Le président français Emmanuel Macron organise jeudi une visioconférence avec Ursula von der Leyen et plusieurs dirigeants européens afin de coordonner les dispositifs d'interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes. L'objectif est de maintenir un «niveau de pression élevé» alors que la France s'apprête à adopter sa propre législation et que plusieurs pays souhaitent lui emboîter le pas. L'Elysée a annoncé mardi 14 avril 2026 qu'Emmanuel Macron réunirait jeudi par visioconférence la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi que plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement européens. L'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et l'Irlande ont déjà confirmé leur participation, et d'autres pays pourraient se joindre à la réunion. La commissaire européenne à la Souveraineté numérique, Henna Virkkunen, sera également présente. Selon un conseiller présidentiel, «la volonté du président est de maintenir une certaine pression sur ce sujet» qui nécessite «une mobilisation de l'ensemble des acteurs». L'entourage de Macron a souligné que «on est au milieu du gué sur un certain nombre d'initiatives», et que c'est précisément à ce stade qu'il faut maintenir un niveau de pression élevé. Le projet de loi français en cours d'adoption En France, un projet de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans est en cours d'adoption. Il doit encore faire l'objet de discussions parlementaires et obtenir l'aval de Bruxelles pour entrer en vigueur à la rentrée de septembre, comme le souhaite Emmanuel Macron. L'Elysée indique vouloir s'assurer que les services de la Commission européenne aient «bien compris» la détermination et le calendrier français, afin qu'ils «avancent aussi en ce sens». L'objectif premier est d'avancer de façon coordonnée et de pousser la Commission à adopter le même rythme que les pays européens volontaires. Pour l'instant, les seuils d'âge prévus par les différents projets nationaux varient de 14 à 16 ans. La présidence française souhaite que Bruxelles «harmonise» les outils de vérification d'âge et «avance sur une réglementation européenne sur un seuil d'âge commun», afin de simplifier la mise en œuvre de la mesure. Plusieurs pays ont déjà annoncé vouloir suivre l'exemple français, et l'Elysée espère en rallier davantage lors de la visioconférence de jeudi. Le sujet a été abordé lundi à l'Elysée lors d'une réunion d'Emmanuel Macron avec des experts et acteurs de la technologie, en l'absence toutefois des représentants des grandes plateformes concernées par la future interdiction. Les discussions ont également porté sur les réflexions en cours pour «renforcer l'effectivité» du Digital services act (DSA), la régulation européenne du numérique.