Les précipitations récentes ont propulsé le taux de remplissage national des barrages à 42,5%, marquant une nette amélioration des réserves stratégiques après une longue période de sécheresse. Malgré la vitalité exceptionnelle des bassins du Nord et du Bouregreg, une situation critique perdure dans l'Oum Errabia et le Sud, où le déficit hydrique reste alarmant. Cette fracture géographique impose une gestion minutieuse des stocks et le renforcement des projets d'interconnexion pour sécuriser l'approvisionnement des régions. L'épisode de fortes perturbations météorologiques se prolonge au Maroc, maintenant des pluies généreuses et d'importantes chutes de neige sur les massifs de l'Atlas et du Rif. Ces précipitations salvatrices, qui touchent une vaste zone géographique, agissent comme une véritable bouffée d'oxygène pour les ressources hydriques nationales, éprouvées par une sécheresse chronique. Cet apport hydrique soutenu s'avère déterminant pour redresser le taux de remplissage des barrages, sécurisant ainsi des réserves stratégiques cruciales pour les années à venir et alimentant les nappes phréatiques. Si l'instabilité persiste dans l'immédiat, un changement de paradigme est attendu dès ce jeudi avec une amélioration progressive des conditions et le retour d'une stabilité atmosphérique sur l'ensemble du Royaume, cette séquence météorologique a un impact positif sur la sécurité hydrique et l'agriculture. À ce jour, le stock global des barrages, selon la situation journalière du lundi 6 janvier 2026, a atteint le volume de 71.23,4 millions de m3, affichant un gain de 2.342,1 millions de m3. Ceci a permis de renforcer la sécurité stratégique du pays avec un taux de remplissage global des barrages qui a atteint 42,5% le 5 janvier 2026 contre 40,91% un jour auparavant. En revanche, en comparaison avec la même période de l'année précédente, le taux a été de 28,41%. Le barrage Al Wahda : plus forte hausse en apports Cette hausse des apports hydriques dans les barrages au cours des dernières 24 heures a permis le remplissage de plusieurs barrages du Royaume qui ont enregistré d'importants volumes d'eau, impactant positivement les taux de remplissage de nombreuses infrastructures hydrauliques. Dans la province de Taounate, le barrage Al Wahda a enregistré la plus forte hausse avec un apport de 46,8 millions de mètres cubes, portant son taux de remplissage à 54,4% et renforçant ainsi les réserves de cet ouvrage stratégique. Du côté de Béni-Mellal, le barrage Ahmed El Hansali a vu ses ressources augmenter de 34,1 millions de mètres cubes, atteignant un taux de 34,3%, ce qui contribue à l'amélioration de la situation hydrique régionale. À Rabat, le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah a bénéficié d'une injection de 31 millions de mètres cubes. Son taux culmine désormais à 98%. Dans la province de Larache, le barrage Oued El Makhazine a gagné 29,4 millions de mètres cubes, affichant un taux de remplissage quasi complet de 98,8%. Plus au sud, dans la province de Tiznit, le barrage Youssef Ben Tachfine a reçu 28,9 millions de mètres cubes supplémentaires, portant son remplissage à 27,2%. Enfin, dans la province de Taroudant, le barrage Aoulouz a enregistré une hausse de 23,8 millions de mètres cubes, atteignant ainsi 82,2% de sa capacité. Bassins hydrauliques : persistance des disparités géographiques Par ailleurs, cette dynamique positive cache toutefois des disparités géographiques importantes selon les bassins hydrauliques, marquée par une forte disparité entre le Nord et le Sud. Le bassin du Bouregreg affiche un taux de remplissage global de 93,6%, porté par le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah (98%). Le Loukkos (61,9%) et le Tensift (65,3%) présentent également des niveaux confortables, le premier stockant un volume important de 1,18 milliard de m3. Le bassin du Sebou, bien qu'à 51,2%, demeure le poumon hydraulique du pays avec le plus gros volume stocké (2,84 milliards de m3), grâce notamment au barrage Al Wahda rempli à 54%. En revanche, la situation devient critique dès que l'on descend vers le centre et le sud-est. Le bassin de l'Oum Errabia est dans un état alarmant avec seulement 15,7% de remplissage ; son infrastructure majeure, Al Massira, est quasiment à sec avec un taux de 5%. Les bassins de la Moulouya (32,5%) et du Draa-Oued Noun (29,6%) restent en zone de stress hydrique sévère, malgré quelques barrages de tête qui affichent des taux de 100%. Le Souss-Massa (41,7%) montre une situation intermédiaire : si les petits barrages sont pleins, les grandes réserves comme Youssef Ben Tachfine (27%) peinent à se régénérer. De surcroît, si les précipitations récentes ont sécurisé l'approvisionnement dans le Nord et sur le littoral atlantique central, la persistance de la sécheresse dans les plaines de l'intérieur et le Sud impose une gestion prudente des réserves, particulièrement pour l'irrigation agricole. La fragilité de l'Oum Errabia reste le point le plus préoccupant du panorama national, ce qui explique l'interconnexion hydrique de l'Oum Er-Rabia visant à transférer de l'eau depuis d'autres bassins (comme le Bouregreg et le Sebou) vers ce bassin, qui souffre d'une sécheresse chronique et d'un déficit hydrique critique. Yassine Saber / Les Inspirations ECO