Intempéries en Espagne: les liaisons maritimes avec Tanger toujours suspendues    Inondations : l'Intérieur annonce l'évacuation de plus de 143.000 personnes dans différentes zones    Magnitude 3.8 quake hits near Taounate in northern Morocco    Taounate : Un séisme de magnitude 3,8 enregistré    Pays-Bas : 12 ans requis contre l'ex-agent marocain du NCTV pour espionnage    Ligue 1 : Achraf Hakimi manquera le choc face à l'OM    Les Lions de l'Atlas se projettent vers le Mondial 2026 : deux amicaux en mars    Maroc : Fortes pluies, averses et rafales de vent jusqu'à vendredi    Actualización de Reino Unido sobre viajes a Marruecos por condiciones meteorológicas extremas    Espagne : Le service consulaire du Maroc prolonge ses horaires de travail    Al Hoceima: Réouverture de plusieurs axes routiers après les intempéries    Santé publique : la vaccination, parent pauvre des politiques de prévention    France : des familles marocaines alertent sur des soupçons d'abus sexuels visant des enfants    Décès de Chef Kimo, figure de la gastronomie marocaine en ligne    Brazzaville et Dakar scellent un nouveau partenariat stratégique    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    Crowdfunding: la campagne de Mazaya pour soutenir les jeunes talents    Le FICAM® revient pour une 24e édition axée sur la jeunesse    Télévision : 2M dévoile son menu ramadanesque    Boxe : Imane Khelif reconnaît avoir suivi un traitement hormonal avant les JO de Paris 2024    IDE : le Maroc conforte son ancrage sur la carte industrielle mondiale    Décès du Chef Kimo, figure appréciée de la cuisine populaire    Nasser Bourita : «Sous le leadership de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc s'impose comme partenaire géostratégique fiable dans les minéraux critiques»    Marcel Dessailly : "La FIFA avait à cœur d'amener la Coupe du Monde au Maroc"    Brahim Diaz, victime collatérale de la refonte annoncée du Real Madrid ?    Al Nassr : Cristiano Ronaldo de retour à l'entraînement après sa grève, vers la fin du bras de fer ?    Réforme des avocats : Ouahbi écarte toute idée de crise    LabelVie réalise un résultat net de 594 millions de DH en 2025    Tourisme : afflux record des Indiens en 2025    Modernisation de l'agriculture et revitalisation rurale : pour la construction d'une puissance agricole    Production avicole : La FISA met en garde contre un déséquilibre structurel du secteur    Archives : Visa officiel pour le calendrier de conservation de la SNTL    Education : la plateforme TelmidTICE mobilisée face aux intempéries    Températures prévues pour vendredi 06 février 2026    Maroc-Espagne : Pedro Sánchez salue une coopération migratoire «exemplaire»    Koweït : le Maroc réélu membre du Comité exécutif de l'Organisation de la coopération numérique    Intempéries: la dépression Leonardo paralyse l'Andalousie et fait un mort au Portugal    New Start : la Chine ne participera pas à des discussions sur l'armement nucléaire "à ce stade"    Maroc – Chine : Une alliance stratégique portée par la convergence des modèles de développement    « Fête du Printemps chinois » : Rabat célèbre le Nouvel An chinois 2026    Le Maroc et l'Espagne sont liés par des relations culturelles enracinées (Ambassadeur d'Espagne au Maroc)    Borj Belkari : Renaissance d'un bastion historique à l'heure contemporaine    Le Maroc a gagné 14 places dans l'indice mondial « Government AI Readiness 2025 »    Minéraux critiques: Marco Rubio souligne le «rôle clé» du Maroc    Alger sous pression au Sénat américain après l'achat d'avions de combat russes    Affaire Epstein : Jack Lang refuse de quitter l'IMA et invoque une "naïveté" assumée    Sous le leadership de S.M. le Roi, le Maroc est clairement devenu une grande puissance du football mondial    « Bolt » chinois... Un robot humanoïde qui s'approche des limites de la vitesse humaine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Gouvernance publique : El Adaoui alerte sur les dérives d'interprétation
Publié dans Hespress le 03 - 02 - 2026

À la veille d'échéances électorales, la Cour des comptes a choisi de poser un cadre clair : ses missions relèvent de la discipline budgétaire, de l'amélioration de la gestion publique et de la crédibilité de l'action de l'État, non de la stigmatisation politique. Derrière les chiffres et les constats, le message est sans ambiguïté : le principal défi du Maroc n'est pas la corruption systémique, mais l'inefficacité persistante de certains programmes publics, qu'ils soient territoriaux ou sociaux.
Avant même de présenter le bilan de ses activités juridictionnelles, le Premier président de la Cour des comptes, Mme Zineb El Adaoui, a tenu à rappeler, ce mardi 3 février devant les deux Chambres du parlement, un principe fondamental : l'exercice du contrôle financier ne peut être détaché de son contexte institutionnel et politique.
À l'approche de prochaines échéances électorales, elle a mis en garde contre toute lecture biaisée ou exploitation irresponsable des travaux de la Cour et ses antennes régionales. Cette mise au point n'est pas anodine. Elle traduit la volonté de préserver la crédibilité des institutions de contrôle, d'éviter l'amalgame entre erreur de gestion et corruption, et de recentrer le débat public sur l'essentiel : la qualité de la gestion des deniers publics et l'impact réel des politiques publiques sur les citoyens et les territoires.
© Mounir Mehimdate
Discipline budgétaire : clarifier pour éviter les amalgames
Mme El Adaoui a été catégorique : les affaires relevant de la discipline budgétaire et financière concernent, dans leur grande majorité, des erreurs de gestion et ne portent pas atteinte à l'intégrité des personnes mises en cause. Les juridictions financières se situent dans un espace distinct de la justice pénale, avec pour mission principale l'amélioration de la gestion publique et la prévention des dysfonctionnements. Les chiffres présentés illustrent cette réalité : sur plusieurs milliers de plaintes reçues entre 2024 et 2025, moins de 2 % ont donné lieu à des procédures de discipline budgétaire et financière, et moins de 1 % à des transmissions à la justice pénale.
Cette précision vise à contrer une perception largement répandue assimilant toute mission de contrôle à un audit de crimes financiers. Une telle perception, a souligné Mme El Adaoui, peut être aussi dommageable que la corruption elle-même lorsqu'elle est exagérée ou instrumentalisée. La Cour insiste ainsi sur la nécessité de replacer chaque dossier dans son cadre objectif, de respecter la procédure contradictoire et de distinguer clairement les fautes de gestion, souvent commises sans mauvaise foi, des infractions pénales avérées.
Le rôle préventif de la Cour et l'impact financier du contrôle
Au-delà de la sanction, la Cour des comptes revendique un rôle préventif et pédagogique. L'objectif est d'amener les administrations et les collectivités territoriales à corriger leurs pratiques avant que les dysfonctionnements ne s'aggravent. Cette approche s'est traduite par un impact financier estimé à plus de 629 millions de dirhams, résultant des mesures correctives prises par les organismes publics à la suite des observations de la Cour, souvent avant même l'engagement de procédures juridictionnelles.
Les constats récurrents mettent en évidence des faiblesses structurelles persistantes : insuffisance des dispositifs de contrôle interne, absence de gestion des risques, mauvaise application des règles de dépenses publiques ou encore déficits de supervision. Pour la Cour, ces lacunes ne relèvent pas d'une logique de prédation, mais d'un problème de gouvernance et de compétences, qui appelle des réformes organisationnelles et une montée en capacité des acteurs publics.
© Mounir Mehimdate
Développement territorial : des investissements sans impact suffisant
Sur le terrain du développement territorial, le diagnostic est sévère. Mme El Adaoui a rappelé que la réussite de la mise à niveau des territoires repose sur plusieurs conditions essentielles, notamment la qualité de l'élaboration des programmes, l'existence de diagnostics territoriaux précis et la définition d'objectifs mesurables. Or, le taux de réalisation des projets inscrits dans les contrats-programmes conclus entre l'État et les régions sur la période 2020-2022 n'a pas dépassé 9 %.
Les causes de ces contre-performances sont multiples : faible coordination entre les intervenants, retards dans les études techniques, difficultés de mobilisation du foncier et disparités importantes dans les capacités de gestion des acteurs territoriaux. À cela s'ajoute une négligence fréquente des questions d'exploitation et de maintenance des infrastructures, compromettant durablement l'atteinte des objectifs initiaux, en particulier dans les zones rurales et montagneuses.
Protection sociale : une couverture élargie, une soutenabilité fragile
Enfin, la Cour des comptes a consacré une part importante de son analyse au chantier de la protection sociale, et en particulier à l'Assurance Maladie Obligatoire. Si près de 31,94 millions de personnes sont enregistrées, seuls 25,6 millions disposent de droits ouverts effectifs, soit une couverture réelle d'environ 70 %. Les déséquilibres financiers sont préoccupants : les dépenses ont augmenté de 83 % entre 2022 et 2024, alors que les ressources n'ont progressé que de 36 %.
Certains régimes enregistrent des déficits persistants, tandis que le régime « AMO Tadamon » voit son ratio dépenses/contributions atteindre des niveaux menaçant sa viabilité à moyen terme. La Cour appelle ainsi à une refonte des mécanismes de ciblage, à la mobilisation de financements durables et à l'accélération de la mise à niveau des établissements hospitaliers publics, qui ne représentent encore qu'une part marginale des dépenses remboursées.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.