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Quelle est la véritable stratégie américaine pour lutter contre le terrorisme en Afrique?
Publié dans Hespress le 10 - 06 - 2019

La capitale burkinabé, Ouagadougou abrite, courant juin, un Forum des médias d'Afrique sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme. L'occasion de débattre de la nouvelle stratégie américaine pour l'Afrique, initiée par le conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton. Selon les promoteurs de cet événement, la stratégie américaine « utilise le continent comme champ de bataille pour s'opposer au renforcement des positions de la Chine et de la Russie ».
Selon The Intercept, un magazine américain d'investigation, les Américains sont présents dans toutes les régions de crise du continent, où ils ont créé « un réseau tentaculaire ». Il s'agit d'une présence militaire discrète, mais massive. Même s'ils annoncent une présence mesurée, destinée à être réduite, The Intercept démontre que ce n'est qu'une réorganisation stratégique.
"Visiblement, le continent africain est stratégique pour les intérêts des Etats-Unis face à la concurrence de la Chine (qui ne possède qu'une seule base à Djibouti) et de la Russie", explique The Intercept.
Malgré les propos de Donald Trump sur les « pays de merde »... Le magazine en ligne fait ainsi des révélations en se basant sur des documents qu'il a pu consulter en vertu du Freedom of Information Act.
Deuxième théâtre des opérations américaines après le Moyen-Orient, l'Afrique abrite 34 sites militaires américains avec un intérêt stratégique pour les bases de drones.
L'un des projets de la «guerre contre le terrorisme» dont l'administration Obama a hérité de l'administration Bush était le Commandement des Etats-Unis pour l'Afrique, ou AFRICOM.
Au moment où Donald Trump a accédé à la présidence en 2016, l'AFRICOM était devenu un monstre de 250 millions de dollars. Une grande partie de la politique de l'AFRICOM consiste à entraîner les forces locales en se concentrant sur la «lutte contre le terrorisme».
A l'exception de l'Egypte, l'ensemble du continent relève de la compétence de l'AFRICOM. Etabli en 2007, AFRICOM était responsable de l'intervention en Libye en 2011 qui a soutenu la révolte contre le gouvernement de Mouammar Kadhafi.
Les troupes d'AFRICOM étaient aussi impliquées dans la lutte contre les insurrections islamistes en Libye, au Mali et au Tchad les années suivantes.
En 2018, Trump a donné carte blanche à la CIA pour étendre la guerre par drones à toute l'Afrique. Djibouti, un élément central de la stratégie, abrite le plus grand complexe connu de drones américains dans le monde, ainsi que la base américaine phare de l'AFRICOM, Camp Lemonnier, un ancien avant-poste de la Légion étrangère française.
La base héberge 4.000 membres du personnel américain et allié et est proche d'une base de la marine de l'Armée de libération chinoise, qui comprend 400 personnes.
Ouverture au Niger de la plus grande base militaire au monde
Pour importante que soit, la base djiboutienne pourrait être supplantée par une autre base à ouvrir au Niger, ce sera la plus grande base au monde, le nouveau joyau militaire américain en Afrique.
Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest très stratégique, le commandement américain peut compter sur cinq bases dont deux centres de coopération à la sécurité. La mort de quatre soldats américains en octobre 2017, dans une embuscade à la frontière malienne, a mis au jour la présence militaire des Etats-Unis à Agadez, Ouallam, Arlit ainsi que la base 101 d'opérations spéciales, connectée à l'aéroport international de Diori Hamani.
Au Niger, apparemment le pays le plus important de la région pour les USA, ils possèderaient « cinq implantations ». Rien que sur le site d'Agadez (ouest), ils auraient investi « plus de 250 millions de dollars » (219 millions d'euros).
Selon le site spécialisé Opex.360, «les forces américaines disposent de centaines d'hommes dans la bande sahélo-saharienne, notamment sur la base d'Agadez, au Niger».
Pour Intercept, qui cite un porte parole de l'US Air Force, «cette base, qui fait partie de l'expansion américaine en Afrique, est la plus onéreuse construction de bases jamais entreprise par les forces aériennes américaines».
La présence américaine au Niger, déjà importante, «s'est élargie ces dernières années à une force de 800 hommes qui accompagne les troupes nigériennes dans la collecte de renseignements et dans d'autres missions», rappelle aljazeera.com qui ajoute que «les drones MQ-9 qui volent actuellement à Niamey seront finalement déplacés vers la base aérienne 201, qui est en cours de construction à Agadez, au bord du désert du Sahara».
Deux autres « positions d'urgence » (« contingency locations ») seraient installées au Mali. Il y aurait aussi des sites US au Cameroun, notamment à Douala, pour combattre Boko Haram.
On trouverait d'autres installations américaines au Gabon (Libreville), au Ghana (Accra), au Tchad, au Sénégal. Le site sénégalais, en l'occurrence la base aérienne Capitaine Andalla Cissé à Dakar, aurait, de par sa position, une importance stratégique particulière.
Installation d'une base militaire américaine au Ghana
Même configuration en Afrique de l'Ouest à Dakar et Bamako, avec respectivement un et deux sites destinés à des redéploiements stratégiques. Le tollé qui a accueilli le projet d'installation d'une base militaire américaine au Ghana a sans doute poussé les Américains à maintenir à Accra une escadre de coopération.
A l'Est du continent, la Somalie est apparemment la tête de pont de la présence américaine sur le continent. Selon The Intercept, ce pays « est la plaque-tournante en Afrique de l'Est » pour le transfert des militaires, comme des personnels fournis par les entreprises sous contrat avec le Pentagone, et l'évacuation des blessés. En mai 2018, le site Vice (cité par The Intercept) révélait que les Etats-Unis devaient y construire « au moins six nouveaux avant-postes ». Ils agrandiraient notamment « une ancienne piste d'atterrissage soviétique » à Baledogle pour en faire un site pouvant accueillir quelque 800 militaires. Il s'agit « du dernier exemple de la guerre de l'ombre croissante et controversée en Afrique ».
L'installation la plus importante des Etats-Unis sur le continent reste le Camp Lemonnier, une ancienne base de la Légion étrangère française, essentielle pour les opérations au Yémen et en Somalie, mais aussi contre la piraterie maritime dans la région. Selon The Intercept, le camp accueille « quelque 4000 militaires américains et alliés ».
D'après un responsable de l'Africom, ce serait « la principale plateforme utilisée par les forces américaines pour répondre à des situations de crises en Afrique ». Un autre exemple de cette « guerre de l'ombre » menée par les Etats-Unis. Une guerre discrète mais bien réelle...
Ailleurs sur le continent, les Américains disposent de sites en Somalie où ils comptent apporter une riposte à la menace des Shebabs avec leur base de drones, mais aussi leur présence à Baidoa, Bosaaso, Mogadiscio, Berbera, Kismayo, Baledogle. Le Kenya voisin accueille quatre bases à Mombasa, sur l'Ile de Manda, à Lakipia ou encore Wajir. La configuration est différente en Afrique du Nord où la présence américaine est en quelque sorte floutée. En Libye, les Etats-Unis sont présents sur trois sites sur lesquels ils ne communiquent pas. En Tunisie, ils ne conservent qu'une base de drones, la base aérienne de Sidi Ahmed.
En Afrique centrale, le Cameroun abrite une base américaine de drones à Garoua et des installations militaires à Douala, Maroua et Salak. Au Tchad, les Américains opèrent depuis une base de corps d'élite et de drones à N'Djamena, mais aussi depuis Faya Largeau. La présence est plus modeste au Gabon où ils ne disposent que d'un escadron pour la coopération militaire qui pourrait devenir un poste de commandement avancé.
Formellement, la tâche principale de l'armée américaine est la lutte contre le terrorisme. Toutefois, des experts pensent que les véritables intentions des Américains sont complètement différentes, car ils cherchent tout simplement à maintenir leur influence en Afrique et s'opposer au renforcement des positions de la Chine et de la Russie dans leur quête de développer une coopération multiforme avec les pays africains.


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