D'après des données officielles actualisées de la Direction générale de l'ingénierie de l'eau, relevant du ministère de l'Équipement et de l'Eau, le Maroc exploite actuellement 17 stations de dessalement d'eau de mer, affichant une capacité de production globale estimée à 320 millions de mètres cubes (m3) par an. Quatre nouveaux projets sont par ailleurs en cours de réalisation, avec une capacité de production prévue de 532 millions de m3 par an. Le ministère précise que des « efforts continus sont menés par le ministère de l'Intérieur, en partenariat avec le ministère de l'Équipement et de l'Eau et les parties concernées, pour déployer des stations mobiles de dessalement des eaux souterraines salines et de l'eau de mer dans l'ensemble du Royaume, y compris dans les zones rurales ». Dans le détail, il est indiqué que « le programme d'acquisition de 244 stations mobiles de dessalement d'eau de mer et d'eaux souterraines est actuellement en cours, avec une capacité totale de production de 1.563 litres par seconde ». Au 31 juillet 2025, selon une réponse écrite du ministère de tutelle adressée à la Direction de l'ingénierie de l'eau, « 89 stations mobiles de dessalement des eaux saumâtres et de l'eau de mer ont été achetées et livrées ». Le document précise que « les stations restantes seront mises en service et opérationnelles au cours de cette année ». Ces précisions figurent dans une réponse écrite, datée de fin juillet et signée par le ministre de l'Équipement et de l'Eau, Nizar Baraka, à une question posée par deux conseillers parlementaires. On y apprend que les projets de dessalement actuellement en chantier concernent « les stations d'El Jadida et de Safi, où les travaux sont bien avancés et dont l'exploitation partielle a débuté dès 2023 ; leur pleine capacité devrait être atteinte fin 2026 ». Le texte ajoute que « 80 % des besoins en eau potable du sud de Casablanca, ainsi que des villes de Settat et Berrechid, sont aujourd'hui couverts par la station de dessalement d'El Jadida ». S'agissant de la station de dessalement de Dakhla, « l'avancement des travaux est évalué à environ 78 %, incluant la centrale de production d'énergie éolienne, et la mise en service est attendue pour la mi-2026 ». La réponse, dont Hespress a obtenu copie, précise également que « la station de dessalement de Casablanca, appelée à devenir la plus grande d'Afrique avec une capacité annuelle de 300 millions de m3, affiche un taux d'avancement des travaux proche de 40 % ». D'après le ministère, « sa mise en service est programmée pour la fin de l'année 2026 ». Le document attire également l'attention des deux conseillers, Khalid Es-Satte et Loubna Alaoui, sur le fait que « la réalisation des stations de Casablanca et de Dakhla s'inscrit dans le cadre d'un partenariat public-privé ». Dans ce même contexte, la réponse souligne que « face aux changements climatiques et à leurs impacts sur les ressources hydriques, et afin d'accompagner le rythme du développement socio-économique du Royaume ainsi que les défis à venir, un programme national ambitieux a été élaboré, conformément aux hautes orientations Royales, visant à mettre en place un certain nombre de stations de dessalement d'eau de mer ». Ce programme a été conçu de manière à « accélérer sa mise en œuvre afin de garantir l'approvisionnement en eau potable des villes côtières et de certaines villes de l'intérieur, ainsi que l'irrigation de zones agricoles ». Il est précisé que « des projets ont été planifiés pour atteindre une capacité annuelle de 1,7 milliard de m3 à l'horizon 2030 ». Concernant les « projets programmés dans les zones côtières », les données de la Direction générale de l'ingénierie de l'eau indiquent qu'« ils sont actuellement au nombre de 13, visant à répondre aux besoins en eau potable, à irriguer certaines terres agricoles et à soutenir les besoins hydriques industriels ». Parmi les principales stations figurent celles « prévues dans la région de l'Oriental, à Rabat, Tanger, Guelmim et Essaouira, dont les études sont déjà finalisées, ainsi que celle de Souss-Massa, dont les études sont encore en cours ». Il est aussi précisé qu'une coopération est en cours « avec l'Office chérifien des phosphates (OCP) pour la réalisation de plusieurs projets de dessalement, notamment l'extension des stations d'El Jadida et de Safi, afin de renforcer l'approvisionnement en eau potable de plusieurs villes et de produire de l'eau industrielle destinée à répondre aux besoins du complexe phosphatier ». Enfin, la réponse ministérielle rappelle que « ces projets sont menés dans un cadre de coordination et de partenariat avec l'ensemble des acteurs et secteurs concernés, depuis la phase de planification jusqu'au lancement et au suivi des travaux, en passant par les études préalables, le tout dans le cadre d'une stratégie nationale de gestion et de planification des ressources hydriques ». Elle insiste sur le fait que « l'état d'avancement de ces projets est examiné régulièrement lors des réunions du Comité national de l'eau ».