Le Maroc a réaffirmé son engagement en faveur d'une stratégie globale pour l'éradication du travail des enfants, articulée autour de la prévention, de la protection et du renforcement législatif. Cette position a été défendue mercredi à Marrakech par Younes Sekkouri, ministre de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences. Lors de la cérémonie d'ouverture de la 6e Conférence mondiale sur l'élimination du travail des enfants, il a souligné que le projet sociétal marocain considère l'enfance non seulement comme une étape du développement, mais comme un véritable capital de valeurs, essentiel à la justice sociale et au respect des droits humains. Cette politique volontariste a produit des résultats tangibles, marqués par une baisse significative du nombre d'enfants au travail. Ce recul atteint environ 60 % entre 2017 et 2024 et 30 % sur la période plus récente de 2021 à 2024. Aujourd'hui, ce fléau ne concerne plus que moins de 1,3 % de l'ensemble des enfants. Sur le plan juridique, le Maroc a ratifié les principales conventions internationales, dont la Convention relative aux droits de l'enfant et les conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT) concernant l'âge minimum et les pires formes de travail des enfants. L'arsenal législatif national a été harmonisé en conséquence, avec une interdiction stricte du travail pour les moins de 15 ans et un contrôle renforcé interdisant les tâches dangereuses pour les 15-18 ans. Par ailleurs, un cadre spécifique a été adopté pour protéger les travailleuses et travailleurs domestiques, complété par une loi relative à la lutte contre la traite des êtres humains. Pour l'avenir, le ministre a insisté sur la consolidation de ces acquis via le développement des politiques sociales, le soutien aux familles vulnérables et l'élargissement de l'accès à l'éducation. Younes Sekkouri a plaidé pour une transition des méthodes actuelles vers une vision plus ambitieuse, déclarant que nous avons besoin aujourd'hui de passer d'approches techniques à une « approche courageuse », faisant de l'élimination du travail des enfants une véritable priorité des politiques publiques. Il a qualifié cette mobilisation d'engagement moral nécessaire pour garantir l'avenir des sociétés. Organisée par le ministère de l'Inclusion Économique en partenariat avec l'OIT, cette conférence se poursuit jusqu'au 13 février. Elle réunit gouvernements, partenaires sociaux et société civile pour dresser le bilan des actions menées depuis la conférence de Durban en 2022. L'objectif final est de renforcer la coopération internationale, d'assurer la cohérence des politiques publiques et d'encourager de nouveaux engagements, notamment à travers la Coalition mondiale pour la justice sociale.