quand il dit : « Je vous préviens le premier que j'attrape en train de chuchoter, bavarder, papoter ou quoi que ce soit, c'est un rapport de chez monsieur Fotoin, que ce soit bien clair entre vous et moi… » ou encore dans le sketch du voyant : « Vous ne connaissez pas une certaine Nadine ? Nadine Emouke… Ecoutez-moi je vous donne les informations telles qu'elles m'arrivent… » On peut continuer à citer plusieurs choses sur cet Elie Kakou dont l'humour nous détendait après une journée de rude travail où quand quelqu'un avait le cafard. A ses côtés, vous sentez la douceur et vous voyez ses yeux qui brillaient, lui qui avait déjà compris ce que vous voulez lui avancer ou lui dire. Souriant, il ne savait pas contrarier ni dire du mal. Par contre, il vous rétorquait toujours « oui » tout bas ou encore un « Ouakha Sidi » en arabe pour vous rappeler qu'il n'a jamais renié ses origines et sa première enfance en Afrique du Nord. Ebloui par Marrakech, il me confia, vois-tu Aziz, A Sidi Aziz j'aimerais acheter un petit riad dans la Médina de Marrakech, c'est là où je voudrais y vivre, car dit-il, ici à Marrakech on sent la chaleur humaine sincère et sans intérêt.
Les relations humaines avec les gens, ici se font facilement sans «chichi », c'est simple. Du reste sa sœur, encore en vie était chargée de l'opération. Est-ce que Elie qui est mort peu de temps après, ne sentait pas déjà à Marrakech, un lieu où il voulait se reposer, sachant qu'il était malade et qu'ici il aurait eu les avantages de la vie sereine, calme sans être tracassé par les médias et la vie stressante professionnelle. Je ne peux répondre mais on peut l'imaginer. Si Elie est parti jeune il reste grand tout comme ces artistes qui sont morts à un âge où il pouvait encore donner (Mozart ou encore le peintre marrakchi Saladi). Pour cette raison je rends hommage à cet ami de Marrakech dont la disposition est une grosse perte et qui nous laisse le cœur bien triste et «dilaté». Mais rassure toi Elie on pense toujours à toi ici à Marrakech.


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