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Centrale Thermique Cap Ghir suite
Publié dans GoAgadir le 01 - 02 - 2007

Centrale Thermique Cap Ghir : Les élus demandent d'abord une étude d'impact sur l'ENVIRONNEMENT
En annonçant la construction d'une centrale thermique au Cap Ghir, l'ONE a vraiment jeté un pavé dans la marre et a placé la charrue devant les bœufs. Toute entreprise étatique qui veut se lancer dans un projet similaire doit d'abord par faire une bonne étude de faisabilité liée directement, dans ce cas bien particulier, d'une étude d'impact sur l'environnement. Rien ne cela n'a été fait. La preuve, on l'a eu lors de la session du Conseil Préfectoral d'Agadir où les responsables de l'ONE ont annoncé que leur organisme va lancer une étude d'impact sur l'environnement.
On croit vraiment vivre un cauchemar. L'ONE projette de construire une centrale thermique à base de charbon, avec deux unités d'une puissance de 600 MW (soit quatre fois la plus grande unité actuelle qui est de 300 MW, celle du Jorf El Asfar, précisément). L'ONE annonce également qu'il projette construire un quai charbonnier pour réceptionner des bateaux de 100 000 tonnes et des sites de stockage pour les cendres. Le tout sans avoir pris la peine de commanditer une étude d'impact sur l'environnement. Cela frise le non-sens.
On apprend de la bouche des responsables de l'ONE lors de la session du Conseil Préfectoral que l'ONE a pris, tout de même la peine de choisir entre deux sites : celui d'Imessouane et celui du Cap Ghir. Or toute la zone Nord d'Agadir est considérée officiellement zone de développement touristique selon le Schéma Directeur du Littoral. Qui dit centrale thermique à base de charbon dit incontestablement incompatibilité avec le développement touristique. Pas besoin de donner les détails sur les effets nocifs et polluants, mondialement reconnus, du charbon. C'est tout sauf une énergie propre.
L'ONE cherche à être rassurant en invoquant une combustion de dernière génération. Oui, mais qu'en est-il du transport ? Il ne va pas se faire par télépathie mais par bateau. Or le transport par bateau pose lui-lui deux grands dangers de pollution d'abord par le pétrole et puis par le charbon lui-même transporté. A joutez à cela que la zone maritime du Cap Ghir est la zone la plus dangereuse avec une moyenne de vent de 11 m/seconde, toute l'année, une foret houle, de fortes rafales de vents et un éventuel accostage de bateaux vraiment difficile et trop risqué.
Suivons le raisonnement actuel de l'ONE et acceptons ses à priori. L'ONE peut garantir l'acheminement par bateau du charbon sans risque d'échouage , dans les conditions climatiques et maritimes du Cap Ghir. Bien sûr que non ; car il suffit qu'un seul bateau échoue un jour pour polluer définitivement toute la zone affectant les eaux, les poissons, les plages, l'atmosphère. Cela toute abstraction faite des réels dangers de pollution de la centrale elle –même.
Quand bien même l'ONE utilise une combustion équipée par des filtres certifiés ISO 14002 (certification anti pollution), la pollution persiste avec le facteur aléas climatique-fumée, cendres, poussière. Les produits nocifs du charbon sont connus : acide sulfurique, azote nitrique, souffre, cendres folles, résidus combustibles etc… Tout cela dans une zone dédiée au développement touristique balnéaire. Mais l'ONE pour l'encouragement au développement touristique et économique du pays.
Comment justifier auprès de tous ces opérateurs touristiques internationaux qui sont impliqués dans l'investissement touristique actuel et à venir, à grande échelle, que le Maroc signataire de la Convention de Kyoto pour la réduction du CO2, est entrain de réaliser un projet qui va produire du C02 dans une zone de développement touristique en plus des atouts de la pêche, de la flore, de la forêt d'Arganier et de l'équilibre écologique ? Il faut que l'ONE soit vrai très fort pour convaincre le monde à accepter sa version centrale thermique à base de charbon.
Conscients des enjeux économiques ( tourisme, pêche, élevage, agriculture), écologiques et celles de l'environnement , le président et les membres du Conseil Préfectoral d'Agadir Ida Outanane ont demandé , en présence de Rachid Filali, Wali d'Agadir ( dont le souci pour le de développement touristique et économique est connu de tous) de définir avec l'ONE les termes de référence au sujet de l'étude d'impact, de les valider avant le lancement de cette étude afin d'y voir clair et à tout point de vue. Cette décision sage est à l'honneur des élus qui assument leur responsabilité entière dans la prise de décision sur la réalisation ou non de cette centrale thermique à base de charbon qui déjà a accueilli un mécontentement général et unanime auprès de tous ceux qui ont appris la mauvaise nouvelle.
Pour résumer, tout le monde est d'accord pour un tel projet de réalisation d'une centrale thermique qui permettra la production de l'électricité nécessaire au boom économique et social que va vivre Agadir et la région dans les prochaines années à venir. Oui, pour une centrale thermique. Mais NON dans sa version à base de charbon.
Que choisir alors ? Les solutions existent. Il suffit d'ouvrir les oeils sur ce qui se passe dans le monde, particulièrement en Europe pour s'en convaincre. En tout cas la société civile locale est entrain de s'organiser sérieusement pour dénoncer profondément cette version centrale thermique à charbon.
Vu l'intérêt de ce sujet, on y reviendra prochainement.


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