Comme en 2021 dans l'oasis d'El Arja, l'armée algérienne est intervenue cette fois-ci à Ksar Ich, dans la province de Figuig. Mercredi, des soldats algériens ont délimité unilatéralement les frontières, provoquant l'ire des habitants locaux. DR ‹ › Des éléments de l'armée algérienne se sont rendus dans la zone de Ksar Ich, province de Figuig, pour délimiter unilatéralement la frontière. Peu après, des membres des Forces armées royales (FAR) sont arrivés sur les lieux pour surveiller de près la situation. Dans une déclaration à Yabiladi, le militant Seddik Kabbouri explique que le statut de la zone frontalière n'avait pas été abordé dans le Traité de Lalla Maghnia, signé entre le Maroc et la France en 1845. Ce texte prévoit que la frontière devait s'étendre de Fort d'Agroud (actuellement Saidia) jusqu'à Teniat Sassi, laissant les zones du sud non définies au motif qu'il s'agissait de terres vides, y compris les zones adjacentes à Figuig. L'Algérie fonde ses actions unilatérales sur l'accord de 1972. Figuig : Les terres d'El Arja, propriétés privées ignorées par les accords maroco-algériens de 1972 Dans son deuxième article, l'accord référence à la création d'un «comité mixte maroco-algérien pour fixer directement les bornes de la frontière algéro-marocaine». L'article 6 ajoute qu'après la création de cette instance, «la partie souhaitant accélérer peut procéder à la pose des bornes selon la ligne frontalière décrite dans le premier article de ce traité, à condition que l'autre partie en soit informée». «Hier, l'armée algérienne est intervenue pour placer des bornes de délimiter la frontière et enlevant une clôture que les habitants avaient installée pour protéger leurs vergers contre les attaques de sangliers. Dans le nuit, l'armée a aussi tiré en l'air, comme une forme de célébration.» Seddik Kabbouri Un autre précédent à Figuig Militant des droits humains parmi les habitants de Ksar Ich, Allal Driss a déclaré pour sa part que l'armée algérienne avait commencé hier «à délimiter la frontière en plaçant des pierres et des sacs en plastique, en plus de retirer des fils protecteurs des vergers». Il a ajouté qu'ils avaient également «démoli le sanctuaire d'un saint nommé Sidi Brahim, en détruisant plusieurs tombes». «Il est regrettable et honteux que l'armée tire en l'air la nuit après la prière du soir, pensant qu'il s'agit d'une démonstration de victoire. En réalité, ce n'est qu'une expression de l'échec politique et moral.» Allal Driss Le militant a exprimé son regret en disant que le paradoxe réside dans le fait que «les pages de l'histoire et des archives témoignent que les régions orientales du Maroc, à commencer par Figuig et ses ksour, ont eu une place stratégique dans la guerre de libération algérienne». «Cette terre a accueilli les moudjahidines et leur a apporté un soutien. 62 ans après la fin de la colonisation française, l'armée algérienne n'est pas revenue sur ces terres pour remercier ses habitants de leur soutien et de leurs sacrifices, mais plutôt pour annexer des parties des oasis de Ich», dit encore le militant. Maroc – Algérie : La situation frontalière de Figuig du XIXe siècle à aujourd'hui Pour l'heure, aucun commentaire officiel n'a encore été fait par le Maroc ou l'Algérie. Toujours est-il que cette action unilatérale n'est pas la première du genre. En mars 2021, l'armée algérienne a contraint des propriétaires marocains à quitter leurs champs dans l'oasis d'El Arja, au nord de Figuig, prétendant qu'il s'agissait de terres algériennes.