La décision est tombée discrètement, mais elle marque un tournant pour les prochaines missions américaines : les astronautes pourront désormais emporter des iPhone modernes lors des vols vers la Station spatiale internationale et durant Artemis II, la mission qui doit survoler la Lune. Une annonce qui surprend autant qu'elle révèle l'ampleur du décalage technologique qui persistait encore au sein de l'agence spatiale américaine, où le matériel photo dédié aux équipages n'avait pas dépassé... 2016. Le changement a été confirmé par Jared Isaacman, nouvel administrateur de la NASA, qui dit vouloir remettre en mouvement une machine devenue trop lourde. La certification d'un simple appareil pour l'espace exige un marathon d'essais — résistance aux radiations, tests thermiques, contrôles de dégazage, vibrations extrêmes. Des mesures indispensables dans un environnement où la moindre défaillance peut mettre en danger un équipage, mais qui, au fil des ans, ont fini par ralentir l'adoption de matériel pourtant standard dans la vie quotidienne. Isaacman assure avoir challengé des procédures poussiéreuses pour permettre l'intégration accélérée de smartphones récents sans renoncer aux exigences qui comptent vraiment. Ce feu vert est aussi une manière de moderniser l'expérience des astronautes. Les équipages d'Artemis II étaient jusqu'ici censés partir autour de la Lune avec un Nikon D5, un reflex sorti il y a dix ans, et des caméras embarquées vieillissantes. Désormais, ils pourront immortaliser leur voyage avec la qualité d'un iPhone dernier cri et partager des images plus spontanées, capables de reconnecter le public à l'exploration spatiale. Ce n'est pas la première fois qu'un smartphone vole, mais c'est la première fois que l'agence assume pleinement un usage personnel, loin des expérimentations limitées des navettes des années 2010. Dans les coulisses, la nouvelle fait grincer quelques dents, tant elle met en lumière le conservatisme technique qui freine encore certains projets. Mais elle est accueillie avec soulagement par ceux qui défendent une NASA plus agile, capable d'intégrer des technologies courantes sans passer par des cycles interminables. Pour Isaacman, ancien astronaute privé et figure de la nouvelle génération de vols commerciaux, c'est presque une évidence : si l'on veut maintenir une présence humaine durable autour de la Lune, il faut arrêter de voler avec une décennie de retard technologique. L'annonce devrait aussi avoir une résonance bien au-delà des orbites prévues pour Artemis II : un iPhone dans les mains d'astronautes filmant la Lune, ce sera inévitablement un moment fort pour le public. Et probablement un coup de projecteur inattendu — et gratuit — pour Apple, qui n'a rien eu à demander pour s'inviter dans la prochaine grande aventure spatiale américaine.