L'interpellation d'un animateur pédagogique exerçant dans plusieurs écoles primaires de la région de Belfort, dans l'est de la France, a provoqué une vive inquiétude au sein de la communauté marocaine résidant dans le pays. L'individu est soupçonné d'être impliqué dans de présumées agressions sexuelles sur des mineurs, dont plusieurs enfants marocains. Mme Jelouaje, mère de deux fillettes marocaines, qui affirme s'exprimer au nom d'au moins dix familles marocaines dont les enfants auraient été exposés à des comportements jugés suspects de la part de l'animateur aujourd'hui placé en garde à vue, nous confie que les premières alertes n'avaient pas immédiatement suscité de soupçons sérieux, dans la mesure où il s'agissait au départ de récits circulant entre parents. Les inquiétudes se sont toutefois accrues avec l'apparition de signes psychologiques préoccupants chez plusieurs enfants, notamment des troubles du sommeil, une anxiété marquée et une peur soudaine d'aller à l'école, ajoute-t-elle. L'animateur concerné, affirme la maman, enseignait l'informatique et intervenait dans trois établissements scolaires différents. Il dispensait également des cours de soutien individuels, en particulier à des enfants issus de familles immigrées, sous prétexte de les aider à améliorer leur maîtrise de la langue française. Elle relève en outre que des observations internes auraient déjà été formulées par certains membres du corps éducatif au sujet du comportement de l'enseignant. Toutefois, selon elle, ces signalements auraient donné lieu uniquement à des mesures administratives internes, sans saisine de la police ni ouverture de procédure judiciaire. L'animateur aurait ainsi poursuivi son activité « comme si de rien n'était » pendant plusieurs jours, jusqu'à ce qu'une élève rompe le silence et informe sa famille de faits inappropriés, encourageant ensuite d'autres enfants à témoigner de situations similaires. Les familles concernées redoutent d'autant plus la gravité des faits que plusieurs victimes potentielles seraient très jeunes, parfois non francophones, et issues de familles marocaines récemment installées en France, ce qui les aurait rendues plus vulnérables, notamment lors des séances de soutien organisées sans la présence d'autres adultes. Certaines familles indiquent avoir constaté, par le passé, des changements inquiétants dans le comportement de leurs enfants, tels que le refus d'aller à l'école ou des plaintes physiques récurrentes, sans parvenir à en identifier la cause réelle. D'après la même source, ce sont finalement les parents d'élèves qui ont pris l'initiative de saisir la police, les directions des établissements s'étant abstenues, selon eux, d'effectuer un signalement officiel. L'interpellation du suspect ne serait intervenue qu'après cette démarche directe des familles. Depuis l'éclatement de l'affaire, les parents dénoncent également des obstacles administratifs préoccupants, notamment en ce qui concerne le droit des enfants à un examen médical. Ils évoquent un enchevêtrement de procédures entre les hôpitaux et les services de police, certains exigeant le dépôt préalable d'une plainte pour délivrer un certificat médical, tandis que d'autres conditionnent l'enregistrement de la plainte à la présentation de ce même certificat. Une situation que les familles décrivent comme une « impasse administrative », susceptible de porter atteinte aux droits des enfants et d'aggraver leur détresse psychologique. Face à cette situation, les familles marocaines concernées appellent à une intervention urgente du Consulat général du Maroc en France, afin d'assurer un accompagnement juridique et humain, de faciliter l'accès aux examens médicaux et au soutien psychologique, de fournir une assistance linguistique et de coordonner avec les autorités françaises compétentes pour garantir la protection des enfants et la préservation des preuves. Les familles insistent sur le fait que les enfants marocains résidant à l'étranger ne sauraient être considérés comme des citoyens de seconde zone, rappelant que la protection de leur intégrité physique et psychologique constitue une responsabilité partagée qui ne tolère aucune négligence. De son côté, le parquet de Belfort, cité par la presse locale, a indiqué que le suspect, qui était jusqu'alors « totalement inconnu de la justice », a été mis en examen mercredi pour « agression sexuelle sur mineur de 15 ans » et placé sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique. Il lui est interdit d'entrer en contact avec les victimes, de paraître dans les deux établissements scolaires où il intervenait, et d'exercer une activité avec les mineurs. « L'enquête avance mais nous devons mener les investigations à un rythme particulier car les victimes présumées sont des enfants parfois très jeunes. Des enquêteurs spécialisés dans ce genre d'affaires ont été dépêchés », a-t-il expliqué.