L'Algérie a établi un nouveau record en matière d'expulsions de migrants vers le Niger, où beaucoup sont abandonnés en plein désert, selon un rapport d'« InfoMigrants ». Le rapport indique que « les autorités algériennes ont, en 2025, expulsé plus de 30 000 migrants vers le Niger, selon un rapport de l'ONG Alarme Phone Sahara (APS) ». Le Journal du Dimanche, citant le site InfoMigrants, a également précisé que les autorités algériennes ont expulsé, l'année dernière, 31 000 migrants en situation irrégulière ; un chiffre qui surpassait déjà toutes les données précédemment enregistrées dans la région. L'organisation susmentionnée a souligné que ces statistiques restent en deçà de la réalité, car certaines structures locales n'ont pas été en mesure de recenser le nombre exact de personnes transférées au sein de ces convois. En 2025, le rythme des expulsions s'est accéléré au cours du printemps. En avril, l'organisation Alarme Phone Sahara alertait sur un « pic d'expulsions » après le renvoi de 1 141 migrants en une seule journée. Au début du mois de juin dernier, selon les mêmes sources, l'organisation avait déjà recensé plus de 16 000 expulsions en l'espace de deux mois seulement. Face à ces flux massifs, le Niger a tenté d'anticiper la situation autant que possible. En mai, les autorités ont annoncé leur intention de soutenir l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin de rapatrier environ 4 000 migrants vers leurs pays d'origine avant juillet, pour éviter une « catastrophe humanitaire ». Toutefois, ces « retours volontaires » se heurtent à la lenteur des procédures administratives dans les pays d'origine. Chaque nouvelle demande entraîne des retards supplémentaires, entravant les départs et provoquant l'engorgement du système d'accueil des Nations Unies. Depuis 2014, des migrants nigériens, ainsi que des ressortissants d'autres pays africains, sont régulièrement expulsés d'Algérie. Ces dernières années, l'ampleur de ces opérations a considérablement évolué, selon les mêmes sources. Différentes données émanant d'organisations internationales et de défense des droits de l'homme indiquent que l'Algérie a intensifié, ces dernières années, les expulsions de migrants en situation irrégulière — dont la majorité provient d'Afrique subsaharienne — vers le Niger via la frontière désertique, selon un rapport du Réseau international des droits de l'homme. Selon la même source, l'Algérie a expulsé plus de 30 000 migrants en situation irrégulière en 2024, contre 26 000 en 2023. Cette situation a suscité les critiques du Niger, qui considère que ces pratiques violent les principes de la coopération internationale et les accords bilatéraux entre les deux pays. Les critiques internationales ne se sont pas limitées aux seuls chiffres ; de nombreux rapports d'organisations de défense des droits humains ont également dénoncé des violations des droits de l'homme liées à ces expulsions. Des organisations telles que l'OMCT ont documenté des cas de détention arbitraire, de transfert forcé de migrants et d'abandon dans le désert sans eau ni nourriture, ainsi que des mauvais traitements et des agressions subis par certains durant leur détention et leur transfert. Par ailleurs, des rapports ont indiqué que certains des migrants concernés étaient enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), sans avoir bénéficié d'une évaluation individuelle avant leur expulsion.