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Tourisme : La Vision 2020 a besoin d'une «correction»
Publié dans Finances news le 04 - 07 - 2016

Lahcen Haddad a tenté de maintenir le cap face à une conjoncture internationale des plus incertaines et des plus défavorables aux pays musulmans associés aux actes de terrorisme.
L'optimisme du ministre cède la place à des réalisations loin des objectifs arrêtés dans le cadre de la Vision 2020. Pour le Conseil de développement et de solidarité, une refonte du dispositif de gouvernance du secteur s'impose.
Le bilan à mi-parcours de la Vision 2020 du secteur touristique vient d'être dressé par Lahcen Haddad, ministre de tutelle. Et c'est sans surprise qu'on constate les effets néga­tifs de la conjoncture interna­tionale sur les réalisations du secteur, deuxième contributeur au PIB national, à hauteur de 6,7% en 2014, selon le HCP. Cette contribution a évolué de 9,6% entre 2012 et 2015 pour s'établir à 5,5 milliards de DH.
Mais les résultats sont large­ment au-dessous des objec­tifs fixés lors de la mise en place de la Vision 2020. Pour preuve et non des moindres, si la stratégie à horizon 2020 prévoit de doubler le nombre de touristes, soit en principe passer de 10 à 20 millions de visiteurs, l'année 2015 a enregistré 10,17 millions de visiteurs au Royaume. Soit, le pays a peiné en cinq ans, de 2010 (9,3 millions de visiteurs) à 2015, à augmenter les tou­ristes d'un pauvre petit million !
Même son de cloche du côté du Conseil du développement et de la solidarité (CDS) dont le président n'est autre que Mohamed Benamour, auteur du livre «La Voie royale» qui pose les jalons du modèle de développement touristique marocain et qui est un pro­fessionnel ayant oeuvré pour la mise en place de la Vision 2010.
Le CDS apporte sa propre ana­lyse des réalisations du secteur comparativement aux objectifs fixés dans le cadre de la Vision 2020. Il en ressort que si les objectifs quantitatifs fixés par la Vision 2010 ont été quasi­ment atteints, la croissance du secteur marque depuis un ralentissement et les objectifs de la vision 2020 semblent difficiles à atteindre. Rappelons d'ailleurs les objectifs ambi­tieux de la Vision 2020 qui table sur le doublement de la taille du secteur et la capa­cité d'hébergement, avec la création de 200.000 nouveaux lits. Cette nouvelle capacité d'accueil devrait permettre de doubler les arrivées de tou­ristes (originaires d'Europe et des pays émergents). 470.000 nouveaux emplois directs devraient être créés sur l'en­semble du territoire national (1 million d'ici 2020). Les recettes touristiques devraient atteindre 140 milliards de dirhams en 2020 (soit un montant cumulé de 1.000 milliards de DH). La Vision 2020 prévoit également de démocratiser le tourisme dans le pays et de tripler les voyages effectués par les rési­dents.
Or, selon les chiffres présen­tés par Lahcen Haddad, on constate bien un écart entre réalisations et objectifs à atteindre, qu'il est difficile de pouvoir rattraper au bout de quatre années seulement, et dans les mêmes conditions conjoncturelles surtout. Et qui a fortiori ne semble pas entamer le moral du ministre, confiant quant à l'aboutissement de la Vision 2020.
En termes de réalisations en 2015, l'on peut citer environ 10 milliards de DH d'investis­sements réalisés et plus de 120 milliards de DH engagés.
L'indicateur des arrivées aux postes frontières a enregis­tré une croissance moyenne annuelle de 3% durant la période 2012-2015, grâce notamment à la politique de diversification des marchés. Ce qui a permis la réalisation de performances positives notam­ment au niveau des marchés d'Allemagne et du Royaume-Uni, avec respectivement un taux de croissance annuelle moyenne de 13% et 12%.
De plus, les efforts de pro­motion visant la conquête de nouveaux marchés ont été concluants par une croissance annuelle moyenne positive pour le Brésil ( 19%), l'Inde ( 8%), la Chine ( 15%), le Moyen-Orient ( 9%) et l'Amé­rique du Nord ( 8%).
La gouvernance du secteur à revoir
Ce bilan fait, il n'en demeure pas moins vrai qu'on ne va pas rester les bras croisés mais plutôt oeuvrer à dynamiser un secteur-phare de l'économie nationale. Pour le CDS, la mise en oeuvre des plans straté­giques du tourisme fait appa­raître plusieurs axes d'amélio­ration et dessine des pistes de réflexion.
«Le développement de l'offre d'accueil n'a en revanche pas atteint les objectifs fixés. En particulier, seul un nombre limité de «stations» a été développé. Le Maroc a qua­siment doublé sa capacité d'hébergement entre 2000 et 2010, en passant de 95.200 lits en 2000 à 174.000 en 2010 (source : ministère du Tourisme). 3 stations Azur sur 8 ont été inaugurées, avec une capacité litière de près de 10% de l'ambition initiale !», note l'analyse du CDS.
Le Conseil présidé par Benamour note également que l'objectif de rééquili­brage des territoires n'est pas encore atteint, le tourisme du Royaume étant resté concentré autour des pays émetteurs tra­ditionnels : 55% de la France et l'Espagne en 2014, contre 58% en 2010.
«Le nombre d'arrivées par territoire est concentré autour de Marrakech et Centre Atlantique, avec peu de mou­vements de rééquilibrage entre les territoires. (Source : minis­tère du Tourisme)», souligne le CDS.
Pour développer les indicateurs du secteur, qui est l'un des premiers à avoir jouit d'une stratégie sectorielle, le Conseil du développement et de la soli­darité estime que cela passe par la refonte du dispositif de gouvernance du secteur. Le CDS déplore d'ailleurs que les instances de suivi et de contrôle continus des projets n'ont pas encore été créées; «les Assises du tourisme n'étant qu'un rendez-vous d'avancement ponctuel (11 éditions depuis janvier 2001), l'Observatoire du tourisme ne jouant qu'un rôle statistique».
En effet, le dispositif de pilo­tage prévu par la Vision 2020 repose sur un nouveau schéma institutionnel pour une régula­tion dynamique et proactive du secteur, à travers la création de structures de gouvernance efficaces aux niveaux national et territorial.
Notamment, le Conseil national du tourisme, dont le décret de création a été adopté par le Conseil de gouvernement le 24 mars dernier, et 8 Agences de développement touristiques avec pour responsabilité le pilotage de la stratégie régio­nale de développement touris­tique. A ce sujet, le ministre a été clair : le ministère a mené durant 3 ans les concertations avec les représentants du sec­teur privé et les administrations concernées par la mise en oeuvre des agences de déve­loppement territoriales.
Il en résulte que les opéra­teurs privés ont marqué leurs réserves quant à l'efficience de ce dispositif. De même, le ministère de l'Economie et des Finances a émis des réserves quant à l'opportunité de créer ces agences, dont le statut devra être celui des établisse­ments publics, et ce en raison de l'incidence budgétaire de ce dispositif d'une part, et des éventuelles interférences avec les futures agences d'exécu­tion, prévues dans le cadre de la nouvelle loi sur la régionali­sation avancée.
La solution étant d'ériger les actuelles délégations régio­nales du tourisme en directions territoriales du tourisme.
Le CDS préconise, pour sa part, que les rôles de régu­lation et de développement soient distincts et confiés res­pectivement au public et à la sphère privée afin de permettre une promotion et un dévelop­pement plus agiles.
Ainsi, une Haute autorité du tourisme, issue des acteurs privés du secteur, devrait être en charge de la mise en oeuvre de la vision stratégique, de l'identification des freins et de l'élaboration des modalités de mise en oeuvre opérationnelle.
«La mise en oeuvre opération­nelle de la Vision 2010 / 2020 du tourisme doit être confiée à une instance indépendante de professionnels, hors des calen­driers des jeux politiques», conclut le CDS.


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