Intervenant à l'ouverture des travaux des journées d'étude sur « le renforcement des mécanismes de contrôle judiciaire de la gestion des fonds publics, le président délégué du CSPJ, Mohamed Abdennabaoui , a estimé que les crimes financiers sont « plus que de simples infractions à la loi », mais « portent atteinte aux valeurs de la société et à la confiance placée dans les institutions ». Suivez La Vie éco sur Telegram La lutte contre la corruption est un chantier stratégique permanent qui repose sur une vision Royale consacrant l'Etat du droit et des institutions, a indiqué, mercredi à Skhirat, le président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Mohamed Abdennabaoui. Dans son allocution à l'ouverture des travaux de deux journées d'étude sur « Le renforcement des mécanismes de contrôle judiciaire et administratif de la gestion des fonds publics », Abdennabaoui a souligné que le Maroc, sous l'égide de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a érigé la lutte contre la corruption en chantier stratégique permanent qui, « indépendamment des fluctuations conjoncturelles, s'appuie sur une vision et des principes inébranlables constituant le socle de l'Etat du droit et des institutions ». « Plus que de simples infractions à la loi », les crimes financiers « portent atteinte aux valeurs de la société et à la confiance placée dans les institutions », a-t-il soutenu, ajoutant que la lutte contre la corruption nécessite des efforts conjoints de la part des autorités et des citoyens. Dans ce contexte, le président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire a rappelé le discours Royal prononcé à l'occasion du 17e anniversaire de la Fête du Trône (30 juillet 2016), dans lequel le Souverain a souligné que la lutte contre la corruption est l'affaire de l'Etat et de la société et qu'elle requiert l'opérationnalisation des dispositifs juridiques de lutte contre ce phénomène dangereux et la criminalisation de toutes ses manifestations. Cette Haute Directive Royale met les magistrats devant une « responsabilité historique » pour renforcer la confiance dans la justice pénale et en faire un gage de la primauté de la loi et de la reddition des comptes, a fait valoir Abdennabaoui, affirmant que le renforcement des compétences des juges spécialisés dans les crimes financiers constitue l'une des priorités stratégiques du CSPJ. A cet égard, le responsable judiciaire a rappelé que l'année 2023 a vu la création, au sein du Conseil, d'une entité administrative chargée du suivi du travail des sections des crimes financiers. De même, a-t-il ajouté, un mémorandum d'entente tripartite portant sur la consolidation de la coopération institutionnelle et la qualification des ressources humaines a été signé, le 30 juin 2022, entre le CSPJ, la présidence du Ministère public et la Cour des comptes. Abordant les efforts déployés pour la lutte contre la corruption, Abdennabaoui a fait savoir que 436 affaires ont été soumises aux sections des crimes financiers au cours de la précédente année judiciaire, faisant état également de 249 jugements émis au 1er semestre de 2025, avec un taux d'exécution de 71% dans les délais indicatifs.