Face au phénomène de décrochage scolaire au Maroc, une association a lancé un projet d'école de la 2ème chance qui a permis en deux ans à 8 jeunes de réintégrer les études en décrochant leur baccalauréat mais aussi de se former à un métier. L'école Yarmouk de la deuxième chance, à Nouaceur, a été inaugurée en octobre. Elle l'est l'une des nouvelles réussites de l'association Enfance Maghreb Avenir (EMA), qui s'occupe de réhabiliter les écoles publiques situées dans des zones éloignées pour permettre à un grand nombre d'enfants d'étudier dans des conditions décentes et de leur faire aimer l'école, malgré les difficultés de leur quotidien. « L'association s'occupe de la réhabilitation d'écoles en milieu péri-urbain. Elle reprend toute l'école, s'occupe de la reconstruire et elle en fait une vraie école avec des espaces verts, des bibliothèques et médiathèques », a indiqué Nadia Bencheikh, responsable de communication de l'EMA, dans une déclaration à Hespress Fr. La réhabilitation de écoles passe par la construction de salles de classe, la restauration et la rénovation des anciennes salles notamment en changeant le toit souvent en préfabriqué et non étanche, en changeant les sanitaires et en redonnant des couleurs plus joyeuses aux murs, ainsi qu'en créant des terrains de jeu pour les élèves. Entre 2019 et 2020, un total de 10 écoles ont été construites ou rénovées par l'association qui compte sur un réseau public-privé qui œuvre à mettre sur pied ces projets. Néanmoins, certains projets de réhabilitation ou de construction restent loin d'être achevés et l'association continue de chercher à lever des fonds pour les terminer. Pour le cas de l'école Yarmouk, EMA qui a une antenne en France et au Maroc, et travaille grâce à l'engagement des bénévoles des deux équipes, le ministère de l'Education nationale lui a confié cette école dont « elle assure la gestion » et est soutenue également par l'Initiative Nationale de développement humain (INDH qui a contribué à la construction du terrain de sport et assure le transport quotidien des jeunes. Transformée en centre d'apprentissage, l'école Yarmouk, permet aux jeunes élèves de se former aux métiers de la restauration, comme la cuisine et le service en salle, nous indique Nadia Bencheikh. Ces élèves sont souvent « issus de milieu défavorisés et ont quitté l'école pour diverses raisons. N'ayant pas réussi à poursuivre leur cursus scolaire, ces jeunes retrouvent l'espoir d'avoir un rôle important dans la société malgré leur difficulté et leur échec scolaire. Grâce à ce genre de centres qui dispensent une formation étalée sur deux ans, ils apprennent un métier mais renouent également avec les cours. « La formation leur permet de remettre le pied à l'étrier mais pas seulement, parce que certains ont même repris leurs études et ont passé leur bac en tant que candidat libre », ajoute la responsable de communication de l'association. Ainsi, l'année écoulée, sur 10 élèves, 8 ont réussi à avoir leur bac, et la majorité sont des filles, nous indique-t-on. Cette réussite au baccalauréat leur permet de réintégrer le circuit des études supérieures et décrocher un ticket d'entrée pour des écoles supérieures qui nécessitent le baccalauréat. Alors que l'école marocaine, en première ligne l'école publique, fait face à de nombreuses irrégularités et problèmes, avec un système éducatif est jugé trop rébarbatif et difficile, de nombreux élèves peinent à poursuivre leurs études jusqu'au baccalauréat. Ils sont en majorité issus de milieux défavorisés et sont des candidats sujets à tomber dans le piège de la délinquance par manque d'opportunités et de perspectives d'avenir. Sans diplôme, ils se retrouvent dans une situation de précarité car incapables d'accéder à un métier valorisant et leur permettant de subvenir à leurs besoins. Grâce à ce genre d'initiatives, l'école de la deuxième chance se révèle être un véritable tremplin pour ces jeunes qui réintègrent le circuit scolaire ou universitaire, se trouvent une passion et se forment à un métier en deux ans. Des jeunes qui auraient pu tomber dans la délinquance ou la dépression sont récupérés in extremis, sont sauvés, et trouvent dans ce genre d'établissement un accompagnement dédié un moyen de se sentir importants, écoutés et utiles.