La croissance de l'économie nationale en 2013 sera largement conditionnée par les résultats de la campagne agricole, ainsi que par le programme de politique économique dans ses volets budgétaire, monétaire et financier. L'année 2012 sème le doute sur la crédibilité d'une croissance prévisionnelle de 4,8% attendue par les pouvoirs publics. Deux mois après la fin de l'exercice écoulé, on commence d'ores et déjà à s'interroger sur les perspectives d'évolution de l'activité économique, courant 2013. Les analystes commentent les résultats de l'année écoulée et établissent les pronostics pour le prochain exercice. Les réalisations affichées à fin 2012 donnent des sueurs froides, d'autant plus que la situation telle qu'elle se présente encore, n'augure rien de bon. Lors d'une récente rencontre avec les médias, l'argentier du Royaume avait annoncé un déficit budgétaire de 7,1% en 2012. Cette situation résulte essentiellement des chocs externes entraînant dans leur sillage la hausse des matières premières. Ajoutons à cela une hausse des charges liées à la compensation qui ont pesé de tout leur poids sur le déficit budgétaire. S'il y a quelques années, nous nous targuions d'une maîtrise de l'endettement extérieur, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Aussi l'encours de la dette intérieure est-il en augmentation de 13,7% par rapport à son niveau à fin décembre 2011. Ceci s'explique par le recours du Trésor au marché des adjudications pour un montant net de 42,5 Mds de DH. Jusqu'à présent, les principaux facteurs agissant sur la dynamique de croissance présentent des configurations empreintes d'incertitude, tant en ce qui concerne l'environnement international que les ressorts de performance et de compétitivité au niveau national. Mais cela n'empêche pas nos analystes de tabler pour l'année en cours sur un taux de croissance de 4,8%, enregistrant ainsi une progression de 1,8 point par rapport à l'exercice précédent. Un profil contrasté Telle qu'analysée par les analystes de l'Observatoire de conjoncture, la croissance de l'économie nationale en 2013 sera largement conditionnée par les résultats de la campagne agricole et du comportement de la demande intérieure, ainsi que du programme de politique économique dans ses volets budgétaire, monétaire et financier. Sur le plan agricole, la situation pluviométrique satisfaisante observée depuis le début de la saison augure d'une bonne récolte céréalière et, partant, d'une reprise des activités primaires. Suite à des effets d'entraînement, la demande intérieure de consommation et d'investissement pourrait bénéficier des effets induits de cette reprise et enregistrer un regain de dynamisme. «L'impact positif de la perspective de redressement des activités primaires sur la croissance globale devrait néanmoins être quelque peu atténué par des difficultés réelles auxquelles devront faire face les activités industrielles, de commerce et de service», préviennent les analystes du CMC. Ils font allusion aux difficultés qui peuvent découler de la contraction de la demande extérieure des principaux pays partenaires, mais aussi de la faible compétitivité de nos produits. De telles difficultés pourraient être plus ressenties sur les activités des industries manufacturières les plus sensibles, ainsi que sur les activités de services aux entreprises et, dans une moindre mesure, au niveau des activités de construction. Au chapitre de la politique économique, le budget prévisionnel retient comme axes prioritaires, la dynamisation de la croissance, le développement social, l'accélération du processus de réformes institutionnelles, en plus du rétablissement des équilibres macroéconomiques. Or, les moyens budgétaires mobilisables pour la mise en œuvre de ces axes s'avèrent contraignants à l'examen. Au plan monétaire et financier, les orientations devront s'inscrire dans la continuité des années précédentes avec comme leitmotivs la maîtrise de l'inflation et la stabilité du taux de change. Ces objectifs impliquent pour les autorités monétaires une gestion prudente de la contrainte de liquidité bancaire, du taux d'intérêt et du taux de change. Ces hypothèses qui portent sur les principaux facteurs d'anticipation de l'activité économique, et qui relèvent aussi bien de l'environnement interne qu'externe, permettent d'envisager un taux de croissance atteignant 4,8%. D'après les conjoncturistes, cette perspective qui repose en bonne partie sur les pronostics favorables pour les agricoles se révèle, à l'examen, assez modeste comparativement aux performances moyennes de la dernière décennie. En revanche, elle peut être annonciatrice d'un nouveau cycle ascendant dans le cas où l'économie nationale s'engage sur la voie des réformes à caractère structurel, visant l'amélioration du climat des affaires et les conditions de prise de risque par les investisseurs. En révélant plusieurs types de fragilité, l'année 2012 sème le doute sur la crédibilité d'une croissance prévisionnelle de 4,8% attendue par les pouvoirs publics. Sur plus d'un chapitre, l'économie nationale est malmenée. Et les contraintes, ce n'est pas ce qui manque : un déficit commercial qui frôle le seuil des 200 Mds de DH, le renchérissement des matières premières, un partenaire commercial en difficulté, un recours de plus en plus à l'emprunt extérieur... Ajoutons à cela un secteur industriel peu compétitif et qui n'arrive pas encore à s'imposer sur la scène internationale. Face à ce constat un peu amer, on ne peut que continuer à recommander une diversification sectorielle régionale et de débouchés qui limiterait la vulnérabilité de l'économie marocaine et qui pourrait affranchir l'économie marocaine des aléas extérieurs.