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Dagvin Anderson/AFRICOM : « Le Maroc est un partenaire pivot dans la lutte contre le terrorisme et l'instabilité »
Publié dans Hespress le 22 - 10 - 2025

Le général Dagvin Anderson, commandant du Commandement militaire américain pour l'Afrique (AFRICOM), voit dans le continent africain un nouvel épicentre de la compétition stratégique mondiale. « L'Afrique est devenue un espace de rivalités où la Russie et la Chine, chacune à sa manière, cherchent à étendre leur influence », affirme-t-il. Pour lui, la présence occidentale ne se mesure pas « au nombre de bases ou de soldats, mais à la solidité des alliances tissées depuis des décennies ».
Dans un entretien exclusif accordé à Hespress (version arabe et anglaise), le haut gradé américain, ancien chef du 19e escadron des opérations spéciales en Floride, a précisé que l'heure est à la redéfinition du partenariat afro-américain. « Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est instaurer une relation fondée sur la flexibilité et le respect mutuel. Nous ne voulons pas imposer des directives aux pays africains, mais les aider à prendre leurs propres décisions souveraines », a-t-il expliqué.
© Youssef Sodor
Et dans cette nouvelle approche, le Maroc occupe une place centrale. « Le Royaume est un partenaire pivot, car il connaît intimement le continent et dispose d'outils diplomatiques et sécuritaires qui en font un facteur d'équilibre au sein de l'Afrique », souligne Anderson.
Une approche axée sur les capacités locales
Interrogé sur l'évolution du terrorisme en Afrique, le commandant d'AFRICOM observe une mutation profonde. « Il y a dix ans, nous faisions face à des organisations centralisées comme Al-Qaïda au Maghreb islamique ou Daech. Aujourd'hui, ces groupes sont plus fragmentés, agissent localement en petits réseaux et exploitent les fragilités politiques et économiques de certaines régions », dit-il.
Cette transformation a conduit les États-Unis à revoir leur stratégie : « Plutôt que d'opter pour la confrontation militaire directe, nous misons désormais sur le renforcement des capacités locales. Nous aidons les États africains à se défendre eux-mêmes ».
© Youssef Sodor
Anderson détaille les trois axes de cette coopération : « Le premier, c'est le partage d'informations et de renseignements, car comprendre la menace est la première étape pour la contrer. Le deuxième concerne la formation et la qualification. Enfin, le troisième volet vise les causes non militaires du terrorisme : il naît souvent là où l'éducation, l'emploi et les services publics font défaut. C'est pourquoi nous soutenons le développement et la bonne gouvernance en partenariat avec d'autres agences américaines et internationales ».
Le général cite ici le Maroc comme modèle à suivre en soulignant que « le Royaume se distingue par une approche intégrée qui combine sécurité, développement et réforme du discours religieux », notant que « cette expérience marocaine est exemplaire et pourrait inspirer d'autres pays de la région ».
Pour Anderson, la stratégie américaine en Afrique repose sur une conviction claire : « Nous ne cherchons pas à établir une présence militaire permanente. L'avenir de la sécurité africaine doit être façonné par les Africains eux-mêmes ». Il rappelle que les États-Unis entretiennent « plus de 35 partenariats militaires actifs » sur le continent, axés avant tout sur la formation et la montée en compétence.
© Youssef Sodor
Le Maroc, pilier de la sécurité maritime
Au-delà de la lutte antiterroriste, la coopération entre Washington et Rabat s'étend au domaine maritime. « La sécurité des voies maritimes est cruciale pour nous et nos partenaires africains et européens. Le détroit de Gibraltar, par exemple, est l'un des plus fréquentés au monde et relie l'Atlantique à la Méditerranée », souligne le général Anderson.
« Le Maroc, grâce à sa position géographique stratégique, est le garant principal de la stabilité de ce détroit depuis la rive sud. C'est pourquoi nous collaborons avec plusieurs pays africains pour bâtir un réseau régional de surveillance maritime conjointe et d'échange d'informations en temps réel », explique-t-il.
Il met également en avant les infrastructures marocaines modernes : « Le port de Tanger Med est un modèle d'efficacité et de sécurité. Le Maroc possède aussi une solide expérience dans la surveillance côtière. Pour AFRICOM, renforcer les capacités navales marocaines, c'est renforcer la sécurité collective de tout l'Atlantique africain ».
© Youssef Sodor
Cette coopération s'illustre à travers des exercices conjoints, notamment les manœuvres African Lion. Selon le général Dagvin, « ces exercices ne se résument pas à leur taille, mais à la qualité du partenariat qu'ils symbolisent. Le Maroc en accueille une partie importante et y participe activement avec ses forces terrestres, aériennes et navales ».
Ces manœuvres, poursuit-il, « renforcent la préparation opérationnelle commune et permettent aux forces américaines, marocaines et partenaires de tester leurs capacités dans des conditions proches du réel ».
Une alliance fondée sur la confiance
Pour le commandant d'AFRICOM, African Lion va bien au-delà d'un simple entraînement militaire. « Ces manœuvres renforcent l'intégration opérationnelle : chaque armée apporte ses propres méthodes et technologies, et leur coordination rend les alliances plus efficaces », dit-il.
Anderson insiste sur le message politique derrière ces exercices, notant que « les partenariats basés sur la confiance et le respect mutuel sont la clé de la stabilité du continent africain ».
Le Maroc, affirme-t-il, tire pleinement parti de cette coopération : « Il bénéficie du transfert de technologies, d'une amélioration de ses capacités de planification et de coordination, et confirme sa position de puissance régionale responsable, capable d'organiser des manœuvres d'une telle envergure. C'est aussi l'occasion pour lui de démontrer au monde le professionnalisme de ses Forces armées royales ».
Concernant les prochaines éditions de African Lion, le général annonce que « chaque cycle est plus vaste et plus complexe que le précédent. Nous avons ajouté la cybersécurité, la coordination spatiale et la gestion des catastrophes humanitaires. Nous souhaitons aussi élargir la participation africaine au-delà de l'axe Maroc–États-Unis–Europe, en incluant de nouveaux partenaires d'Afrique subsaharienne ».
Un partenariat d'avenir
Enfin, le général Dagvin Anderson résume sa vision en notant que « l'Afrique n'est pas un terrain d'ingérence ou de domination, mais un partenaire stratégique capable d'exercer sa pleine souveraineté ».
Et d'ajouter : « Le Maroc incarne parfaitement cette approche : pays stable, institutions solides, expérience reconnue en matière de sécurité régionale et internationale, et vaste réseau de relations africaines. Il est un maillon stratégique essentiel pour renforcer la coopération sécuritaire et le développement durable du continent ».
Pour le commandant d'AFRICOM, la clé du succès réside dans la coopération collective : « Le partenariat ne se limite pas aux gouvernements ou aux armées. C'est une responsabilité partagée. Le Maroc et ses partenaires africains prouvent que l'innovation, la collaboration et le respect mutuel peuvent produire des résultats concrets, même dans les contextes les plus difficiles ».


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