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Petites bonnes : une enfance violée
Publié dans Jeunes du Maroc le 02 - 08 - 2004

Un sondage supervisé par le Haut Commissariat au plan a révélé l'ampleur du drame que vivent des milliers de petites filles employées de maison à un âge où elles devraient être en école maternelle. Maltraitées dans leur majorité, elles finissent souvent au trottoir. Une honte pour la société toute entière.
Petites bonnes, bonnes à tout faire. Entre vaisselle, ménage et garde d'enfants, les corvées pour ces fillettes sont longues et pénibles. Placées dès la petite enfance par leurs parents dans des familles, elles font office de domestiques. Souvent battues ou maltraitées, elles vivent dans des conditions précaires, ne voyant leur parent que le jour où celui-ci vient chercher la paie, souvent ridicule, et dont la petite fille ne jouit nullement.
L'écrasante majorité de ces domestiques sont analphabètes, leur non-scolarisation est due essentiellement au manque de moyens, au refus du tuteur, ou à l'éloignement de l'école.Ces dernières continuent d'entretenir des contacts avec leurs familles en recevant les visites de leurs parents, ou en rendant elles-mêmes visite à ces derniers. Les parents se rendent au ménage employeur essentiellement pour percevoir le salaire de leur fille, mais se déplacent rarement pour s'enquérir de ses conditions de vie. En plus des travaux ménagers, la majorité de ces filles se chargent également des courses. Les filles domestiques sont les premières à se lever et les dernières à se coucher. Une partie d'entre elles ne bénéficie ni de congé annuel, ni de jours de repos, ni jours de fêtes. Le montant de leur rémunération mensuelle reste malgré cela, globalement trop faible.
Il passe, en fonction de l'âge d'un minimum de 220 DH pour les filles de 7 à 10 ans, à un maximum de 500 DH pour les filles âgées de 15 à 17 ans. Les filles d'âge intermédiaire perçoivent en moyenne 347 DH. Ces filles sont non seulement mal payées, mais font également l'objet, dans l'exercice de leurs tâches, de punitions, de sanctions et d'abus. La majorité font l'objet de réprimandes. 55% ont été battues, et 5% ont déclaré avoir subi des abus sexuels de la part de leurs employeurs.
Ceci dit,la plupart de ces filles saisissent les opportunités lorsqu'elles se retrouvent à l'abri du regard de ses maîtres, pour se livrer à la prostitution en cachette. Quand la révolte gagne les plus excédées, elles descendent dans la rue où d'autres les ont déjà précédées. Puis la descente aux enfers commence. Elles continuent à travailler dans les ménages et sont initiées, entre temps, aux joies nocturnes : alcohol, cigarettes, maquillage, nouveau look vestimentaire, le rêve pour elles !


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