Plus de 2,8 milliards de voyages durant les vacances de la Fête du Printemps en Chine    Une représentation de l'ANSS à El Jadida, pour consacrer la politique de proximité dans ses dimensions humaine et territoriale    FBR Câbles renforce la filière fibre optique avec une nouvelle usine à Berrechid    Attijariwafa bank franchit le cap des 10 MMDH de RNPG en 2025    Orange Maroc dévoile YoMax 5G et la Livebox 7    Saham Bank : Un PNB consolidé à plus de 6,2 MMDH en 2025    Marché de gros de poisson : Plus de 500 tonnes au 6e jour du Ramadan à Casablanca    Stade Al Barid de Rabat : 65,7 MDH pour les travaux de finition    USA : La nouvelle taxe douanière mondiale de 10% entre en vigueur    Année 2025 record pour le nombre de journalistes tués, les deux tiers par Israël    Espagne-Témoignage au parlement. Un responsable sécuritaire espagnol salue le professionnalisme et la rigueur des services de sécurité marocains    Etat de l'Union. Trump très ferme face au régime iranien    SM le Roi félicite l'Emir du Koweït à l'occasion de la fête nationale de son pays    Gianni Infantino rassure sur l'organisation du Mondial 2026 au Mexique    Ligue des Champions : Programme de ce mercredi    Eviction de Ramtane Lamamra de la mission au Soudan : un nouveau revers diplomatique pour le régime algérien à l'ONU    Sahara marocain : l'ONU confirme des négociations à Washington sur la résolution 2797    Marc Limon à Hespress Fr : « le Maroc a été à l'avant-garde mondiale des NMIRF »    Trafic illicite : Ouagadougou et Accra luttent ensemble    La FRMF réfute (encore) les rumeurs de départ de Walid Regragui    Alerte météo. De fortes rafales de vent avec tempête de sable attendues dans certaines provinces    Opération "Iftar Ramadan 1447-2026" : La Garde Royale organise la distribution de 6.000 repas du Ftour quotidiennement    Nostalgia Lovers Festival revient pour une troisième édition au Vélodrome de Casablanca    Agadir mise sur la culture pour rythmer les Nuits du Ramadan    Le site historique de Chellah accueille Candlelight, la série de concerts immersifs qui réinvente la musique classique    Les températures attendues ce mardi 24 février 2026    Le temps qu'il fera ce mardi 24 février 2026    Quelque 189 candidats à la migration irrégulière interceptés au large de Dakhla    Douanes et flux migratoires, commerce : l'Espagne défend son partenariat stratégique avec le Maroc    Report du procès de Jonathan Harroch à l'issue d'un vif débat juridique entre la défense et le parquet    Mondial de boxe : L'équipe du Maroc U19 en stage de préparation à Bangkok    Estados Unidos: Un marroquí, partidario de Trump, detenido 108 días por el ICE    Le Roi Mohammed VI aurait mis en vente son château de Betz près de Paris    Etats-Unis : Un Marocain, partisan de Trump, détenu 108 jours par l'ICE    Armement : la France intensifie son offensive pour récupérer des parts dans le marché marocain    Renvoi du joueur Achraf Hakimi devant la justice dans une affaire remontant à 2023    Getafe : la nouvelle blessure d'Abdelkabir Abqar inquiète Bordalás    Bolivia's Decision Disrupts Algeria and the Polisario... A New Victory for Moroccan Diplomacy    Taghazout featured in Tripadvisor Travellers' Choice Awards 2026    Incidents au Mexique : L'ambassade du Maroc met en place une cellule de suivi pour ses concitoyens    Industrie de défense : l'Indien MKU envisage une implantation au Maroc    La Bolivie suspend sa reconnaissance de la pseudo « rasd »    Romain Saïss annonce sa retraite internationale    Guerlain dévoile Terracotta Golden Dunes, inspiré par le désert du Maroc    Al-Madîna al-Zâhira, la cité disparue dont le mystère se dissipe à Cordoue [Etude]    FInAB 2026 : Cotonou au rythme des arts et de la création africaine    Edito. Capital humain    Prix Cheikh Zayed du Livre : deux écrivains marocains dans la course    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Gazoducs, passages maritimes, AQMI et Boko Haram
Publié dans Barlamane le 08 - 05 - 2022

Les deux sorties consécutives du régime algérien les 23 et 27 avril derniers par respectivement le président et son ministre de l'Energie, sur le gaz qui transitera à travers le GME selon les accords entre Rabat et Madrid, interpellent à plusieurs niveaux.
Le premier, au niveau de l'ingérence d'un pays tiers sur une infrastructure hors ses frontières. Ce niveau relève de la compétence des deux Etats concernés de dénoncer pareille immixtion dans des affaires bilatérales. D'ailleurs, si le Maroc, habituellement, ne prête pas attention aux vociférations et provocations algériennes, l'Espagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères et de sa ministre de la Transition écologique et troisième vice-présidente du gouvernement , a recadré Alger. Ce qui nous mène tout droit au deuxième niveau de lecture.
Il concerne à la fois le manque de maturité et le manque de fiabilité du régime militaire algérien de plus en plus inquiétant.
Voilà un pays qui a réaffirmé, en août 2021, ne pas revenir sur sa décision de non-reconduction du contrat relatif aux hydrocarbures avec le royaume, via le GME qui relie le Maghreb à l'Europe, en alimentant principalement l'Espagne. Cette dernière a vu son approvisionnement en gaz algérien décroître via Medgaz aux capacités de débit bien moindres. Tout ceci motivée par une guerre diplomatique que mène Alger contre le Maroc. Ce que l'Algérie a prouvé par cet acte c'est qu'elle n'hésite pas à mettre en danger ses partenaires européens qui sont aussi ses premiers clients et ses premiers pourvoyeurs d'aides. Elle les fragilise ainsi sur les plans de sécurité énergétique et de sécurité tout court, au plus fort de la guerre Russie -Ukraine aux conséquences énergétiques mondiales désastreuses encore à venir.
En Europe, l'on savait l'Algérie non fiable sécuritairement. Et ce, bien avant ce positionnement de 2021 aux ramifications plus diverses qu'un simple approvisionnement en énergie et bien avant ces menaces incessantes d'avril 2022 de fermer les robinets de gaz à l'Espagne.
Un rapport de l'UE datant de juin 2013, à l'époque où la communauté européenne, comme les USA d'ailleurs, croyait pouvoir contenir et infléchir les visées et marges de manoeuvres illicites algériennes au Sahel aux multiples ressources (uranium, or...) affirme le peu de fiabilité de l'Algérie et la dangerosité de mettre entre ses mains la sécurité de toute une région. Florilège :
-" l'Algérie joue un rôle ambivalent dans la région";
-"L'Algérie est à son tour critiquée en raison de sa position ambiguë dans la région, de ses efforts insuffisants en matière de surveillance et de contrôle des activités des groupes armés au Sahel, et de sa réticence à partager les renseignements concernant les acteurs impliqués au Mali".
-Certains experts ont également avancé que l'Algérie a été très peu touchée par les activités d'AQMI et que le pays se sert de cette organisation comme prétexte pour renforcer son prestige régional dans la lutte contre le terrorisme.
"Certains y voient également une intention cachée de défense de la position du pays en tant qu'acteur essentiel dans le Nord du Mali."
-« L'ambiguïté de certaines positions algériennes est peut-être liée au caractère particulier des menaces transnationales dans la région du Sahel, et celui-ci doit être pris en considération en cas de recommandations politiques".
-"Le Sahel est le terrain de plusieurs réseaux exerçant des activités extrêmement diversifiées, et l'Algérie occupe une place centrale pour un grand nombre d'entre eux. Ces réseaux comptent des hommes d'affaires ordinaires exerçant des activités entièrement légales mais également des trafiquants de cigarettes et de marchandises subventionnées (produits alimentaires et pétrole) en provenance de Libye et d'Algérie et à destination du Mali et du Niger, ainsi que des individus exerçant des activités illicites bien plus graves telles que le transport des migrants de l'Afrique subsaharienne jusqu'en Afrique du Nord et en Europe" .
C'est cette nonchalance occidentale, malgré sa pleine conscience de l'ambivalence des positions d'Alger fortement défendue par Paris, qui permet à ses dirigeants de prétendre avoir un droit de regard dans des affaires souveraines et légales, qui ne les concernent pas.
Cette attitude offensive sans fondement cache assurément autre chose. Il semble que cet "autre chose" soit d'entraver la réalisation du gazoduc Nigéria-Maroc. Pour empêcher le Maroc et tous les pays de l'Ouest dont les eaux traversent le golfe de Guinée de bénéficier de gaz, d'améliorer les échanges entre eux et avec d'autres pays africains, et d'arriver à une sécurité globale et une autosuffisance industrielle, ce qui constitue, rappelons-le, l'un des chevaux de bataille du roi Mohammed VI pour l'Afrique. Soulignons que le circuit du gazoduc emprunte le tracé du Golfe de Guinée et que ce Golfe* est le plus dangereux des passages maritimes au vu de la piraterie intensifiée qui y sévit ; et qu'il s'agit d'un passage de marchandise et d'énergie vers (et de) l'Europe et les Amériques également.
Est-il besoin de rappeler qu'avec avec la réalisation de ce gazoduc, le Maroc sera appelé, en tant que champion de la coopération sécuritaire, à jouer un rôle dans la sécurité de toute la région dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme ? Un défi lié également à la lutte contre le risque environnemental mondial que constituent les attaques de pirates contre les infrastructures pétrolières dans le Golfe de Guinée (lequel représente 24 milliards de barils de pétrole de réserves prouvées).
Cela dessert clairement l'agenda algérien au plan sécuritaire mais aussi au niveau d'infrastructures qui placeraient le Nigéria au premier rang des producteurs africains, place qu'occupe actuellement l'Algérie. Rappelons que le Nigéria qui occupe aujourd'hui la 3ème place, dispose de bien plus de réserves en gaz que l'Algérie : 2,7 % des réserves prouvées mondiales contre 2,2%.
Dans ce contexte, il est nécessaire de rappeler la collaboration entre AQMI et Boko Haram. Et il est primordial de rappeler ce qui ne fait plus de doute aujourd'hui, c'est-à-dire la collusion entre les services secrets algériens et AQMI, et entre les réseaux salafi-jihadistes et le crime organisé, dont le trafic de pétrole, la traite d'humains, le trafic de cocaïne et autres stupéfiants corrélés à l'économie de rente algérienne, comme le certifie le rapport de l'UE mentionné plus haut.
L'occident aujourd'hui, et l'Espagne et la France en particulier, n'ont plus aucun intérêt à fermer les yeux sur les actions de l'Algérie en vue de saper la sécurité énergétique de tous, liée à la sécurité des routes commerciales maritimes, terrestres, lesquelles parfois passent également par les voies aériennes.
Les positions erratiques de l'Algérie, outre de menacer la cessation du contrat gazier avec l'Espagne, avaient également concerné l'interdiction à la France du survol de son territoire vers le Sahel, pour avoir si justement affirmé qu'Alger était un système politico-militaire.
*Le golfe de Guinée fait l'objet de l'attention internationale au même titre que le Détroit de Gibraltar ou encore le Golfe d'Aden, car il constitue un passage obligé pour la route maritime, liant Amérique, Europe et Afrique mais aussi les pays le longeant. Ainsi l'Union européenne avec l'AFD agit sur leurs fragilités à travers le programme Stratégie Team Europe (2021-2027), mais aussi les Etats Unis, comme on l'a vu le 25 avril dernier dans un communiqué du département d'Etat US avec l'Officier commandant du USS Hershel «Woody» Williams, le capitaine de la marine américaine Michael E. Concannon Directeur des engagements en Afrique des forces navales des Etats-Unis pour l'Afrique, le capitaine de la marine américaine John M. Tully, dans le cadre de l'AFRICOM. Les pays du Golfe de Guinée attirent de plus en plus d'investisseurs chinois en infrastructures, également.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.