Le tribunal de première instance de Benslimane a condamné, lundi, Rabie Elgourii, secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement affilié à la Confédération générale du travail (CGT) et figure connue de la coordination des enseignants contractuels, à six mois de prison avec sursis, assortis d'une amende de 5.000 dirhams, en plus des frais de justice. Sur le plan civil, le tribunal a également statué en faveur des parties plaignantes, en ordonnant à Elgourii de verser une indemnité globale de 20.000 dirhams à chacun des demandeurs, tout en rejetant les autres demandes. Le procès faisait suite à une plainte déposée par trois conseillers communaux de la ville de Bouznika, accusant le prévenu de diffusion et de propagation de faits jugés mensongers dans le but de porter atteinte à la vie privée de personnes et de les diffamer. De son côté, Rabie Elgourii a toujours rejeté ces accusations, estimant que la procédure engagée à son encontre s'inscrivait dans une tentative de le réduire au silence et de freiner son engagement syndical, notamment dans les dossiers liés à la dénonciation de la corruption. Réagissant au verdict, Alami Al Harouni, coordinateur de la commission de soutien à Rabie Elgourii et aux personnes qu'il juge « poursuivies arbitrairement » dans la province de Benslimane, a estimé que cette décision judiciaire « ne peut être dissociée de son contexte politique et militant », évoquant un climat de pression visant certaines voix syndicales et contestataires, ainsi que des positions jugées dérangeantes pour les autorités locales et certains réseaux d'intérêts.