Un groupe de narcotrafiquants a proféré des menaces directes contre la star de la sélection argentine, fraichement couronnée championne du Monde, Lionel Messi, provoquant une onde de choc dans sa ville natale, Rosario, et dans l'ensemble du pays. Les commentaires de rejet et d'indignation ont immédiatement envahi l'espace public et les autorités se sont mobilisées pour apporter une réponse à la mesure des menaces ayant visé Messi et de l'attaque qui a ciblé un supermarché appartenant à sa belle-famille. Jeudi à l'aube, deux personnes cagoulées circulant à bord d'une moto ont criblé de balles la devanture du supermarché avant de laisser une pancarte avec l'inscription suivante : « Messi, nous t'attendons. Javkin (maire de Rosario) est un narcotraficant. Il ne te protégera pas ». L'attaque armée suivie de la menace directe contre Messi ont déclenché les sirènes d'alarme au niveau de tous les secteurs sécuritaires et politiques. Au sommet de l'Etat, une rencontre a réuni dès vendredi matin le gouverneur de l'Etat de Santa Fe, dont dépend Rosario, Omar Perotti, avec la haute hiérarchie ministérielle, dont le chef du gouvernement, Agustín Rossi, et le ministre de l'Intérieur, Eduardo De Pedro pour définir les mesures de sécurité à déployer dans la ville natale de Messi, devenue l'épicentre du narcotrafic en Argentine. La veille, le ministre de la sécurité, Anibal Fernandez, avait reconnu que les évènements de Rosario ont révélé une réalité : « les narcos ont gagné ». Un autre responsable sécuritaire a enfoncé le clou. Le ministre régional de la sécurité dans la province de Buenos Aires, Sergio Berni, a estimé que «Rosario est devenue une zone libérée » par le narcotrafic, ajoutant que « l'Etat a abandonné le territoire (...) et lorsqu'il n'y a pas d'Etat dans le territoire, c'est l'Etat parallèle du narcotrafic qui prend le relais ». Plusieurs semaines auparavant, des magistrats de cette région convulsée ont reçu des menaces de mort de la part des gangs du narcotrafic. L'ensemble du spectre politique a réagi aux menaces contre Messi avec des expressions d'indignation, de commotion et d'appel à ne pas céder face aux criminels qui cherchent, selon Perotti, à générer un « impact mondial ». Les autorités pénitentiaires ont perquisitionné les cellules des leaders de puissants cartels de la drogue à Rosario à la recherche d'indices sur un éventuel ordre donné depuis la prison, rapporte la presse locale. Les messages relayés sur les réseaux sociaux et les titres de la presse convergent vers la « gravité » de cet incident et des menaces inédites proférées contre l'idole de tous les Argentins. Certaines réactions ont laissé planer le doute sur la venue de Messi en Argentine pour deux matchs amicaux que la sélection devra disputer contre Panama et Curacao les 23 et 28 mars courant.