Le dernier baromètre des risques publié par Coface confirme la solidité de la trajectoire économique marocaine. Entre redressement agricole, investissements massifs liés au Mondial 2030 et dynamisme soutenu des services, le Royaume consolide ses fondamentaux dans un contexte international incertain. Dans son son dernier « Baromètres des risques », consacré aux risques pays et sectoriels, le groupe Coface dresse un tableau globalement favorable de l'économie nationale. La croissance devrait atteindre 4,4 % en 2026, après 4,6 % en 2025, un rythme supérieur à la moyenne régionale et qui confirme la résilience du modèle marocain. Cette performance intervient pourtant dans un environnement mondial marqué par la persistance des tensions commerciales, la fragmentation géoéconomique et le ralentissement attendu du commerce international. Malgré ces vents contraires, le Maroc semble bénéficier d'un socle interne plus robuste, basé sur la diversification progressive de ses sources de croissance. Des investissements structurants à l'horizon 2030 La construction apparaît comme le principal moteur pour les prochaines années. Les préparatifs de la Coupe du monde 2030 stimulent fortement l'investissement public et privé dans les infrastructures stratégiques : modernisation et extension des lignes ferroviaires, développement des capacités aéroportuaires, construction et réhabilitation de stades, mais aussi requalification urbaine. Ces projets structurants devraient produire des effets d'entraînement significatifs sur l'emploi, les matériaux de construction, les services d'ingénierie et l'ensemble des chaînes de valeur connexes. À moyen terme, ils contribueront également à renforcer l'attractivité territoriale du pays. En parallèle, la production agricole se redresse progressivement. Les conditions climatiques favorables enregistrées au second semestre 2025 ont permis d'améliorer les rendements, soutenant la valeur ajoutée du secteur après plusieurs campagnes marquées par l'irrégularité pluviométrique. Un niveau inédit d'arrivées touristiques Le tourisme constitue un autre pilier majeur de cette dynamique. Le Maroc a accueilli près de 20 millions de visiteurs en 2025, un niveau historique. Selon Coface, cette performance devrait se prolonger en 2026, confirmant la place du secteur comme source essentielle de devises, d'emplois et de rayonnement international. Les services financiers poursuivent également leur expansion, le Royaume étant de plus en plus perçu comme un hub régional crédible vers l'Afrique, notamment grâce à la montée en puissance de ses plateformes bancaires et assurantielles. En revanche, le secteur manufacturier devrait connaître un ralentissement relatif. La faiblesse persistante de la demande automobile en Europe pourrait peser sur certaines exportations industrielles marocaines, limitant temporairement la contribution du segment industriel à la croissance globale. Sur le plan macroéconomique, l'inflation demeure contenue, offrant à la banque centrale une marge de stabilité monétaire. Cette situation favorise à la fois la consommation des ménages et l'investissement des entreprises. Au-delà des chiffres, ce baromètre met surtout en lumière une phase de transition dans le modèle de croissance marocain. La dynamique actuelle ne repose plus uniquement sur des cycles agricoles ou des impulsions ponctuelles, mais sur un repositionnement progressif autour des infrastructures, des services et de l'attractivité internationale. Les investissements liés à 2030 jouent ici un rôle d'accélérateur, mais aussi de test : leur capacité à générer un effet durable sur la productivité et l'emploi déterminera l'impact réel de cette séquence. Dans un environnement mondial fragmenté, la consolidation de nouveaux relais industriels et logistiques constituera l'enjeu central des prochaines années.