Les classes préparatoires marocaines dominent largement le classement des meilleures classes préparatoires étrangères qualifiant pour les concours d'accès aux grandes écoles françaises, selon un palmarès publié ce mercredi par le quotidien français Le Figaro. C'est une tendance observée depuis plusieurs années : le système éducatif marocain, et plus particulièrement son pôle d'excellence, rayonne de manière spectaculaire au-delà de ses frontières. Selon de récentes données analysant les performances des établissements étrangers aux concours d'entrée des Grandes Écoles françaises, les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE) du Maroc se hissent incontestablement au sommet. Ce classement met en lumière une réalité frappante : les étudiants marocains ne se contentent plus de participer à ces concours extrêmement sélectifs, ils les dominent largement. Le baromètre principal de cette réussite s'appuie sur les résultats d'intégration à la mythique École Polytechnique (souvent surnommée « l'X »), qui demeure le symbole absolu de l'élitisme et de la sélectivité académique en France. Dans le domaine des sciences fondamentales et de l'ingénierie, les lycées marocains affichent des statistiques impressionnantes, reléguant de nombreux autres établissements internationaux au second plan. La filière d'excellence par excellence, qui regroupe les classes de Mathématiques-Physique (MP) et Physique-Technologie (PT), voit le Lycée d'Excellence Mohammed VI (Lydex) de Benguérir trôner à la première place mondiale. Ce fleuron de l'éducation a réussi l'exploit de placer 17,7 % de ses étudiants à l'École Polytechnique au cours des trois dernières années. Un chiffre vertigineux qui témoigne d'une préparation académique hors normes. Le podium des meilleures prépas scientifiques est par ailleurs entièrement marocain. Il est complété par le Lycée Méditerranéen (Lymed), situé à Tétouan, qui affiche un taux d'admission de 8,8 %, suivi de très près par le Lycée Al Zahrawi de Rabat avec 7 %. Ces pourcentages, dans le contexte d'un concours où chaque place est chèrement disputée par des milliers de candidats brillants venus du monde entier, sont tout bonnement exceptionnels. La profondeur de ce vivier de talents est confirmée par la présence en force d'autres établissements historiques et prestigieux dans le top 10. On y retrouve notamment le Lycée Moulay Idriss de Fès, le Lycée Ibn Timiya de Marrakech, ainsi que les lycées casablancais Mohammed V et le Lydex Casablanca. Le Lycée Ibn Ghazi de Rabat s'illustre également par des taux d'accès particulièrement remarquables enregistrés pour les concours de 2026. Si les mathématiques et la physique sont historiquement des points forts du système marocain, les filières économiques et commerciales ne sont pas en reste. Les données révèlent une hégémonie marocaine tout aussi marquée dans la préparation aux grandes écoles de management françaises (telles que HEC, l'ESSEC ou l'ESCP). Dans la filière Économique et Commerciale voie Générale (ECG), c'est le secteur privé qui s'illustre avec le groupe scolaire La Résidence de Casablanca, qui s'empare de la première place. Ce dernier affiche un bilan de 19 candidats admis dans les écoles françaises, concrétisé par 14 intégrations effectives. L'excellence de ce groupe est telle que son annexe, La Résidence Bouskoura, décroche la deuxième place du palmarès, juste devant le Lycée Ibn Ghazi (Rabat) qui vient clore ce trio de tête. La tendance se poursuit et se renforce dans la filière Économique et Commerciale voie Technologique (ECT). L'École Supérieure de Technologie, d'Économie et de Management (ESTEM), basée à Casablanca, domine le classement avec 36 candidats admis et 33 intégrations, une performance de haut vol qui la place devant les différentes antennes du groupe La Résidence. Comment expliquer une telle omniprésence des établissements marocains au sommet de la hiérarchie mondiale ? Ce succès n'est pas le fruit du hasard, mais plutôt le résultat d'une politique éducative ciblée, d'un encadrement de pointe et d'un investissement humain considérable. Le Royaume accorde en effet une importance capitale au système des CPGE, considéré comme un véritable ascenseur social et un creuset de l'élite de demain. Chaque année, ce sont près de 10 000 élèves qui intègrent ces classes préparatoires réparties sur l'ensemble du territoire national. Ces étudiants ne sont pas choisis au hasard : ils représentent l'élite absolue des lycéens marocains, rigoureusement sélectionnés sur la base de dossiers scolaires irréprochables et de résultats exceptionnels au baccalauréat. Une fois intégrés, ces jeunes talents sont soumis à un rythme de travail intense et exigeant, encadrés par un corps professoral hautement qualifié et dévoué à leur réussite. La synergie entre la détermination inébranlable des étudiants, le soutien de leurs familles, et la rigueur du système pédagogique marocain crée un environnement propice à l'excellence. Ces résultats confirment de manière éclatante que le modèle marocain des classes préparatoires a atteint sa pleine maturité, capable non seulement de rivaliser avec les meilleurs systèmes internationaux, mais surtout de les surpasser brillamment.