DR ‹ › Le Front Polisario est en alerte face aux conséquences potentielles de l'alignement de ses soutiens sur les positions iraniennes dans le conflit armé qui l'oppose, depuis le 28 février, aux Etats-Unis et à Israël. Cette inquiétude est manifeste dans le message d'Oubi Bachir, conseiller de Brahim Ghali pour les ressources naturelles, adressé aux membres du Front. «Les blogueurs nationalistes sahraouis, en particulier ceux affiliés au Front Polisario, doivent faire preuve d'une extrême prudence concernant l'actualité au Moyen-Orient. Céder à l'émotion sur les réseaux sociaux pourrait s'avérer fatal pour la cause nationale», a-t-il averti sur X ce dimanche 22 mars. «Chaque publication, aussi anodine soit-elle, risque d'alimenter les tensions que l'occupation marocaine cherche à attiser pour ternir l'image du Front Polisario, porter de fausses accusations à son encontre et saper sa position, sa légitimité et sa capacité de négociation.» Insistant sur la sensibilité du contexte international, il précise que «la situation est délicate et critique. Notre combat est existentiel : une lutte pour la liberté et l'autodétermination de notre peuple, et rien d'autre. Tout ce qui pourrait nuire à ce combat, directement ou indirectement, doit être évité». Cette mise en garde intervient alors que plusieurs médias du Polisario ainsi que des internautes sahraouis affichent leur soutien au régime iranien, condamnant notamment «l'agression américano-israélienne contre l'Iran». Les préoccupations exprimées par le conseiller de Brahim Ghali s'inscrivent dans un contexte marqué par des initiatives aux Etats-Unis visant à classer le Polisario comme organisation terroriste. Après le projet de loi déposé par le sénateur Ted Cruz, Jason D. Greenblatt, ancien envoyé spécial de la Maison-Blanche pour le Moyen-Orient, a lui aussi plaidé en faveur de cette classification. Ces démarches mettent en avant les liens entre le Polisario et l'Iran, ainsi que ses relais dans la région, tels que le Hezbollah, pour étayer leur argumentaire. Le choix d'Oubi Bachir pour relayer cette mise en garde du Polisario n'est pas anodin : il est très populaire auprès des jeunes sahraouis.