L'année 2019 touche à sa fin. Une année qui a connu beaucoup d'événements sociétaux qui ont marqué, bouleversé, et tenu l'opinion publique marocaine en haleine. Grèves, manifestations, boycott, scandales, drames, arrestations, visites de grandes personnalités, l'année 2019 a été une énorme succession de péripéties. Hespress Fr en rappelle quelques unes aux bons souvenirs de ses lecteurs. Education : les enseignants protestent pour leur droit à la promotion (3 janvier) Plusieurs fédérations de l'enseignement dont la CDT, l'UMT, la FDT, ainsi que l'UNTM se sont élevées et ont appelé à une grève nationale accompagnée d'une marche à la capitale. Ils réclamaient le droit des professionnels du secteur à la promotion. Les syndicats les plus représentatifs ont évoqué des cas d'enseignants qui ont un Master, mais qui n'ont pas vu leur statut réajusté ni amélioré. Grève des Pharmaciens (29 janvier) À cause de « l'anarchie » qui règne dans le secteur, la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM), a organisé une grève nationale, le 29 janvier, accompagnée d'un sit-in devant le secrétariat général du gouvernement (SGG) à Rabat. Les professionnels du secteur ont dénoncé « le non-respect des horaires d'ouverture et de fermeture, le non-respect de l'éthique, la déontologie et la législation régissant la profession » pointant du doigt la « complicité du SGG et des autorités locales par rapport à cette impunité et cette loi de la jungle ». Boxe : prison avec sursis pour Rabii (21 janvier) Le boxeur marocain Mohamed Rabii a été condamné à un mois de prison avec sursis par le Tribunal de première instance de Casablanca pour « débauche » suite à la plainte déposée par une femme de 36 ans qui aurait entretenu des relations intimes avec le pugiliste après son divorce. Une affaire qui remonte à septembre 2018. Santé : la panique de la grippe H1N1 (Janvier) La grippe H1N1 a créé une sacrée panique dans la société marocaine. Une fois annoncée par le ministère de la Santé, géré à l'époque par Anass Doukkali, les Marocains ne savaient plus quoi faire surtout que les rumeurs sous-entendaient que le vaccin n'était pas disponible. La grippe H1N1 a fait plus de 10 morts. Santé : grève et boycott des futurs médecins (12 février) Les futurs médecins ont appelé à une grève nationale le 12 février, à savoir le boycott des cours théoriques et pratiques (TP et TD) et les stages hospitaliers (CHU) à l'exception des gardes, afin de (re)faire entendre leurs doléances à leurs tutelles, notamment sur ce qu'ils surnomment le « point de non-retour » qui est leur refus « catégorique » que les étudiants des facultés privées passent le concours d'internat au sein des CHU publics du Royaume. Ils ont également boycotté les examens de fin d'année et les examens de rattrapage. Un boycott qui a duré plus de 7 mois ce qui a donné suite à une énorme crise qui a nécessité l'intervention du ministère de l'Intérieur et du chef du gouvernement. Santé : grève nationale des chirurgiens-dentistes (11 février) La Fédération nationale des syndicats des médecins dentistes du secteur libéral du Maroc (FNSMD) a tenu une grève accompagnée d'une marche nationale, à Rabat, le 11 février, surnommée « La marche de la colère ». Ils ont dénoncé l'exercice « illégal de la médecine dentaire par les charlatans et les prothésistes » qui ouvrent eux aussi des cabinets et exercent la profession de dentiste ce « qui met en danger la vie des citoyens et répandent des maladies mortelles ». Education : non au contrat avec les AREF (20 février) Le 20 février, une date qui nous renvoie vers le mouvement du 20 février, les enseignants du secteur public des quatre coins du Maroc ont envahi les rues de la capitale pour exprimer leur refus au système de « contrat » imposé par le département de Said Amzazi et réclamé leur intégration au statut de la fonction publique au sein du ministère de l'Education nationale. Ces manifestations ont été émaillées par des heurts entre enseignants et forces de l'ordre. Quatre journalistes et un conseiller parlementaire devant la justice (6 mars) Quatre journalistes d'Al Massae, Akhbar Al Yaoum, Le Site Info et Aljarida24, ont été poursuivis par le président de la 2e chambre Hakim Benchamass, pour « publication d'informations concernant une commission d'enquête » sur les retraites de la CMR tandis que le Pjdiste Abdelhak Hissane, conseiller de la 2è chambre, sont poursuivis pour « divulgation du secret professionnel et participation dans la publication d'information ayant trait à la commission d'enquête ». Les accusés ont finalement écopé d'un an de prison avec sursis et 10.000 dh d'amendes. Les infirmiers et techniciens de santé en colère (12 mars) Sans « Référentiel d'emploi et de compétences » (REC), ni Ordre, les infirmiers et techniciens de santé du Maroc se trouvent au fond du gouffre. Depuis le début de cette année, ils enchaînent les grèves et les manifestations, réclament que leur tutelle se penche sur leur dossier revendicatif et traite « le vide juridique » qui les « menace de prison« . Mais en vain ! Ils ont tenu une grève nationale de 48 h les 12 et 13 mars, une autre les 16 et 17 avril, en mai et en ce mois décembre sans pour autant que leur dossier soit résolu. Démission collective de plus de 1000 médecins (19 avril) Les médecins marocains du secteur public sont en colère et l'ont bien montré à travers les nombreuses manifestations et grèves qu'ils ont tenues. Face à un ministère de la Santé qui semble « désintéressé » de leur dossier revendicatif, les médecins du public ont eu recours aux démissions collectives déposées auprès de leur tutelle. Toujours rien puisque leurs démissions n'ont pas été acceptées en raison du manque de médecins dans le Royaume. Ces derniers dénoncent les conditions catastrophiques au sein des hôpitaux publics, le manque d'équipements et de médicaments ainsi que les rémunérations jugées « minables ». Les contractuels en grève depuis deux mois (24 avril) En avril, les enseignants recrutés par contrat auprès des Académies régionales (AREF) ont marqué leur deuxième mois de grève ce qui a pénalisé les étudiants qui se sont retrouvés à 60, voire plus en classe. Face à ce blocage, le ministère de l'Education nationale n'a pas lâché prise en donnant aux « contractuels » ce qu'ils réclament à savoir l'intégration dans le statut de la fonction publique, ce qui les a poussés à regagner les classes fin avril tout en promettant de maintenir leur mouvement de lutte pour faire valoir leurs droits. Le Pont à Haubans de Sidi Maârouf « enfin » mis en service (10 mai) Les Casablancais se sont réveillés dans la matinée du 10 mai sur l'ouverture du pont à haubans de Sidi Maârouf, dont les travaux avaient duré plus de deux ans paralysant ainsi la circulation au niveau de l'axe reliant l'aéroport Mohammed V à l'entrée sud de la métropole. Ce projet grandiose qui a pu soulager la circulation dans ledit axe a nécessité une enveloppe budgétaire de 588 millions de dirhams. ONSSA: destruction des champs de menthe ne respectant pas les normes sanitaires (Juin) L'Office National de Sécurité sanitaire des Produits alimentaires (ONSSA) a procédé dans la région de Souss Massa à la destruction des cultures de champs de menthe, ayant été traitée par des pesticides non autorisés pour cette culture, afin d'éviter sa commercialisation sur les marchés nationaux. Selon l'ONSSA, des PV d'infractions ont également été dressés à l'encontre des contrevenants et envoyés à la justice. Les futurs médecins boycottent les examens de S2 (10 Juin) Alors qu'ils ont boycotté les cours TP et TD, les stages hospitaliers pendant plus de 4 mois, les étudiants médecins ont également boycotté les examens de S2 dont le ministère de l'enseignement supérieur avait fixé la date de début au 10 juin. Hespress Fr s'était rendu devant la faculté de médecine générale de Rabat où uniquement les étudiants étrangers se rendaient pour passer leurs examens, puisqu'ils étaient menacés de voir leurs bourses s'envoler s'ils participent au boycott. Rappelons que le boycott avait réussi à 100% selon la coordination des étudiants. Boycott des examens de médecine : l'exécutif accuse Al Adl Wal Ihsane (13 juin) Alors que le mouvement de boycott des futurs médecins a été une réussite, le chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, qui a gardé le silence tout au long du mouvement, a accusé Al Adl Wal Ihsane de « récupérer ce mouvement et d'inciter les étudiants à l'escalade pour servir ses propres intérêts ». Une « aberration » selon la coordination des étudiants en médecine puisque ces derniers s'attendaient à ce que le chef du gouvernement trouve une issue à leur crise et non qu'il enfonce le clou.