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France-Algérie : la tension continue de monter autour des expulsions et des visas
Publié dans Hespress le 25 - 04 - 2025

La crise entre la France et l'Algérie ne semble pas se calmer et les accords d'exemption de Visa sont toujours une menace que laisse planer le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau.
« Chaque jour ou quasiment chaque jour, l'Algérie nous renvoie des individus, des OQTF (personne sous Obligation de quitter le territoire français, ndlr) qui sont documentés et qu'elle devrait accueillir en droit sur son territoire si elle respectait ses obligations et l'accord qui nous lie, l'accord de 1994 », a déclaré le locataire de la place Beauvau sur BFM TV.
Cette déclaration laisse entendre l'étendue de la crise, et du bras de fer engagé par l'Algérie, malgré les protestations françaises. Le ministre qui a dressé un état des lieux peu reluisant des relations bilatérales, n'a pas exclu de prendre des mesures si nécessaire.
Il a à cet égard rappelé que l'écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, malade, restait dans les geôles algériennes, en dépit de l'appel du président français, Emmanuel Macron.
Concernant l'affaire des 12 agents français expulsés par l'Algérie, Retailleau a décrit une situation dramatique au niveau social. « Je les ai rencontrés, je leur ai parlé individuellement. Tous étaient très choqués (...) certains d'entre eux ont laissé leur famille, ils ont de jeunes enfants qui sont scolarisés, d'autres ont une épouse ou une compagne algérienne », a indiqué le ministre français.
Pour rappel, la France a pris une mesure de rétorsion le 16 avril, similaire à celle décidée par les autorités algériennes en procédant à l'expulsion de 12 agents consulaires algériens et en rappelant son ambassadeur à Alger pour consultations.
« Les autorités algériennes prennent la responsabilité d'une dégradation brutale de nos relations bilatérales », avait commenté un communiqué de l'Elysée annonçant la mesure française. L'Algérie avait déclaré les hostilités en demandant à 12 agents des consulats et de l'ambassade de France, de quitter le territoire sous 48 heures.
La démarche inédite et violente du régime algérien est en lien avec l'arrestation le 8 avril, d'un agent consulaire algérien, à la suite de l'enquête sur l'enlèvement et la séquestration d'Amir Boukhors connu sous le nom Amir DZ, un influenceur de l'opposition algérienne pour lequel le régime algérien a lancé une dizaine de mandats d'arrêts.
Les deux pays restent toujours en crise à l'heure actuelle. Selon Retailleau, il n'y aurait « aucun avancement » en faveur d'un règlement de la crise. Il a néanmoins souligné que la diplomatie pouvait jouer un rôle dans la réconciliation.
Le ministre a également laissé une porte entrouverte, en ajoutant qu'il ne sera pas possible d' »en rester là ». Toutefois, il reste très stricte sur les demandes françaises et la nécessité d'imposer du changement.
Il garde en tête plusieurs mesures possibles pour rééquilibrer les relations entre la France et l'Algérie, et répondre, s'il le faut, aux provocations algériennes.
Pour le responsable français, il s'agirait notamment de revenir sur l'accord de 2013 qui permets passeports diplomatiques algériens ou français de ne pas avoir besoin de Visa pour se déplacer.
Cette mesure est « une exception d'ailleurs par rapport aux autres pays du Maghreb (...) Je pense qu'il faut suspendre cet accord, et puis il y a aussi d'autres voies, d'autres moyens pourront être la prochaine étape », a indiqué Bruno Retailleau.
Cette remise en cause de l'accord d'exemption de Visa, déplaira surtout aux diplomates algériens et la nomenklatura algérienne, surtout que le régime d'Alger est connu pour distribuer à tort et à travers ce genre de passeports diplomatiques aux familles de notables et de l'armée.
Cela a pu être vérifiée avec l'affaire de « Mohammed Ben Battouche », la fausse identité donnée au chef de la milice du polisario, Brahim Ghali, pour qu'il puisse aller en Espagne sans contrôle d'identité, sans visa, et se faire soigner du Covid en 2021.


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