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Forum maroco-allemand
Publié dans Finances news le 09 - 10 - 2003

« Une religion hautement politisée n’est pas fatalement une religion violente ou conquérante, mais elle peut simplement être considérée comme porteuse d’une dynamique et d’une prise de conscience individuelle et collective à l’égard de la communauté » : telles ont été les lignes directrices du discours de Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, lors d’un forum maroco-allemand sur « Les origines et la prévention du terrorisme ».
L’appel qu’il a lancé pour l’intégration de la sensibilité islamo-politique dans le processus devant mener à la démocratie s’inscrit dans une logique de récupération des tendances islamistes modérées vers le champ politique, après que les différents partis politiques et la majeure partie de la « société civile » au Maroc aient affiché un opportunisme très mal placé dans le temps après la terreur provoquée par le 16 Mai.
Le point de vue de Ahmed Toufiq est une réplique aux différentes voies et tentatives qui ont prêché l’exclusion de toute tendance politique qui se réclame de l’Islam politique au lendemain des attentats terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca.
La confusion volontaire entre partis politiques organisés ayant accepté les règles de la gouvernance démocratique et les tendances sectaires n’est plus acceptée actuellement, surtout après la fin connue des élections communales. D’après le ministre des Habous et des Affaires islamiques, « le terrorisme est plutôt un phénomène politique que social et plus social encore que religieux ». Après le temps du laxisme des pouvoirs publics contre ceux qui véhiculent le discours extrémiste, il va falloir que le discours étatique se montre aussi intransigeant envers les voies qui dénigrent le fond arabo-musulman de l’Etat marocain. Ahmed Toufiq a donc exhorté les intellectuels, marocains entre autres, à « intensifier leurs efforts en vue de rejoindre les autres porte-parole de cette sensibilité pour ne pas créer des schizophrénies condamnées d’avance par l’histoire ». C’est justement une schizophrénie « en état avancé » que nous ont proposée tous les représentants du courant « éradicateur » de la tendance islamiste du champ politique marocain. Le ministre a fait remarquer à ce sujet que « dès sa période formative, l’Islam était reconnu par ses adeptes comme un système complet au sein duquel doivent être réglées et régulées toutes les questions de la vie et de la mort ». C’est un signe qui ne trompe pas quant à la nécessité pour les deux camps d’instaurer un dialogue franc et ouvert sur les vrais enjeux de la crise, qu’ils prétendent tous les deux pouvoir résoudre en insistant sur leurs références culturelles. Le terrorisme, ce concept qui est toujours prisonnier des vues et des intérêts des Etats-Unis d’Amérique, doit d’abord être clairement défini. Ahmed Toufiq a pu relever que « la lutte contre le terrorisme doit s’inscrire dans le cadre d’une coopération internationale et traduire la bonne volonté des uns et des autres afin de reconnaître la responsabilité de chacun dans les causes profondes des problèmes dans lesquels s’insère ce phénomène complexe qui ne date pas d’aujourd’hui ». Cette responsabilité commune est loin d’être une chose évidente à l’heure actuelle puisque des variables comme la mondialisation démesurée, l’occupation «éternelle» de la Palestine, ou encore l’occupation injustifiée de l’Irak sont autant d’éléments qui doivent faire surface dans le discours des détracteurs de l’Islam politique.
Au lieu de cela, nous assistons à une attaque systématique de tout l’environnement eschatologique de l’Islam. Les nombreuses « études » et opinions exprimées pour décortiquer les dérives et les actions subversives issues de milieux marginalisés jusqu’alors se sont penchées sur la revivification des anciennes thèses orientalistes et culturalistes de l’âge de la pré-colonisation. En cette période où le néo-colonialisme américain fait renaître ce qu’il considère comme un « conflit de civilisation », ce serait une entreprise désastreuse que d’adopter une telle optique d’analyse. « Il y a une obligation en Islam qui n’a pas d’autres équivalents, a précisé Ahmed Toufiq, c’est une dynamique politique élaborée par l’Islam qui consiste à prêcher le bien et à condamner le mal ». Même s’il est difficile de faire la part des éléments internationaux et ceux nationaux dans l’apparition des groupuscules extrémistes au Maroc, on peut affirmer à ce sujet que la réponse à moyen et long terme qui doit être apportée pour faire face à la terreur est d’ordre exclusivement économique. Inutile de remettre l’accent sur le fait que ce sont les jeunes catégories d’âges qui tombent souvent sous le joug de l’endoctrinement. Ces mêmes jeunes, visés dans l’allocution importante du ministre des Habous et des affaires islamiques, doivent donc être repêchés pour assurer leur parfaite intégration sociale. La couverture religieuse d’un malaise social est souvent très difficile à déceler. C’est pourquoi l’Etat marocain semble prendre l’initiative pour régler ce problème, ou du moins lui ôter son idéologie religieuse. Le même message semble être adressé à tous ceux qui expriment avec une vanité manifeste leurs références « modernistes ». Cette intégration « saine et ingénieuse de la sensibilité islamique dans les temps modernes, a souligné A. Toufiq, doit tenir compte de cette dynamique politique de la religion. Cette noble mission revient à des pouvoirs législatifs et exécutifs issus de la volonté du peuple ». Seule en effet une démocratie effective, égalitaire et économique peut éloigner le spectre de la terreur. La lucidité intellectuelle affichée par le ministre des Habous et des affaires islamiques sera-t-elle suivie d’actes concrets traduisant cette volonté clairement exprimée ?


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