Maroc-Australie : un processus d'exploration de niches économiques enclenché ?    Elections du 8 septembre : Des parlementaires européens saluent les efforts du Maroc en matière de démocratie    Le Parlement Marocain à la tête de la Commission permanente de la paix et de la sécurité internationale de l'UIP    Ryad Mezzour: « Tous les ingrédients sont réunis pour la réussite du modèle congolais »    L'INDE, première étape du road show international "Morocco Now"    Crédit du Maroc: Forte hausse des bénéfices de la banque à fin septembre 2021    Contrôle de vie des bénéficiaires de pension : La CNSS dématérialise les procédures    Fermeture des frontières Maroc-France : Air France prête à renforcer son programme de vol    Doucement mais sûrement, le marché de l'immobilier au Maroc se redresse    Le renseignement, entre efficacité et légitimité : le Maroc, l'un des rares pays qui satisfait à cette union    Le Forum économique de Davos annule une réunion après des menaces de complotistes    Sénégal: Macky Sall veut restaurer le poste de Premier ministre, supprimé en 2019    Maroc-Israël : Les enjeux et non-dits d'un accord historique    Fermeture des comptes bancaires des mosquées : Le CFCM sort de son silence et dénonce l'arbitraire    CAF : La Supercoupe poussée jusqu'à février 2022    Mondial- Barrages africains : Tirage des matches le 26 janvier au Cameroun    Interception de 230 migrants d'Afrique subsaharienne à Laâyoune et Tarfaya    CAN 2021: la CAF met fin aux rumeurs d'une éventuelle délocalisation du tournoi    Le calendrier 2022 de la Diamond League dévoilé :Rabat accueille la 4ème étape    Interdiction d'accès au Maroc à tout passager en provenance de l'Afrique du Sud    Compteur coronavirus : 154 nouveaux cas et 3 décès en 24H    OFI : « La violence faite aux femmes salit l'image du pays »    Covid-19 : Le nouveau variant, baptisé Omicron, classé préoccupant par l'OMS    Covid-19 : Interdiction d'accès au territoire marocain à tout passager en provenance de l'Afrique du Sud (officiel)    La DGAPR n'intervient pas dans les concours de recrutement externes (Mise au point)    FIFM: qui sont les lauréats de la 4ème édition des Ateliers de l'Atlas?    Rabat: Remise de prix aux gagnants du concours «Je dessine mon Patrimoine»    "Khartoum Offside": Au Soudan, le football féminin, plus qu'une passion, un combat pour les droits    Israël vend au Maroc le système de missile multi-missions Barak 8    Covid-19 : Le Maroc en tête des pays africains ayant acquis plus 400 millions de doses de vaccin    Tunisie : près de 500 migrants secourus au large par la Marine    L'UE prévoit l'instauration d'un salaire minimum ''équitable''    Maroc/Inde : Appel au renforcement de la coopération en termes d'investissements bilatéraux    Prix Goncourt : une magnifique consécration à la littérature africaine    Le PSG battu mais qualifié, City, Real et Inter en 8es, Benzema buteur    BAD : 120 millions d'euros pour soutenir les entrepreneurs, les TPME et stimuler la relance    Covid-19 : Que sait-on sur le nouveau variant détecté en Afrique du Sud ?    Naufrage de migrants : Les Britanniques écartés de la réunion du 28 novembre    Rejet de 25 candidatures, dont celle de Saïf Al Islam Kadhafi    Protection sociale: le Conseil du gouvernement adopte un décret d'application relatif aux médecins    Le Maroc favori face au Danemark à Marrakech    «Fragments de vie» de Abdelatif Habib en vernissage à Rabat    Le processus de la création et le pouvoir des mots    «Juifs d'Orient, une histoire plurimillénaire»    L'Education requiert des réformes profondes et urgentes (M. Baitas)    Benny Gantz prie pour SM le Roi à la Synagogue « Talmud Torah » à Rabat    Mondial 2022 au Qatar : Les conditions désastreuses des travailleurs migrants    «Comme avant...» : Une exposition de Rero pour rouvrir l'espace d'art Montresso    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Oued Bouskoura: le danger qui menace Casablanca
Publié dans Finances news le 14 - 01 - 2021

Casablanca est construite en grande partie sur le lit de l'oued Bouskoura, qui a été obstrué dans les années 80. Cette situation augmente le potentiel de crues majeures et d'inondations pouvant noyer la ville. Celle-ci vit à la merci d'un fleuve qui peut la submerger n'importe quand et des aléas climatiques de plus en plus fréquents.
La ville de Casablanca n'existe que depuis plus d'un siècle. La zone intramuros n'excède pas les 130 ans. Durant cette jeune existence, elle a connu des inondations majeures, toutes causées par les crues de l'oued Bouskoura qui se jette dans l'océan atlantique. En 1906, 1910, 1912, 1915, 1929…alors que la ville était encore un petit conglomérat pas loin de l'actuel port et de la zone de Sidi Belyout, la montée des eaux a noyé tous les quartiers de l'époque : l'ancienne médina et ses remparts, le boulevard du 4ème zouave, l'actuel boulevard Hassan 1er, Sidi Belyout, jusqu'au port. Ceci pour ne parler que des débuts urbanistiques de la ville, qui connaîtra d'autres inondations majeures jusqu'à celles qui l'ont paralysée entre le 6 et le 11 janvier 2021.
Celles-ci ont rappelé la catastrophe et les dégâts des inondations de 2010, qui ont porté le coup de grâce à une ville qui s'est développée sur le lit d'un fleuve impétueux. Ce dernier risque de la noyer à n'importe quel moment si les pluies deviennent intenses avec les changements climatiques qui frappent le Royaume. D'ailleurs, à cause des bouleversements du climat, les risques que représente l'oued Bouskoura pour la ville de Casablanca sont très inquiétants voire effrayants pour tous les chercheurs qui n'arrêtent pas de tirer la sonnette d'alarme depuis plusieurs décennies.
Etant construite sur le lit de cet oued avec des pointes de crues qui ont connu une augmentation durant la dernière décennie, la ville peut un jour se réveiller sous les eaux comme cela fut le cas le 30 novembre 2010, quand des inondations ont occasionné des dégâts considérables dans le grand Casablanca. Plusieurs projets urbanistiques, plusieurs chantiers d'infrastructures ont été fatals au cours du fleuve et, par là même, ont accru les dangers qui guettent toute la mégapole de Casablanca. On s'en souvient, dans les années 70 et 80, nous avons assisté à la construction de la route d'El Jadida, qui a servi de prolongement au périphérique, qui joue son rôle d'autoroute urbaine. Ce projet, certes important pour la fluidité de la circulation, a perturbé de manière irréversible le lit du fleuve Bouskoura dont le lit a été définitivement obstrué.
Si l'on fait l'inventaire de toutes les zones construites aujourd'hui sur le lit du fleuve, on se rend compte qu'il y a de quoi avoir froid dans le dos. L'ancien aéroport d'Anfa, le Parc d'exposition de l'Office des changes, l'Ecole Hassania des travaux publics, les facultés et les sièges de sociétés aux alentours, le siège de l'OCP, qui malgré le fait qu'il ne soit pas directement sur le lit n'est pas épargné, non plus, puisque en 2010, il n'a pas échappé aux crues qui ont frappé toute la ville du Nord au Sud,et de l'Est à l'Ouest. Il faut aussi ajouter à la liste des zones à hauts risques toutes les zones résidentielles comme le lotissement Allaymoun, le nouveau pôle urbain de Casablanca qui abrite des centaines de milliers d'habitants et son prolongement vers la zone côtière de Sidi Abderrahmane au port. Sans oublier le quartier Riviera, Cité plateau, le quartier Palmiers et toute la zone de Ben Jdia.
Pour de nombreux urbanistes et ingénieurs, ce qui devait être fait en amont pour éviter toute catastrophe, n'a pas été fait. Et les mesures nécessaires n'ont pas été prises pour résoudre un véritable casse-tête qui peut déboucher sur un drame humain de grande envergure. Pour les spécialistes, les choses sont claires : «on s'est juste contenté d'aménager des petites voies à proximité des routes et autoroutes qui s'avéreraient incapables de contenir les eaux en cas de fortes précipitations».
Dans cette lancée d'ajourner le pire qui peut s'abattre sur la ville et toute sa région, les responsables ont même abandonné les projets de réalisation de parcs au profit de l'urbanisation galopante. On peut citer à titre d'exemple très parlant, la zone verte de protection de l'oued Bouskoura contenue dans le premier schéma directeur d'aménagement urbain (SDAU) de la ville en 1984. Ce projet prévoyait deux lacs de retenue qui n'ont jamais vu le jour. Toutes ces mesures primordiales ont fait les frais de la course à l'urbanisation coûte que coûte. Les dégâts sont aujourd'hui là pour attester d'une gestion pour le moins en contradiction avec les données géologiques d'une cité dont le destin est intimement lié à celui d'un fleuve souterrain qui n'en fait qu'à sa tête et dont le danger est une bombe à retardement qui menace grandement la capitale économique du pays.

Le super collector ouest
Le projet du super collector ouest a été réalisé dans le but de protéger la ville de Casablanca. Il s'agit d'un ouvrage souterrain permettant la canalisation des eaux de crue de l'oued Bouskoura et leur rejet direct vers la mer. Le projet comporte deux tronçons distincts :
• A l'amont de la route d'El Jadida, un tronçon en canal à ciel ouvert d'un linéaire total d'environ 3 km, à pentes et sections variables pour s'adapter au mieux à la morphologie du lit naturel de l'oued;
• À partir de la route d'El Jadida et jusqu'à son débouché en mer, une galerie en tunnel souterrain et en tranchée remblayée de 6.9 km environ et de 5.5 m de diamètre avec un débit 140 m3/s.
Le budget consacré à ce projet est de 855 millions de dirhams TTC, qui a été assuré par les contributions financières des pouvoirs publics. Il a été mis à la disposition de la société Casablanca Aménagement S.A, maître d'ouvrage délégué au projet. Ainsi, la solution qui a été retenue pour sauver la ville, est celle qui prévoit le prolongement du cours d'eau en un tunnel d'une capacité de 100 m3/s, qui correspond à une crue de période de retour de 100 ans.
Le profil en long du tunnel se maintient à une profondeur qui varie entre 6 et 40 ml sur les 5 premiers kilomètres. Au-delà, et du côté mer de la route d'Azemmour, la couverture diminue. A ce niveau-là, l'ouvrage passe en galerie réalisée en tranchée remblayée sous la voie de la route de Sidi Abderrahmane. A l'approche du rivage, le gabarit limité par la côte de sortie d'une part, et la ligne rouge des voies de circulation d'autre part, conduit à passer en dalot quadruple après une section de transition assurant une bonne répartition du débit entre les 4 pertuis du dalot. La section en tunnel se distingue des autres ouvrages hydrauliques de ce projet par sa particularité de conception, de dimension et de mode de réalisation qui constitue une première expérience du pays dans la réalisation de ce type d'ouvrage d'infrastructure en milieu urbain.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.