Au troisième trimestre 2025, les indices des valeurs unitaires du commerce extérieur confirment un tournant. La baisse marquée des prix à l'importation contraste avec une légère hausse à l'export, révélant des dynamiques sectorielles opposées et une recomposition progressive des termes de l'échange. Le troisième trimestre 2025 marque une inflexion claire des prix du commerce extérieur. Selon la dernière note publiée par le Haut-commissariat au plan, les valeurs unitaires à l'importation enregistrent une baisse de 5,8% sur un an, tandis que celles à l'exportation progressent de 0,4%. Ce mouvement s'inscrit dans la continuité du reflux observé depuis le début de l'année, après les pics atteints en 2023 et 2024. Les indices confirment ainsi une normalisation progressive des prix, dans un contexte international globalement moins tendu. Une détente largement tirée par l'énergie La baisse des prix à l'importation repose principalement sur le repli marqué des énergies et lubrifiants, dont les valeurs unitaires reculent de 11,6% sur un an. Ce poste joue un rôle central dans l'évolution de l'indice global, qui passe de 110,8 à 104,4 entre les troisièmes trimestres 2024 et 2025. La tendance baissière concerne également les produits finis d'équipement industriel et les demi-produits, tous deux en recul de 8,7%, traduisant une modération des coûts des intrants industriels. Les produits finis de consommation (-3,1%) ainsi que l'alimentation, boissons et tabacs (-3,8%) s'inscrivent dans la même dynamique, confirmant une détente relativement généralisée des prix importés. À l'opposé, les produits bruts d'origine minérale affichent une hausse spectaculaire de 69,7%, leur indice passant de 64,4 à 109,3. Ce mouvement tranche nettement avec la tendance générale et pèse sur la lecture globale de la facture à l'importation. Une progression limitée et très concentrée À l'export, l'indice global progresse légèrement, de 116,9 à 117,4, soit une hausse de 0,4% sur un an. Cette évolution tient presque exclusivement à deux catégories. Les demi-produits enregistrent une hausse marquée de 10,7%, atteignant un indice de 139,2, tandis que les produits bruts d'origine minérale progressent de 4,1%. En revanche, la majorité des autres postes évoluent à la baisse. Les valeurs unitaires des énergies et lubrifiants chutent de 22,3%, celles des produits bruts d'origine animale et végétale de 17,3%, et celles des produits finis d'équipement agricole de 14,4%. Les produits finis d'équipement industriel (-4,2%) et les produits finis de consommation (-1,6%) affichent également des replis, limitant la portée de la hausse globale. Des variations mensuelles qui confirment la volatilité Sur le seul troisième trimestre 2025, les indices mensuels montrent des évolutions contrastées. À l'importation, l'indice global reste relativement stable, oscillant entre 104,7 en juillet, 104,8 en août et 103,8 en septembre, avec une baisse progressive des prix de l'énergie, passés de 87,8 à 84,6 sur la période. À l'exportation, l'indice atteint 119,9 en août avant de redescendre à 116,2 en septembre. Les demi-produits culminent à 148 en août, tandis que les produits bruts d'origine minérale reculent nettement en fin de trimestre. Ces fluctuations traduisent une forte sensibilité des prix exportés aux conditions de marché à court terme. Cette évolution des indices s'observe dans un contexte où les prix jouent un rôle déterminant dans la lecture des échanges, parfois davantage que les volumes. Le recul des valeurs unitaires à l'importation agit comme un amortisseur sur les coûts de production, en particulier pour les secteurs dépendants des intrants énergétiques et industriels. À l'inverse, la faible progression des prix à l'export limite l'effet de levier sur les recettes extérieures, malgré des niveaux d'indices qui restent historiquement élevés pour certains segments. Une tendance qui se dessine sur la durée La lecture des indices trimestriels depuis 2023 montre une trajectoire désormais plus lisible. Les valeurs unitaires à l'importation suivent une pente descendante continue, atteignant 104,4 au troisième trimestre 2025, contre 125,8 au début de 2023. À l'exportation, les indices se maintiennent autour de 117 depuis plusieurs trimestres, sans dynamique haussière marquée. L'écart entre importations et exportations se réduit ainsi progressivement, davantage sous l'effet du repli des prix importés que du fait d'une franche amélioration des prix à l'export. Faiza Rhoul / Les Inspirations ECO