Malgré un environnement de marché complexe, Renault Group affiche en 2025 des résultats globalement solides, portés par la croissance de ses ventes, une bonne rentabilité opérationnelle et une forte génération de trésorerie. Toutefois, les comptes du constructeur sont lourdement affectés par des éléments exceptionnels liés à sa participation dans Nissan. Le chiffre d'affaires du groupe atteint 57,9 milliards d'euros, en hausse de 3 % (+4,5 % à taux de change constants). Cette progression est soutenue par la dynamique de ses trois marques — Renault, Dacia et Alpine — ainsi que par le déploiement de sa stratégie internationale et l'électrification de sa gamme. La marge opérationnelle s'établit à 3,6 milliards d'euros, soit 6,3 % du chiffre d'affaires, confirmant la capacité du groupe à maintenir un bon niveau de rentabilité dans un contexte concurrentiel tendu. Côté commercial, Renault Group a écoulé plus de 2,3 millions de véhicules dans le monde (+3,2 %), avec une surperformance par rapport au marché global. En Europe, le groupe figure sur le podium des constructeurs, tandis que Dacia confirme son succès auprès des particuliers, portée notamment par la Sandero, voiture la plus vendue sur le continent. Le groupe accélère sa transition énergétique avec une forte progression des ventes de véhicules électrifiés. Les modèles électriques enregistrent une hausse de plus de 77 %, tandis que les hybrides progressent de 35 %. Cette dynamique est notamment tirée par de nouveaux modèles comme la Renault 5 électrique ou encore les offres hybrides, renforçant le positionnement du groupe sur un marché en pleine mutation. Malgré ces performances opérationnelles, Renault affiche une perte nette de 10,9 milliards d'euros. Celle-ci s'explique principalement par des impacts comptables liés à Nissan, dont une perte non cash de 9,3 milliards d'euros et une contribution négative des entreprises associées. Hors ces éléments exceptionnels, le groupe reste bénéficiaire, avec un résultat net ajusté positif. Renault conserve néanmoins une structure financière solide, avec un free cash-flow automobile de 1,5 milliard d'euros et une position nette de trésorerie record à 7,4 milliards d'euros. Le groupe prévoit par ailleurs le versement d'un dividende de 2,20 euros par action, soumis à l'approbation des actionnaires en avril 2026. Pour 2026, Renault table sur une marge opérationnelle autour de 5,5 % et un free cash-flow d'environ 1 milliard d'euros, dans un contexte toujours incertain. Le constructeur entend poursuivre son offensive produit, notamment sur les véhicules électriques et hybrides, tout en accélérant son développement à l'international, avec des marchés clés comme l'Amérique latine, la Corée du Sud ou encore le Maroc. À moyen terme, Renault vise une rentabilité comprise entre 5 % et 7 % et un free cash-flow supérieur à 1,5 milliard d'euros par an, avec l'ambition de renforcer durablement sa compétitivité et sa résilience. En dépit d'un impact exceptionnel lié à Nissan, Renault Group démontre ainsi la solidité de ses fondamentaux et affiche sa volonté de s'inscrire dans une trajectoire de croissance durable, portée par l'innovation et la transition énergétique.