La prochaine session de dialogue entre le gouvernement et les centrales syndicales abordera la question de la hausse des salaires, selon des membres des principales centrales syndicales représentatives. Celles-ci ont rappelé que les vagues inflationnistes ont balayé les précédentes hausses salariales. Estimant que « le gouvernement n'a pas respecté le calendrier du dialogue social convenu et signé avec la centrale syndicale », Mohamed Haitoum, membre du secrétariat national de l'Union marocaine du travail (UMT), a rappelé l'importance de cette session, puisqu'elle constitue l'étape qui détermine les augmentations attendues en avril à travers les mécanismes de la loi de finances. Il a déclaré à ce titre que « la session de septembre dernier ne s'est pas tenue et aucune invitation officielle n'a été adressée pour entamer ce dialogue ou le remplacer », d'où la nécessité d'aborder la question de l'augmentation salariale au prochain rendez-vous du dialogue social avec l'exécutif. La prochaine session devrait se tenir le mois prochain dans un contexte de hausse exagérée du coût de la vie, devenu un problème majeur pour les ménages. Des dirigeants syndicaux ont averti que la dernière hausse salariale « n'est plus suffisante pour faire face à la hausse des prix et qu'elle est devenue un acquis sans réel effet actuellement ». Les syndicalistes ont rappelé la difficulté de la mission, surtout qu'elle intervient à l'approche des élections législatives attendues pour septembre prochain. Mohamed Haitoum a estimé que celui qui n'a pas respecté l'échéance de septembre « ne devrait pas présenter quelque chose de concret lors de la prochaine session d'avril. Le gouvernement n'a pas tenu ses promesses ni respecté ses engagements précédents », ce qui rend, selon lui, les attentes quant aux résultats du prochain dialogue presque nulles. Le même syndicaliste a également indiqué que « les augmentations salariales obtenues auparavant ont été totalement effacées par la hausse vertigineuse des prix au Maroc. Ces acquis sont devenus sans effet réel, alors que le gouvernement continue d'ignorer les revendications de nouvelles augmentations ». Il a conclu en critiquant la détermination du gouvernement à faire passer des lois qu'il a qualifiées d'« injustes » à l'égard de la classe ouvrière, comme la loi sur la grève et d'autres textes, considérant le temps restant du mandat du gouvernement, en l'absence de respect des engagements, comme un « temps additionnel » sur le plan politique. Pour sa part, Younes Firachine, membre du bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT), a déclaré que cette session constitue « le véritable test de la volonté du gouvernement de gérer sérieusement les dossiers sociaux actuels ». Ainsi, il a rappelé que « le gouvernement est tenu de respecter l'ensemble de ses engagements accumulés, notamment ceux relatifs aux statuts des corps communs », soulignant la nécessité d'institutionnaliser le dialogue social et de mettre en œuvre les engagements sectoriels à tous les niveaux territoriaux et institutionnels. Il a rappelé que les engagements pris par l'exécutif attendent toujours d'être mis en œuvre alors qu'il approche de la fin de son mandat. Rejoignant l'autre intervenant, le syndicaliste a estimé que les récentes augmentations salariales « ne sont plus utiles, leur effet ayant été totalement absorbé par les hausses successives des prix », précisant que le pouvoir d'achat des citoyens a été fortement affecté par cette vague inflationniste. Il a révélé que le taux d'inflation cumulé au Maroc a dépassé les 15 %, ce qui a fait perdre aux acquis financiers précédents leur valeur réelle face à la cherté de la vie. Cette hausse continue de l'inflation place la classe ouvrière face à des défis économiques et sociaux particulièrement difficiles. Younes Firachine a conclu en soulignant que l'amélioration des revenus est devenue une nécessité urgente qui ne peut être reportée, afin de faire face aux conséquences de l'inflation élevée et de garantir des conditions de vie dignes aux salariés, appelant le gouvernement à prendre des mesures concrètes et immédiates pour rétablir l'équilibre du pouvoir d'achat, mis à mal par la flambée des prix.