Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé, mardi 14 avril, une réunion du Comité de pilotage de la réforme du système national de santé. L'occasion de faire le point sur des chantiers structurants qui dessinent l'hôpital et le centre de soins de demain. Groupements sanitaires territoriaux, réhabilitation des centres primaires, nouveaux CHU et transformation numérique. Le gouvernement accélère sur le chantier de la santé. Mardi 14 avril, à Rabat, Aziz Akhannouch a présidé une réunion du Comité de pilotage de la réforme sanitaire. Groupements territoriaux, réhabilitation des centres de soins primaires, nouveaux hôpitaux, CHU à plusieurs milliards, transformation numérique, le chef du gouvernement a déroulé un bilan fourni. En ouverture de la réunion, Akhannouch a ainsi rappelé la vision prospective du Roi Mohammed VI, qui fait des groupements sanitaires territoriaux (GST) le levier central pour intégrer les différents niveaux de soins et concrétiser la régionalisation du système de santé. Après la récente nomination par le Souverain de cinq directeurs généraux à la tête de ces groupements, le chef du gouvernement a appelé l'ensemble des départements concernés à se mobiliser pour accélérer leur mise en œuvre. La dynamique est déjà à l'œuvre dans la région pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Les premiers résultats sont encourageants, matérialisés par une augmentation du nombre de bénéficiaires de soins, un renforcement des effectifs médicaux et une amélioration de la coordination entre les établissements de santé à l'échelle régionale. Un modèle appelé à essaimer sur l'ensemble du territoire. Soins primaires : 1.400 centres réhabilités, une deuxième phase lancée Le programme de réhabilitation des établissements de soins de santé primaires avance à grands pas. Le chef du gouvernement s'est félicité de l'achèvement de la mise à niveau de 1.400 centres de santé et du lancement de la deuxième phase du programme. L'ambition est désormais de réhabiliter 1.600 nouveaux centres, pour une enveloppe globale avoisinant 6 milliards de dirhams. Dès 2026, la première phase prévoit la programmation de 500 centres, avec un accent particulier sur les zones rurales et enclavées, afin de renforcer l'équité territoriale et rapprocher les soins des citoyens. Hôpitaux et CHU : 3.000 lits supplémentaires en 2026 La Commission a également examiné l'état d'avancement des projets hospitaliers, en insistant sur la nécessité d'accélérer la réalisation des grands chantiers structurants. L'année 2026 devrait ainsi être marquée par l'achèvement de 15 projets hospitaliers à travers les différentes régions du Royaume, ce qui permettra d'ajouter près de 3.000 lits à l'offre de soins nationale, dans une logique de consolidation de l'équité territoriale. Par ailleurs, le programme de réalisation de six Centres hospitaliers universitaires (CHU) se poursuit. Avec un investissement global de plus de 20,6 milliards de dirhams, ces établissements offriront une capacité totale de 3.807 lits. Le CHU Mohammed VI d'Agadir constitue, à cet égard, un modèle avancé d'hôpital de nouvelle génération, doté d'équipements de pointe. Transformation numérique : la bascule de 2026 Sur le front de la digitalisation, des progrès significatifs ont été enregistrés. Le taux de complétude des données relatives au projet de carte sanitaire a atteint environ 95%, un outil essentiel pour piloter l'offre de soins et optimiser l'allocation des ressources. Une plateforme numérique nationale intégrée, regroupant les données des secteurs public et privé, a été finalisée. Son lancement en phase finale est prévu prochainement, en vue d'un partage avec l'ensemble des parties prenantes, afin de renforcer la gouvernance du système de santé. Le dossier médical partagé et la feuille de soins électronique sont également sur les rails. Les développements techniques sont achevés, et le déploiement progressif débutera en 2026. Ces dispositifs visent à améliorer la continuité des soins, à renforcer la coordination des parcours de prise en charge et à simplifier les procédures pour les usagers, dans le cadre d'un écosystème numérique sécurisé et intégré. Le dispositif d'assistance médicale urgente (SAMU) se développe à partir du modèle régional mis en place dans la région Rabat-Salé-Kénitra. Ce modèle a vocation à être progressivement étendu à l'ensemble des groupements sanitaires territoriaux, afin d'améliorer la rapidité d'intervention et la qualité de la prise en charge des urgences. La plateforme numérique «Chikaya santé» a quant à elle été renforcée par la mise en place d'un système national intégré de gestion des réclamations des usagers, appuyé par un centre national d'écoute et des outils digitaux avancés permettant un suivi efficace des doléances. En parallèle, des avancées ont été réalisées dans la digitalisation de l'Agence marocaine des médicaments et des produits de santé, notamment à travers le lancement des premières composantes du guichet numérique unifié, gage de transparence et d'efficacité dans la gestion des procédures liées aux produits de santé. Hatim Khelladi / Les Inspirations ECO