Le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, a formellement démenti toute augmentation des factures d'eau et d'électricité consécutive à la mise en place des sociétés régionales multiservices, nouveau modèle de gouvernance du secteur de l'eau et de l'électricité. Il a précisé que ce qui peut être perçu comme une hausse ne correspond, en réalité, qu'à une régularisation d'anomalies liées au contrôle des compteurs des usagers, contrôle qui n'était pas auparavant assuré de manière régulière et périodique. Lors d'une séance des questions orales à la Chambre des conseillers, Laftit a souligné que, malgré les avancées significatives enregistrées dans le déploiement du projet des sociétés régionales multiservices — mis en œuvre dans un contexte particulièrement difficile —, ce nouveau dispositif a hérité d'importants dysfonctionnements structurels. Parmi ceux-ci figurent notamment la multiplicité des intervenants, avec plus de 12.000 associations assurant la gestion du service de l'eau à l'échelle nationale, la vétusté des infrastructures, la faible performance des réseaux, ainsi que l'insuffisance des capacités de production et de transport de l'eau. Le ministre a également attiré l'attention sur la fragilité des schémas directeurs hérités de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable. À cela s'ajoutent l'ancienneté du réseau des agences commerciales, son déséquilibre territorial, ainsi que les dysfonctionnements qui caractérisaient auparavant les opérations de facturation, de lecture des compteurs et de recouvrement. Insistant sur ce point, le responsable gouvernemental a affirmé qu'aucune région du Royaume n'a enregistré d'augmentation des factures d'eau et d'électricité après l'adoption des sociétés régionales multiservices. Il a précisé que certaines variations constatées sont imputables à la différence entre les anciennes modalités de facturation et celles actuellement en vigueur, certaines zones n'ayant pas bénéficié, par le passé, d'un relevé régulier des compteurs. Le ministre de l'Intérieur a, par ailleurs, souligné que « la nouvelle orientation gouvernementale en matière de gestion du secteur de l'eau et de l'électricité à travers les sociétés régionales multiservices s'inscrit dans le cadre de la régionalisation avancée », ajoutant que « ce choix est intervenu à l'issue d'une série d'études et d'évaluations approfondies de la situation ». Selon Laftit, ces études ont mis en évidence les nombreux défis et dysfonctionnements auxquels fait face le secteur de l'eau et de l'électricité dans le cadre des modèles de gestion précédents. Il a relevé, à cet égard, la multiplicité des intervenants, l'enchevêtrement des circuits de distribution, ainsi que les fortes disparités territoriales entre les composantes d'une même région ou entre les milieux urbain et rural, tant en matière de qualité des services que de taux de raccordement et de continuité de l'approvisionnement. Le secteur est également confronté, selon l'ancien modèle de gestion, à la faiblesse des capacités financières et techniques de plusieurs agences, collectivités territoriales et anciens distributeurs pour faire face aux besoins d'investissement requis. À cela s'ajoute la dégradation notable des infrastructures dans plusieurs régions, conséquence directe du manque d'investissement, de l'insuffisance de la maintenance et de l'accumulation des déficits. Parmi les constats établis par les études du ministère de l'Intérieur concernant l'ancien mode de gestion figurent également l'absence d'une gouvernance unifiée et la coexistence de multiples régimes et formes de gestion — agences, gestion déléguée ou associations —, situation qui a affaibli l'efficacité globale du secteur et réduit sa capacité à faire face à la pression croissante sur les ressources hydriques ainsi qu'aux exigences de la transition énergétique. Le ministre de l'Intérieur a enfin indiqué que la création des sociétés régionales multiservices vise principalement à mobiliser les ressources financières nécessaires pour répondre aux besoins d'investissement, sans porter atteinte aux tarifs appliqués, tout en généralisant l'accès aux services de l'eau, de l'électricité et de l'assainissement liquide à l'ensemble des citoyens, dans une logique d'équité et de durabilité. Ces sociétés régionales ont également pour vocation, selon le responsable gouvernemental, de réduire les disparités territoriales entre les différentes zones, d'assurer la continuité du service public sans interruption et à tout moment dans l'ensemble des territoires d'une même région, et d'améliorer la qualité des services de distribution, tout en garantissant une tarification adaptée aux citoyens, c'est-à-dire sans augmentation injustifiée des factures d'eau et d'électricité.