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Après-pétrole maritime : ce que le Maroc peut faire, dès maintenant
Publié dans Les ECO le 21 - 03 - 2026

Le report du cadre «Net-Zero» de l'OMI à novembre 2026 n'est pas une raison pour attendre. Le Maroc, avec ses atouts portuaires et son potentiel énergétique, a tout intérêt à anticiper plutôt que subir. Une récente étude de la Banque mondiale, intitulée «Gateway to Green Energy: Moroccan Ports as Hubs for Hydrogen Fuel Development and Trade», analyse en détail comment le Royaume peut se positionner dans la course aux carburants maritimes décarbonés.
Cette étude identifie les ports de Tanger Med, Mohammedia, Jorf Lasfar et la future zone portuaire de Tan-Tan comme piliers de la future filière hydrogène vert. Leur complémentarité est la clé d'une stratégie cohérente. Selon la Banque mondiale, dans un scénario de demande moyenne, les navires faisant escale dans les ports marocains pourraient nécessiter environ 0,2 million de tonnes d'équivalent hydrogène en carburant d'ici 2030, et jusqu'à 2,83 millions de tonnes d'ici 2050, convertis sous forme d'ammoniac ou de méthanol verts.
Tanger Med, premier port de Méditerranée et d'Afrique en trafic conteneurs, est déjà un hub de soutage conventionnel avec environ 1,5 million de tonnes de carburants fossiles par an Situé sur le détroit de Gibraltar, l'un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde, il est naturellement positionné pour devenir la plaque tournante du soutage de carburants maritimes verts, captant la demande des navires en transit. Jorf Lasfar joue un rôle stratégique dans cette transformation. Desservant l'industrie sidérurgique et le Groupe OCP, il traite déjà environ deux millions de tonnes d'ammoniac par an.
Cette infrastructure existante le rend parfaitement adapté pour basculer vers l'ammoniac vert et décarboner à la fois la filière engrais et le transport maritime. L'utilisation d'ammoniac vert dans les procédés industriels offrirait un levier substantiel de décarbonation pour ce secteur à forte intensité énergétique. Mohammedia présente un avantage supplémentaire unique dans sa proximité avec des cavités salines adaptées au stockage à grande échelle d'hydrogène.
Ces cavités, actuellement utilisées pour des produits pétroliers liquéfiés, offrent une solution économique pour le stockage de l'hydrogène et pourraient réduire le coût actualisé de l'hydrogène (Levelized Cost of Hydrogen, LCOH) du Maroc – déjà compétitif – de 0,16 euro par kilogramme par rapport au stockage en conduites enterrées. Cette capacité de stockage constitue un maillon essentiel pour lisser l'offre et sécuriser l'approvisionnement des industriels et des opérateurs maritimes.
Enfin, Tan-Tan, bien que moins développé en termes d'infrastructures portuaires, bénéficie de conditions solaires et éoliennes exceptionnelles, ce qui en fait un site idéal pour une production d'hydrogène à faible coût. Un projet de développement portuaire dans cette zone pourrait tirer parti de cet avantage stratégique pour produire des dérivés de l'hydrogène destinés à l'exportation et à la distribution vers les autres ports.
L'analyse de la Banque mondiale démontre que la configuration la plus rentable consisterait à produire et exporter l'hydrogène depuis Tan-Tan, à le stocker dans les cavités de Mohammedia, à le distribuer aux industries lourdes de Jorf Lasfar, et à assurer le soutage des navires à Tanger Med. Cette approche combinée permettrait de maximiser l'efficacité et de réduire les coûts tout en consolidant le Maroc comme acteur central de l'hydrogène vert maritime.
Au-delà du secteur maritime, les ressources marocaines en énergies renouvelables, parmi les meilleures au monde, constituent la base d'une production d'hydrogène vert à grande échelle et à faible coût. Selon les estimations de l'Agence internationale de l'énergie, le Maroc pourrait produire de l'hydrogène vert à un coût compris entre 1,5 et 2,5 dollars par kilogramme d'ici 2050, d'autres projections l'estimant même entre 0,6 et 1,3 dollar par kilogramme.
L'intérêt pour l'hydrogène vert est porté par la croissance de la demande mondiale, notamment en Europe. Mais l'hydrogène vert devra également répondre à la demande locale. OCP prévoit de produire un million de tonnes d'ammoniac vert d'ici 2027, avec l'ambition de porter ce volume à trois millions de tonnes d'ici 2032 pour l'utiliser dans la production nationale d'engrais.
Pour garantir un processus de développement efficace, le Royaume a certes a publié l'Offre Maroc et a désigné MASEN comme organisme principal chargé de la coordination des projets liés à l'hydrogène sans oublier la création du Cluster Green H2 en 2021. Objectif : voir émerger un écosystème solide dédié à l'hydrogène vert. Cependant, et même si plusieurs défis structurels restent à relever pour consolider cette position, le Maroc ne doit pas se contenter d'être un corridor maritime. En positionnant ses ports au cœur de la filière hydrogène, il peut devenir un hub énergétique capable de produire, transformer et distribuer des carburants verts pour les navires de demain.


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