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Malgré les plaintes, Abdelouafi Laftit réfute toute revalorisation tarifaire après l'entrée en service des sociétés régionales multiservices dans la distribution de l'eau et de l'électricité
Le ministre de l'intérieur, Abdelouafi Laftit, a écarté toute augmentation des prix de l'eau et de l'électricité consécutive à l'entrée en fonction des sociétés régionales multiservices (SRM) malgré les plaintes qui se succèdent. Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, tenue lundi 2 juin, il a soutenu que les nouveaux gestionnaires maintiennent rigoureusement les grilles tarifaires précédemment appliquées. «Ce qui a été avancé sur une supposée hausse des prix ne repose sur aucun fondement. Les sociétés régionales ont adopté, dès l'entrée en vigueur de leurs contrats de gestion, les mêmes tarifs que ceux appliqués par les distributeurs antérieurs», a-t-il affirmé, ajoutant que «les SRM y sont tenues en vertu des clauses contractuelles qui imposent le maintien de la tarification sur l'ensemble du périmètre de gestion». Une facturation entachée par les pratiques anciennes M. Laftit a attribué les hausses constatées dans certains relevés de factures à des pratiques antérieures, parmi lesquelles l'irrégularité dans les relevés des compteurs. Selon lui, «les écarts observés dans certains montants globaux de facturation s'expliquent directement par les manquements des anciens distributeurs, notamment l'absence de relevés réguliers, le recours massif à l'estimation de la consommation et le choix de sous-traitants individuels dans les zones rurales ou faiblement peuplées». En réponse, les nouvelles entités sont désormais contraintes par contrat à facturer uniquement sur la base de la consommation réelle, et non estimée, grâce à des opérations d'observation sur site et à fréquence constante. Le ministre a précisé que des facilités de paiement sont prévues, sur demande expresse, «dans les cas exceptionnels, et dans le souci de préserver les droits des usagers». Un dispositif de transition supervisé par l'Etat Le ministère de l'intérieur a accompagné avec minutie le déploiement progressif de ce chantier de réorganisation. Selon M. Laftit, un programme d'investissements d'un montant global de 253 milliards de dirhams a été élaboré par les SRM, dont environ 32 % seront réalisés au cours des cinq premières années. Pour l'exercice 2025, les quatre premières sociétés créées devraient investir plus de treize milliards de dirhams, avec une prévision de 44 milliards entre 2025 et 2029. Entre le 1er octobre et le 15 novembre 2024, les contrats de gestion ont été activés dans les régions de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, l'Oriental et Souss-Massa. Celui de Rabat-Salé-Kénitra est entré en vigueur le 1er juin 2025. «Le ministère poursuivra, selon cette méthode, la généralisation des SRM dans toutes les régions avant la fin de l'année en cours», a indiqué le ministre. Pour garantir un transfert harmonieux du service, le ministère a coordonné les opérations de recensement et de restitution des biens nécessaires à la gestion du réseau au profit des collectivités territoriales. La passation du personnel des anciens opérateurs vers les nouvelles structures a également été encadrée. «Le dispositif a veillé à la préservation des droits et avantages des employés, à travers la mise en place d'un statut unifié garantissant leur sécurité professionnelle», a-t-il précisé. Les contrats et marchés en cours ont été transférés aux SRM afin d'assurer la continuité des chantiers et de la distribution. Parmi les mesures d'accompagnement, le ministre a cité «le maintien strict des tarifs antérieurs, la mise en place de directions provinciales dotées de prérogatives étendues et la récupération de l'ensemble des agences et guichets des anciens distributeurs». M. Laftit a conclu que cette réforme a permis une bascule ordonnée et sans interruption, malgré l'étendue territoriale des réseaux concernés et la diversité des intervenants précédemment impliqués. Afin de pérenniser cette transformation, le ministère de l'intérieur a fondé, en partenariat avec les groupements de collectivités territoriales, une société de développement local, désignée sous l'appellation «société de développement des services publics de distribution», afin d'accompagner durablement les projets relevant du secteur.