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La source des femmes : «Attention, l'amour est en danger et ce sont les femmes qui en sont gardiennes»
Publié dans Finances news le 17 - 11 - 2011

•Après avoir honoré le Maroc au Festival de Cannes avec 5 nominations, le film «La source des femmes» est désormais dans les salles.
•Rencontre très chaleureuse avec Radu Mihaileanu, réalisateur du film, qui nous fait part des moments forts qu'il a vécus lors du tournage.
✔ Finances News Hebdo : Comment vous est venue l'idée du film?
✔ Radu Mihaileanu : L'idée m'est venue par deux voies. L'une est une sublime rencontre que j'aie faite avec le Maroc depuis plus de 25 ans. Certes, j'ai visité beaucoup de pays du Maghreb, mais c'est le Maroc qui m'a le plus attiré, J'ai eu aussi la chance d'aller souvent dans les milieux ruraux, dans des villages reculés tout au Sud entre Laayoune et Smara (le désert saharien), mais aussi dans les montagnes, le Moyen et le Haut Atlas. Des villages souvent berbères ou je suis tombé amoureux des gens qui m'ont à chaque fois chaleureusement accueilli, avec leur hospitalité et leur coutumes.
De ce fait j'ai rencontré des femmes et des hommes incroyables, et il m'est arrivé d'écouter des histoires de femmes (mères, grand-mères, etc..), de leur vies quotidiennes, de leurs inspirations, de leur amours, de leur vie difficile…
J'ai découvert une telle beauté et un humour rural que je ne connaissais pas, des femmes arabes, berbères. Une poésie et une inventivité qui émanaient de ces femmes illettrées. C'était donc impératif pour moi de raconter et de montrer à l'Occident qui simplifie encore la condition de la femme arabo-musulmane, leur beauté, leur complexité, leur subtilité et leur courage.
La deuxième voie était un fait divers qui a eu lieu en 2001 en Turquie et qui m'a fourni la trame de l'histoire et que j'ai trouvé très semblable aux conditions de vie que j'avais connues au Maroc,
C'étaient des femmes qui cherchaient de l'eau en haut de la montagne à la source, qui tombaient souvent et qui se faisaient mal parfois. Pour mettre fin à cette situation, elles ont décidé de faire la grève de l'amour jusqu'à ce que les hommes apportent l'eau au village. L'histoire est donc véridique, et puisque tous les éléments étaient rassemblés, je me suis dit que je devais raconter un conte oriental pour parler de la condition des femmes en général.
Poser la question où en est-on de la connaissance de la femme et surtout de l'amour ? Est-ce qu'aujourd'hui on est toujours capable d'aimer?
Avec les nouvelles technologies nous nous éloignons de plus en plus de l'amour avec nos parents, nos proches, nos compagnes…
Le signal d'alarme que je tire aussi c'est : attention, l'amour est en danger et ce sont les femmes qui en sont gardiennes.
La terre est en train de s'assécher vu que l'amour est la seule pluie valable, une source qui est en train de s'épuiser.
✔ F.N.H. : Pourquoi le choix du Maroc et plus précisément de ce village ?
✔ R. M. : Avant d'écrire ce film j'ai vécu dans un autre village dans le Haut Atlas pendant trois semaines et je cherchais un village comme dans un conte de fées, un village à la fois rudimentaire, mais en même temps qui présente une grande beauté architecturale et celle de ses habitants.
Il me fallait un village encastré dans une montagne avec une source en haut pour montrer le chemin que parcourent les femmes pour aller chercher de l'eau. Je voulais absolument le tourner au Maroc que je considère comme mon pays d'adoption. Je savais que j'allais être accueilli comme un roi et donc que j'allais bien me sentir avec des acteurs et des techniciens formidables. Mon assistant et le régisseur général ont parcouru neuf mille kilomètres pour trouver enfin ce joyau.
✔ F.N.H. : Comment l'idée a-t-elle été perçue par les habitants du village ?
✔ R. M. : Bien évidemment tous n'ont pas pu lire le scénario, ce sont donc les jeunes du village qui ont raconté l'histoire aux anciens.Ces derniers ont délégué le pouvoir à une organisation composée principalement de jeunes, grâce a qui nous avons pu lancer le film. Juste une anecdote, lorsqu'on veut tourner un film à Paris, il faut juste avoir un cachet des autorités concernées (police, préfecture et mairie) et c'est tout ; par contre, dans ce village il fallait plus d'une semaine d'explications pendant les déjeuners, les dîners, les balades…, jusqu'à ce que la confiance règne entre nous. On a fait venir quatorze femmes à Cannes représentant trois générations, accompagnées d'un homme. Et pendant toute la projection, ils applaudissaient et buvaient le film du regard. Lors du Festival international de Marrakech nous allons essayer de projeter le film dans ce village. Bien sûr, nous allons leur expliquer d'abord ce qui va se passer afin de ne pas les traumatiser vu qu'il y a deux scènes un peu gênantes qui risquent de choquer. De toute façon, la projection se fera d'un commun accord, nous n'allons rien imposer.
✔ F.N.H : Après avoir passé 6 mois au village, racontez-nous les conditions du tournage ?
✔ R. M. : Le tournage était formidable, c'est le voyage qui était un peu dur, vu que nous habitions à Marrakech, et que nous avions une heure pour l'aller et une pour le retour, chaque jour. Mais une fois au village nous étions en famille avec le souci de sensibiliser mon équipe : le village n'était pas un décor de cinéma, il fallait garder le respect et c'était à nous de nous adapter à la vie du village. D'autre part j'avais prévu qu'au moins une personne.
Propos recueillis par Lamiae Boumahrou


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