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Energies renouvelables : La mondialisation impose des réformes dans la recherche
Publié dans Finances news le 03 - 10 - 2013

La formation dans les énergies renouvelables est aujourd'hui assurée dans quasiment toutes les facultés des Sciences ainsi que dans les écoles d'ingénieurs.
Même si les enseignants-chercheurs marocains sont au même niveau que leurs homologues européens, il est impératif d'organiser et de renforcer la veille internationale, sous peine de se faire dépasser dans ce domaine. Le ministère dispose, désormais, des moyens suffisants pour le financement de la recherche scientifique. Lahcen Daoudi, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres, dresse le bilan, à mi-chemin, de son mandat.
Finances News Hebdo : Vous êtes à la tête du ministère depuis bientôt deux ans. Quel est votre bilan à mi-chemin ?
Lahcen Daoudi : Parmi les réalisations que nous avons pu accomplir depuis que nous sommes à la tête de ce ministère, il y a lieu de retenir :
La transformation d'un Institut de plantes, à Taounate, qui était à l'abandon en établissement public. Nous estimons qu'il peut constituer un pôle de développement pour toute la région de Taounate pour les plantes aromatiques et médicinales ;
Le texte de loi sur la création de l'Agence d'évaluation, prévu depuis 2001, est actuellement au parlement ;
Le lancement d'un concours d'entrée unique pour toutes les ENCG. Une mesure qui va s'étendre l'année prochaine aux facultés de médecine. Le Maroc s'est inscrit dans la mondialisation et il faut absolument que nous nous alignions sur les standards internationaux ;
L'organisation de la première conférence des ministres en charge de la recherche scientifique des pays du dialogue 5+5.
La participation aux premières Assises des phosphates ;
La nomination de deux femmes au sein du ministère que j'ai eu le privilège d'investir aux postes de directrices centrales ;
Le lancement de la fusion de deux universités à Casablanca et de deux autres à Rabat, dans l'espoir d'améliorer notre classement au niveau mondial, puisque la recherche est comptabilisée par université. Donc, si nous intégrons les 35 établissements qui ne sont pas comptabilisés, il est évident que le Maroc va percer au moins au niveau africain ;
Le lancement du marché de la généralisation du Wifi dans toutes les universités au Maroc ;
L'ouverture de la branche d'expert-comptable à Tanger, Oujda et Agadir. Actuellement, nous avons 400 experts-comptables inscrits à l'Ordre, alors que la France est à 19.000 experts-comptables. Aujourd'hui, il faut épauler l'ISCAE puisque, à lui seul, il ne peut satisfaire tout le besoin ;
La résolution du problème d'avancement des vices-directeurs, vices-doyens, et de tous les professeurs qui ont des fonctions administratives, et qui étaient bloqués depuis 2005 ;
L'augmentation prévue des indemnités des vices-directeurs et des vices-doyens malgré la crise. Un vice-doyen touche 20.000DH par mois, si on exclut les frais de voiture, ce qui n'est pas normal ;
L'augmentation des bourses des étudiants de 400 à 600 DH soit 50%. Nous avons également augmenté le nombre des bourses d'excellence (3.000 DH par mois) de 100 à 300, même si ce chiffre reste faible ;
La mise en place d'un nouvel organigramme du ministère. Nous envisageons, également, le changement de l'appellation du ministère en supprimant la Formation des cadres et en ne gardant que le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ;
L'élargissement des capacités d'accueil, en lançant de nombreux chantiers de construction à savoir la faculté de médecine de Tanger et d'Agadir, l'EST à Kelaâ des Sraghna et à Khénifra et l'intégration de l'EST à la faculté des sciences de Béni Mellal ainsi que l'ENCG à Dakhla ;
La construction d'amphithéâtres en dehors des budgets des universités. Ceci permettra de résoudre le problème de saturation à l'horizon 2014. Idem pour le nombre d'enseignants. Pour l'année prochaine, nous envisageons de budgétiser plus de postes pour dépasser les problèmes d'encadrement ;
Et enfin, la connexion de Marwan 3 haut débit pour apporter toute l'information nécessaire aux étudiants.
F. N. H. : Vous portez une attention particulière à la recherche scientifique. Où en êtes-vous aujourd'hui ?
L. D. : Effectivement, nous allons mettre le prix fort pour la recherche scientifique. Actuellement, nous avons injecté 300 millions de dirhams en plus des 90 millions de dirhams que l'OCP a mis à la disposition de la R&D au Maroc. Nous espérons également un soutien financier de la part de Managem afin que nous puissions dire aux universitaires qu'il n'y a plus de problèmes de financement. Aujourd'hui, nous travaillons dans le cadre de la coopération internationale avec des partenariats public-public. Il y a l'université euro-méditerranéenne qui va voir le jour, mais aussi l'installation d'universités de certains pays comme la France. Nous sommes également en discussion avec la faculté de médecine d'Ottawa parce que nous avons encore beaucoup de spécialités qui nous font défaut. Nous allons essayer de relancer toutes les disciplines là où il y a du besoin. Nous comptons également encourager, par l'octroi de bourses d'excellence, les lauréats des ENCG et les économistes pour qu'ils préparent des doctorats en marketing et en gestion. Le premier draft de la réforme de la loi est actuellement entre nos mains et nous allons le discuter avec les syndicats pour aboutir à une vraie plate-forme de réforme. Sans une réforme de la loi 01, portant sur l'organisation de l'Enseignement supérieur, nous serons bloqués.
En parallèle, il y a en ce moment la discussion sur la réforme de la santé, notamment en ce qui concerne les facultés de médecine. La réforme pédagogique des universités est également prévue pour la rentrée prochaine. Il faut avancer au rythme des autres pour ne pas être dépassé et combler le déficit. Aujourd'hui, la fable du lièvre et de la tortue n'est plus permise.
Toutefois, nous ne pouvons avancer sans concertation. C'est la raison pour laquelle, nous avons reporté la réforme pédagogique afin de permettre aux enseignants d'avoir plus de temps pour l'assimiler et d'y contribuer, même si cela la décale d'une année. Mon objectif n'est pas de l'inscrire à mon mandat, mais c'est pour le bien du pays et de son système d'enseignement supérieur.
F. N. H. : Etes-vous satisfait de ce que vous avez accompli jusqu'à aujourd'hui?
L. D. : Jamais, on n'est jamais satisfait. Les aspirations dépassent de loin le rythme auquel nous avançons et les moyens dont nous disposons. Il est évident que si nous avions plus de moyens, nous ferions davantage. Tout en sachant que nous disposons d'1 milliard de dollars seulement pour l'ensemble des universités, alors que certaines universités étrangères ont sept fois le budget global du ministère. Malgré cela, nous ne baissons pas les bras. La preuve, la construction du premier drone, des voitures solaires, des éoliennes,..., et ce, avec le peu de moyens financiers.
Aujourd'hui, nous disposons des moyens financiers que nous mettons à la disposition des enseignants-chercheurs pour aller à la conquête d'autres marchés, soumissionner et s'intégrer dans la recherche mondiale.
Et même lorsqu'il y avait le financement, les enseignants trouvaient des difficultés à l'utiliser puisque les dépenses obéissaient à la comptabilité publique. Nous nous sommes mis d'accord avec le ministère des Finances pour apporter les solutions aux problèmes que rencontrent les enseignants-chercheurs en matière de financement.
F. N. H. : Pour revenir à la formation des cadres au Maroc et plus particulièrement dans le domaine des énergies renouvelables, disposons-nous au sein des universités marocaines et des écoles d'ingénieurs de branches dédiées à ce secteur croissant ?
L. D. : Quasiment toutes les facultés des sciences, ainsi que les écoles d'ingénieurs disposent du cursus des énergies renouvelables. Je dirai même que c'est devenu un effet de mode. Cet engouement a démarré durant les cinq dernières années. Résultat, nous avons pu construire des voitures solaires, un drone et développer la robotique. Il y a beaucoup de brevets marocains à ce niveau. Récemment, il y a eu une course de voitures solaires intégralement conçues par des étudiants marocains. Ce sont les ingénieurs des écoles de Mohammedia et de Settat.
Il y a également la construction d'une station de traitement des eaux usées à la faculté des sciences d'El Jadida. Avec une expertise 100% marocaine, cette station a été réalisée avec un budget de 600.000 DH seulement.
Actuellement, nous sommes en phase de discussions avec le ministère de l'Intérieur pour généraliser ce procédé dans les petites communes rurales qui n'ont pas d'infrastructures.
Quant aux enseignants-chercheurs marocains dans le domaine des énergies renouvelables, ils sont au même niveau que leurs homologues européens à savoir Français, Espagnols, Allemands. Et prochainement, nous allons inaugurer la première unité mixte internationale en partenariat avec l'université GeorgiaTech, le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et les universités marocaines, qui sera installée à Rabat.
F. N. H. : Donc, dans ce domaine, le besoin en main-d'œuvre qualifiée est couvert pour répondre aux attentes du marché, notamment pendant l'achèvement des différents projets lancés?
L. D. : Nous n'aurons aucun problème en ce qui concerne le domaine des énergies renouvelables. Cette branche s'est parfaitement intégrée à l'université marocaine.
F. N. H. : Sommes-nous au même diapason que les avancées internationales en la matière ?
L. D. : Dans ce domaine, nous travaillons avec l'IRESEN, l'OCP et Managem. Nous sommes sur la bonne voie, du moment qu'il n'y a pas de procédés nouveaux dans le domaine. Notre préoccupation est de coller aux innovations. Il est donc impératif de faire de la veille internationale pour que le Maroc ne soit pas dépassé. Heureusement, nous pouvons compter sur l'expertise marocaine installée à l'étranger. Dans ce sillage, et dans le cadre du CNRS, nous préparons un programme pour faire venir ces experts, pendant 6 mois, afin qu'ils injectent leur savoir-faire.
F. N. H. : Vous avez parlé du partenariat public-public, mais qu'en est- il du partenariat public-privé que vous comptez introduire dans la réforme pédagogique ? Que peut-il apporter à l'enseignement supérieur marocain?
L. D. : De par le monde et dans les pays démocratiques, le capital privé doit assumer, aussi, une part de responsabilité au niveau de la formation et de la recherche. Au Maroc, le privé fait de la formation, mais ne fait pas de la recherche à cause des problèmes de financement. Maintenant, nous avons autorisé l'installation de 4 universités privées alors que nous ne devions pas le faire pour la simple raison que l'université doit faire de la recherche. Mais nous comptons les accompagner par des subventions de l'Etat et des Fondations pour qu'elles développent la recherche et deviennent des universités à part entière.
F. N. H. : Nous sommes à la veille d'un remaniement ministériel et l'hypothèse de la désignation d'un nouveau ministre de l'Enseignement supérieur n'est pas exclue. Ne croyez-vous pas que cela pourrait entraver la mise en place de la réforme ?
L. D. : Personnellement, je ne suis pas venu avec une politique et je ne pense pas qu'un nouveau ministre vienne avec une nouvelle réforme. La question n'est pas de changer une expérience par une autre mais de continuer la construction.
A mon avis, le pays est engagé dans un processus de transformation qui est long. D'autre part, il faut une mise à niveau de nos textes pour qu'ils soient plus proches de la législation européenne, notre principal partenaire.
F. N. H. : Pour conclure, pouvez-vous nous résumer l'état actuel de l'enseignement supérieur au Maroc ?
L. D. : Nous avons un très long chemin à parcourir en termes d'infrastructures, de postes budgétaires, d'accélération des réformes. Si nous voulons nous inscrire dans la mondialisation, il faut absolument accélérer le rythme des réformes et que chaque Marocain intègre dans son esprit la logique de la transformation continue.


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