Si le rapport préliminaire de la Minurso sur la situation concernant le Sahara occidental remis au Secrétaire général de l'ONU et publié en tant que document du Conseil de sécurité sous la référence S/2021/843 en date du 1er octobre 2021, est plutôt favorable au Maroc on regrettera cette connotation à vouloir ménager le chou et la chèvre au niveau des recommandations faites par le SG de l'Institution onusienne, Antonio Guterres, qui ne nous aura pas jeté des fleurs, loin de là. Soumis en application de la résolution 2548 ( 2020) du Conseil de sécurité, le rapport couvre les développements survenus entre le 1er septembre 2020 et le 31 août 2021 et décrit la situation sur le terrain depuis la publication du précédent rapport du 23 septembre 2020 (S/2020/938). En effet, il y est dit que la situation au Sahara s'est considérablement détériorée. La reprise des hostilités par la RASD envers le Maroc et la pandémie de Covid-19 ont considérablement modifié l'environnement opérationnel de la Minurso, limitant ainsi la capacité de la Mission. Guterres ménage le loup et la chèvre « Les textes, auront beau louer les infrastructures à venir au Sahara marocain comme le port de Dakhla, la campagne de vaccination, les élections ou l'ouverture des représentations diplomatiques de pays dans nos provinces du Sud, Guterres a tout simplement omis dans ses recommandations de responsabiliser le polisario. Ce sont les séparatistes qui ont ouvert les hostilités et ce sont eux qui ont rompu le cessez-le-feu » nous dira Mohamed Talib spécialiste des affaires sahariennes et internationales et membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS). « On a comme l'impression que l'ONU ne veut fâcher aucune des deux parties. L'Institution caresse dans le sens du poil d'un côté et ménage autant que possible de l'autre. Et d'étayer ses dires, « Antonio Guterres n'a fait que rappeler qu'à la mi-novembre 2020, le mouvement séparatiste avait annoncé, après Guergarate, qu'il ne se sentait plus engagé par le cessez-le-feu qui était en vigueur depuis 1991 sans le responsabiliser pour autant ». Et cependant, ajoutera Mohamed Talib, « il y a eu au moins 360 communiqués de « guerre » diffusés par le « polisario » depuis l'intervention des FAR pour débloquer l'axe routier de Guergarate, le 13 novembre 2020. Les droits de l'homme en question Par ailleurs, Guterres a insisté sur les droits de l'homme pour des faits remontant à très longtemps, qui pour nous autres font partie des épisodes clos. On pensait cela fini. Les reprendre maintenant, sachant les Démocrates au pouvoir aux USA sensibles, laisse perplexe et dévoile un jeu peu recommandable ». À ce chapitre la Minurso dans son rapport n'a rien omis et même indiqué de sa bonne foi observée, à nos dépens, en signalant 9 manifestations généralement pacifiques de groupes de civils sahraouis (80), dont des femmes et des enfants, près de la berme et sur les sites des équipes de la Minurso à Agwanit, Bir Lahlou, Meharez, Mijek et Tifariti. Pourtant dira notre interlocuteur, « Aujourd'hui les choses ont changé avec des ONG et autres représentations des droits de l'homme à Laâyoune comme la CNDH, malheureusement le SG de l'ONU, Antonio Guterres, en présentant ou formulant ses recommandations sur le Sahara aux 15 membres du Conseil de sécurité, n'a pas soulevé ce volet ». Pourtant, poursuit Mohamed Talib, « le CS avait loué les efforts du Maroc en ce sens, et avait mis fin à cette question car n'ayant plus lieu d'être au regard de la situation du terrain. Aussi, nul besoin de revenir au monitoring de la Minurso. C'est tout simplement une fausse note du SG de l'ONU ». Contrôle et observation de la Minurso perturbées Ce dernier, a insisté d'un autre côté sur la « libre circulation des convois terrestres de la Minurso, des moyens aériens à l'est du mur (NDLR Dispositif de défense marocain), et permettre une libre circulation du personnel onusien chargé de la logistique, de la maintenance et des prestations de service. Il est essentiel que le front polisario s'abstienne immédiatement de toute limitation » a encore dit Guterres, qui jettera, enfin on va dire, la pierre au mouvement séparatiste à la solde d'Alger. En effet, nous dit Talib « la Minurso craint désormais pour sa sécurité, car le polisario lui interdit des sites comme les camps de Tindouf et la zone tampon, ce qui l'empêche de mener bien sa mission de contrôle et d'observation, particulièrement dans les Sim-sites à Tindouf d'où ces recommandations du SG au CS ». Où et comment atterrit le rapport au CS ? La procédure veut, nous expliquera Talib, « que la Minurso établisse et fournisse un dossier au SG de l'ONU sur la situation au Sahara. Ce dernier après l'avoir nettoyé le présente en tant que première mouture aux amis du Sahara, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni pour un feed-back. Leur avis sera pris en considération pour le choix d'une décision à débattre en AG du CS et le passer au crible. À ce rapport sera ajouté celui du Chef de la Minurso et du Commandant militaire de la Minurso. Ce n'est qu'à la fin des débats que se prend une décision en fonction de tout cela. Entre-temps, il y aura eu, on s'en doute, un forcing entre les clans pro-polisario et pro-marocain. Cette année c'est le Kenya qui préside au Conseil de Sécurité et on connaît la position de ce pays envers nous. Ils sont trois ou quatre pays, parmi les membres du Conseil à être contre le Royaume ». Mais finalement cela ne sera que « du tout ça pour ça » puisque le fin mot ou « le dernier mot, reviendra aux Etats-Unis, car, c'est de la même manière dont, sont parvenus les recommandations que la décision souveraine se prendra. Généralement elle a lieu vers la fin du mois d'octobre à partir du 28 ». On verra bien !