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Journal Hebdomadaire : La fermeture ne signifie pas la fin
Publié dans Finances news le 11 - 02 - 2010

* Les salariés du Journal témoignent de leur soutien à Boubker Jamaï, à la ligne éditoriale du Journal Hebdomadaire et se refusent à se faire passer pour des victimes.
* Même si le Journal est liquidé, Boubker Jamaï, qui quitte le journalisme, ira jusqu’au bout pour défendre ses idées.
On est le 3 février au siège du PSU à Casablanca. Il est 19 h passées et le siège est pris d’assaut par des journalistes et militants associatifs venus de tout bord assister à la conférence de l’équipe du Journal Hebdomadaire. La publication vient d’être fermée par des huissiers et le Journal du samedi 30 janvier n’est pas paru. L’heure est grave. Les journalistes y vont chacun de son commentaire sur ce qui s’est passé. Boubker Jamaï est le premier à entrer dans la salle de conférence vide, les journalistes étant encore à l’extérieur. Il s’assoira devant le micro en haut d’une tribune qui ressemble étrangement à celle d’un tribunal. Boubker, les traits tirés, les yeux cernés, se lève cédant la place à toute l’équipe de la rédaction qui se tient devant le micro. Les journalistes couvrant cette conférence s’empressent de prendre place. Les flashs crépitent, un brouhaha s’élève quand une voix féminine résonne dans le micro. C’est une femme membre de la rédaction qui prend la parole une fois le silence rétabli dans la salle. Elle lira un communiqué au nom de tous les salariés concernant la décision de justice de la mise en liquidation de Trimédia, la société éditrice du Journal Hebdomadaire pour non paiement des cotisations dues à la CNSS et au Fisc. Elle dira entre autres que les salariés ne sont pas dupes de cette condamnation qui, sous couvert de défendre les intérêts des salariés et d’assurer leur protection sociale en faisant appliquer la loi, les jette dans la précarité.
« Curieuse façon en effet de défendre les droits des salariés que de les priver du jour au lendemain de leur outil de travail et donc de leurs emplois… Nous n’entendons pas être présentés comme des victimes que cette décision de Justice viendrait délivrer… Car nous sommes convaincus que cette condamnation est la conséquence directe d’une ligne éditoriale, que nous soutenons unanimement», poursuit-elle. Avant de conclure : «La liquidation du Journal Hebdomadaire ne signifie pas la fin de cette ligne, que nous nous efforcerons de faire renaître». Elle sera longuement et fougueusement applaudie par l’assistance.
Même son de cloche du côté de Boubker Jamaï : le combat n’est pas pour autant fini. Ce dernier prend place devant l’assistance, entouré par toute l’équipe et par son père, l’éditorialiste Khalid Jamaï. «J’ai décidé de suspendre le journalisme mais je n’abandonne pas. Je trouverai d’autres moyens pour exprimer ce que je pense. Le journalisme n’est plus comme je l’avais imaginé quand nous avons lancé le Journal en 1997 », affirme Jamaï.
Pour lui, c’est l’heure d’engager un vrai débat sur cette «période dangereuse que traverse le Maroc et où l’Etat est devenu otage d’une élite», poursuit-il.
Boubker Jamaï racontera dans les détails les différentes étapes qu’a connues le Journal depuis sa création en 1997, jusqu’à sa fermeture 12 ans plus tard. S’abreuvant de temps à autre, le journaliste parlait comme à son habitude, d’une voix résignée mais ferme.
Si, depuis sa création, l’hebdomadaire a dû faire face à plusieurs péripéties, les évènements se sont précipités depuis que Boubker Jamaï a décidé de revenir au Journal après un long exil aux USA. Une fois sa décision connue du grand public, «Mounir Majidi, le secrétaire du Roi, tient une réunion le 22 avril avec des groupes immobiliers pour les sommer d’arrêter de fournir de la pub au Journal. La semaine suivante, toutes les pubs étaient annulées. Je ne leur en veux pas ! », poursuit Jamaï.
«On comprend que c’est fini. Fadel Iraki décide alors de porter plainte contre Mounir Majidi pour utilisation des biens de l’Etat et dénoncer ce complot, mais quelques jours après, un haut commis de l’Etat le contacte pour l’en dissuader en lui expliquant que si cela se produisait, c’était la guerre déclarée et que le résultat pouvait être très méchant. Ce haut responsable de l’Etat lui a proposé de trouver une solution», ajoute Jamaï.
Peu après, le Journal reçoit une offre d’achat. Comme l’hebdomadaire se trouvait dans une situation financièrement intenable, Boubker a demandé à Fadel de le vendre parce qu’il n’y avait aucune autre solution possible. A condition de préserver les emplois et de payer les dettes de la société. Et aussi vite qu’il est apparu, l’acheteur potentiel a disparu, convaincu que l’argent qu’il allait débourser à Fadel et à Boubker allait leur permettre de reprendre de plus belle.
De fil en aiguille, les évènements se précipitent jusqu’à ce que le jugement de liquidation soit prononcé le 25 et notifié le 27 janvier. «La justice a été extrêmement rapide dans la notification du jugement», souligne Boubker qui voit son journal fermé avant même qu’il ait pu interjeter appel.
« Je suis prêt à aller jusqu’au bout pour dénoncer cette forme de prédation qui insulte mon pays ! », conclut Boubker. La salle l’applaudira pendant plusieurs minutes. Journalistes, militants associatifs, lecteurs … vont le saluer. La tension est à son paroxisme. L’atmosphère est attristante. Dehors, il pleut. La foule de journalistes se disperse dans la rue. Fin d’un chapitre de la vie de la presse nationale, qui vit les jours les plus durs de ces dix dernières années.


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