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Mariage des mineures : une plaie gangrenée
Publié dans Challenge le 13 - 04 - 2021

Le Maroc a adapté sa législation sur la protection de l'enfance aux déclarations internationales qu'il a signées. L'une des dispositions stipule que l'âge légal du mariage est fixé à dix-huit ans et que l'accord de la jeune fille est nécessaire.
Mais la loi marocaine stipule aussi que dans des cas exceptionnels, le juge peut accorder des autorisations. C'est totalement à l'appréciation des juges. En 2019, il y a eu 27.000 demandes d'autorisation du tribunal pour marier des mineures. Ce sont autant de viols légaux que l'on revendique. Est-ce qu'une fillette de 13 ans peut être consentante pour un rapport sexuel ? De par le monde, la réponse est non ; nonobstant le fait qu'elle est incapable de gérer un foyer ou d'élever des enfants.
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Les familles ont appris à piéger les juges en utilisant des clichés. « Notre fille a été imprudente, elle a perdu sa virginité, heureusement que son violeur veut l'épouser, sinon elle serait rejetée par la société ». Ajoutez à cela, la rhétorique sur la pauvreté et les familles obtiennent le sésame pour vendre leur fillette. Personne ne conteste la nécessité du travail de sensibilisation. C'est utile mais c'est un processus très long, surtout que le dossier a été sous-traité aux ONG qui n'ont que leur bonne volonté à opposer à l'étendue du phénomène dans certaines régions.
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Le drame est législatif. Il faut identifier clairement les exceptions et limiter le pouvoir discrétionnaire du juge. C'est la seule issue pour limiter ces mariages, parce que des « experts » monnayent leurs services pour obtenir le sésame. Les femmes parlementaires devraient se saisir de ce sujet de manière transpartisane, sinon, elles ne servent à rien.


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