Le Maroc a réaffirmé, par la voix d'une source diplomatique, les fondements constants de sa politique à la suite des récentes attaques menées samedi par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (branche d'Al-Qaïda au Sahel), avec l'appui de ses alliés séparatistes touaregs, contre des positions de l'armée malienne dans une tentative de contrôle de régions du nord du pays (Kidal, Gao et Sévaré). Le Royaume a ainsi condamné clairement et fermement le terrorisme, exprimé sa solidarité totale avec l'État malien, ses institutions et son peuple, et renouvelé son engagement en faveur de la stabilité et de l'intégrité territoriale de ce pays. Rabat a ainsi adopté une position sans ambiguïté : la souveraineté est une ligne rouge et la lutte contre le terrorisme ne souffre aucune équivoque. La position du Maroc ne s'est pas limitée à condamner ces attaques terroristes, qui ont entraîné la mort du ministre malien de la Défense lors d'une attaque revendiquée par le même groupe près de Bamako ; il a également affirmé son soutien aux autorités maliennes dans leurs efforts pour lutter contre les mouvements terroristes et les organisations séparatistes, au Mali comme dans l'ensemble de la région du Sahel. Ce positionnement va dans la continuité de sa politique étrangère, qui est incarnée notamment par les déclarations du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui avait affirmé en juin 2024 lors d'une rencontre à Rabat avec son homologue burkinabè que « le Maroc ne donne pas de leçons aux pays du Sahel et s'est toujours opposé aux tentatives en ce sens de certains États voisins ». Il avait également souligné que le Maroc privilégie une politique d'accompagnement, de partage et de suivi, et non une logique d'ingérence, se disant prêt à partager son expertise pour soutenir les programmes internes de ces pays, loin de toute surenchère. Si cette logique de retenue caractérise l'approche marocaine vis-à-vis du Mali et des pays du Sahel, elle contraste avec celle de l'Algérie, qui a vu dans ces attaques une opportunité de mener une offensive médiatique contre les autorités de Bamako, lesquelles accusent Alger de soutenir des mouvements armés dans le nord du pays via une frontière commune de plus de 1 300 km. Des campagnes médiatiques coordonnées ont ainsi été lancées, présentant le Mali comme un État affaibli, aux choix erronés et au bord de l'effondrement. Cette offensive médiatique, appuyée par des réseaux numériques favorables aux thèses séparatistes au sud du Maroc et au nord du Mali, s'inscrit dans le contexte de la crise politique entre Alger et Bamako, exacerbée depuis que les autorités maliennes, dirigées par le général Assimi Goïta, ont annoncé la dénonciation de l'« Accord d'Alger » de 2015, conclu avec des groupes armés du nord. L'Algérie, qui considérait cet accord comme un levier d'influence régionale, n'a pas accueilli favorablement cette décision, d'autant plus qu'elle ambitionnait de combler le vide laissé par le retrait français du Mali en août 2022. Elle a ainsi mis en garde contre les conséquences sécuritaires de cette décision, alors que Bamako cherche désormais de nouveaux partenariats en dehors du cadre algérien. Selon plusieurs observateurs, l'Algérie peine à accepter l'émancipation de pays relevant historiquement de sa sphère d'influence, notamment ceux partageant de longues frontières avec elle. Cela s'est traduit par une intensification des campagnes médiatiques et psychologiques visant à fragiliser les autorités maliennes, notamment à travers la diffusion de rumeurs et l'exagération des pertes militaires. Ce positionnement s'inscrit également dans un contexte de transformations régionales majeures, notamment le rapprochement entre le Maroc et le Mali, illustré par le retrait par Bamako de sa reconnaissance de la « RASD » et son orientation vers un partenariat renforcé avec Rabat. La campagne médiatique algérienne a par ailleurs tenté d'établir un parallèle entre la question du Sahara marocain et celle de l'Azawad, une comparaison jugée infondée et contraire aux références juridiques internationales. En effet, la question du Sahara est désormais abordée dans le cadre de l'initiative d'autonomie, reconnue par le Conseil de sécurité comme une solution sérieuse et crédible. À l'inverse, la situation dans la région de l'Azawad se caractérise par une forte imbrication entre mouvements séparatistes et groupes terroristes, comme l'illustrerait la coordination revendiquée entre le JNIM et des factions liées à l'« Azawad ». Les analystes s'accordent à dire que toute forme de coopération opérationnelle ou logistique entre groupes séparatistes armés et organisations terroristes constitue une menace majeure, transformant des conflits locaux en foyers d'instabilité susceptibles de déborder au-delà des frontières et de menacer la sécurité régionale. Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme un partenaire fiable pour les pays africains, notamment le Mali, dans la lutte contre le terrorisme et la préservation de leur intégrité territoriale. À l'inverse, certains acteurs continuent d'alimenter les dynamiques séparatistes ou d'instrumentaliser ces crises à des fins politiques, au premier rang desquels figure le régime algérien, régulièrement pointé du doigt dans les crises sécuritaires au Sahel. La situation au Mali dépasse désormais le cadre d'une crise ponctuelle et met en lumière le rôle réel de chaque acteur régional : entre ceux qui contribuent à la stabilité et ceux qui participent à l'aggravation des tensions.