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6 novembre : Des discours et des répercussions
Publié dans Hespress le 06 - 11 - 2018

Les discours de la Marche verte célébrée chaque 6 novembre ont façonné l'histoire contemporaine du Maroc. Comment ? De Hassan II à Mohammed VI, Hespress FR puise ses sources dans les archives de ces discours royaux.
Comme chacun le sait, le règne de Hassan II a duré 38 ans, du 3 mars 1962 au 23 juillet 1999. Pour les historiens et observateurs marocains avertis, deux séquences ont marqué ces presque quatre décennies de l'histoire du Maroc contemporain. Si la période 1962-1975 a surtout été celle de la consolidation du Trône, celle de 1975-1999 a été en grande partie consacrée à la poursuite d'une intégrité territoriale amputée, du fait de l'occupation espagnole depuis presque un siècle de l'ex Sahara occidental.
Une réussite liée à la démocratisation
Dès son premier discours du 17 octobre 1975 appelant les Marocains à marcher vers le Sahara, le souci du défunt monarque était la réintégration de ce vaste territoire en associant l'ensemble des composantes nationales, notamment les partis politiques d'opposition. Et voila comment la contrainte de la démocratisation s'est (ré)imposée à Hassan II. Il ne pouvait réaliser l'union sacrée, et presque mystique, autour du Sahara que si toutes les tendances du paysage avaient droit de cité, dans la légalité de leurs activités.
« Il y a une relation dialectique entre la question du Sahara et la démocratisation avec le début d'un processus de démocratisation à une époque où le régime était très autoritaire », analyse le politologue Mustapha Sehimi contacté par Hespress FR.
Il rappelle à cet égard les menées de l'opposition du Mouvement national au lendemain de l'indépendance en 1956, l'environnement régional avec les répercussions politiques de la guerre des sables d'octobre 1963, le chute de la monarchie en Libye à partir de 1969 et les deux tentatives de coups d'Etat de juillet 1971 et d'août 1972, en plus de la subversion de mars 1973 avec les événements de Moulay Bouazza.
Mobilisation des leaders
L'un des effets contenus dans les discours d'Hassan II à chaque commémoration de cette date symbolique a donc été de pratiquer davantage de concertation avec les partis politiques, notamment ceux d'opposition. C'est ainsi qu'il avait par exemple annoncé que des délégations constituées de leaders politiques, de toutes tendances réunies, allaient jouer le rôle d'ambassadeurs du royaume pour expliquer la thèse marocaine du Sahara. Une insertion dans le champ de la politique intérieur et en même temps dans la mise en œuvre d'une diplomatie pro-Sahara.
Dans ce cas de figure, l'exemple d'un Ali Yata, patron du PPS ayant des relations privilégiées au sein de l'ex URSS ou celui d'Abderrahim Bouabid, chef de l'USFP très écouté au sein l'internationale socialiste, ont donné à la thèse marocaine une crédibilité sur la scène internationale. Les contacts et autre carnet d'adresse dont disposaient les leaders politiques de l'époque et dont ne disposaient ni les diplomates classiques du département des Affaires étrangères, ni les proches du Palais royal, ont contribué à coup sûr à défendre la marocanité du Sahara.
Hassan II avait même créé, suite à un discours en mars 1978, le Conseil national de sécurité. Il siégeait en son sein, aux cotés du ministre de l'Intérieur de l'époque Driss Basri et des généraux des FAR, le premier ministre et fondateur du RNI Ahmed Osman, le chef du MP, Mahjoubi Aherdane, ainsi que M'hammed Boucetta de l'Istiqlal, Abderrahim Bouabid pour l'USFP et Ali Yata pour le PPS. Une décision qui faisait suite à des attaques perpétrées par les forces algériennes avec une artillerie lourde (type SAM 6 et SAM 7 soviétiques).
Des discours au rythme de la conjoncture internationale
La guerre froide est-ouest avec un Maroc pro Occidental, sans avoir un soutien égal à celui dont bénéficiait l'Algérie du bloc de l'Est, allait ont bel et bien influer sur le cours des événements au Sahara. Au lendemain du discours du 6 novembre 1978, Hassan II avait entrepris une visite officielle aux Etats-Unis.
C'était l'occasion pour le roi de mesurer le soutien jugé « conditionnel » de l'administration Carter. Les faits sont racontés par un responsable de l'époque ayant fait ce déplacement d'Etat. « Le président Carter avait refusé de vendre des armes au Maroc. Le Congrès américain, majoritairement issu du Parti démocrate, considérait au nom des droits de l'Homme, les Marocains comme citoyens d'une monarchie rétrograde et se penchait sur le discours adverse d'autodétermination d'un peuple » se remémore cet ancien responsable.
La gestion des affaires du Sahara via des discours donnant des lignes directives devaient donc tenir compte de l'environnement extérieur. Comme en 1981 où Hassan II avait concédé l'idée d'un référendum sur ce territoire.
« Une décision ô combien douloureuse d'accepter de prouver ce qui l'était déjà dans les faits, dans les sables, dans l'histoire et dans le droit », philosophait le roi dans un discours quelques années plus tard, après s'être rendu compte des pressions qui ont conduit le royaume à accepter, dans un premier temps le référendum.
Son plan de mise en oeuvre via un processus d'identification du corps électoral allait donner raison à Hassan II et aux forces politiques qui avaient fini par émettre des réserves au lendemain du sommet spécifique Nairobi II en août 1982. Et le référendum n'aura pas lieu.
Mohammed VI et la ferme attitude
Autant que son défunt père et prédécesseur, Mohammed VI a pris, dès son intronisation, la mesure de la complexité du dossier. Ses discours de la Marche verte ont, depuis le début des années 2000, affiché une réactivité diplomatique très ferme, quitte à provoquer des crises lorsque les intérêts supérieures du Maroc se sentaient menacés.
C'était le cas lorsque le discours du 6 novembre 2005 a rejeté le Plan de paix pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, dit Plan Baker. Autre exemple, la non reconnaissance déclarée et assumée de la médiation de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Christopher Ross en 2010. C'est le monarque qui l'a jugé partial sur le dossier.
Le 6 novembre 2013, Mohammed VI était également en première ligne pour contester le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, reconnaissant l'extension du mandat de la Minurso aux droits de l'Homme. Ce qui avait notamment comme conséquence la suspension des manœuvres militaires conjointes du Maroc avec les Etats-Unis en Afrique.
La régionalisation poussée à bout
Appui sur la diplomatie parlementaire, annonce de vastes plans de développement dans les provinces du sud et implication de ses élus, ont constitué les grandes lignes du discours royal de la Marche verte durant cette dernière décennie. Mais tout cela ne pouvait être possible sans le Plan d'autonomie proposé par Mohammed VI à partir du 6 novembre 2007. Si le principe d'intégrité territoriale est resté hermétique, sans concession, ce plan marocain offre depuis cette date un cadre d'expression et de solution des revendications sahraouies à travers la régionalisation avancée.
Les gages de démocratisation et de respect des droits de l'Homme réitérés par Mohammed VI lors des discours qui ont suivi ne pouvaient, aux yeux de la communauté internationale, que conforter le dossier marocain à l'ONU, déjouant par la même occasion le discours adverse.
Déposée huit mois plus tôt, en avril 2007, l »l'initiative marocaine pour l'autonomie interne » constitue désormais pour la partie marocaine la base des négociations entreprise sous l'égide de l'ONU. Le texte en lui même est jugé par des aménagistes et des constitutionnalistes ayant fait une étude comparative comme « plus avancé que la régionalisation prévue par la Constitution de 2011« .
De Laâyoune à Dakar, le souci du symbolique
Pour commémorer le 40e anniversaire de la Marche verte, le choix de Mohammed VI s'est porté sur Laâyoune, réputée capitale des provinces saharienne. L'accent de ce discours très porté sur les voies de développement local ont naturellement été greffés au dossier défendu par le Maroc dans le concert des nations.
Un an plus tard, l'histoire symbolique se répète puisque le monarque a décidé de s'adresser au Marocains depuis Dakar. La capitale sénégalaise, hôte de Mohammed VI quelques jours avant la tenue de la COP22 à Marrakech, a été choisie à bon escient. Et au souverain d'en profiter pour s'assurer la confiance de la communauté africaine, à un moment où le royaume préparait activement son retour au sein de l'Union africaine (UA). Une organisation dont il était l'un des fondateurs sous le règne de Mohammed V.
Un vecteur d'institutionnalisation du régime
Pour le politologue Mustapha Sehimi, le dénominateur commun entre l'approche préconisée par les deux souverains est que « la Marche verte a été un vecteur de renforcement du processus démocratique et d'une démocratie institutionnalisée« . Il en veut pour preuve l'institutionnalisation du régime au lendemain de cet événement majeure dans l'histoire du pays, l'implication des partis dans le processus politique du dossier, puis la proposition d'un plan de régionalisation dont Mohammed VI a fait l'une de ses priorités.
« Hassan II racontait un récit national et faisait beaucoup référence à la culture et à la psychologie marocaine. Mohammed VI offre, pour sa part, un discours de gestion optimal d'un dossier national. Une gestion sourcilleuse sans aucune possibilité de porter atteinte à un centimètre du territoire« , souligne ce témoin des deux époques.


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