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Les richesses débordent, la gestion peine à suivre
Publié dans La Gazette du Maroc le 05 - 06 - 2006

Douze découvertes d'hydrocarbures depuis le début 2006, soit presque autant que pendant toute l'année 2004. 62 milliards de $ de réserves en devises sont prévues, alors que les revenus d'énergie ont tendance à avoisiner les 50 milliards de $. Malgré ce constat très encourageant, le système est loin de pouvoir créer l'essor souhaité. Focus…
La majorité des économistes algériens s'accordent enfin à dire que le pays est presque rétabli.
Ces derniers se basent plus particulièrement sur les données et les chiffres qui parlent d'eux-mêmes : une croissance de l'ordre de 5 %, un PIB global frôlant les 100 milliards de $, un excédent budgétaire de 12,8 milliards, une inflation maîtrisée aux alentours de moins de 3 %. Ce, sans parler des revenus des hydrocarbures qui ne cessent d'augmenter considérablement au fil des mois ni des réserves de change qui, selon le dernier rapport du FMI, pourraient atteindre les quelques 130 milliards de $, à condition que les prix des hydrocarbures maintiennent leur vitesse de croisière. Tout est donc au vert ou presque au niveau des indices macroéconomiques au même moment où les entreprises étrangères se bousculent aux portillons d'Alger pour décrocher les contrats définis dans le cadre du Plan de la relance économique initiée, il y a environ trois ans par le président Abdel Aziz Bouteflika. Un plan auquel il avait consacré 55 milliards de $ sur cinq ans. Cependant, il n'arrive pas à sortir complètement du goulot d'étranglement.
Les responsables algériens les plus objectifs reconnaissent l'existence d'un dysfonctionnement au niveau du système dirigeant, affirmant que la gestion des richesses reste en deçà des espérances. Ils contestent, néanmoins, les thèses des experts et des médias occidentaux, notamment français, insistant sur le fait que l' «Algérie est de plus en plus riche, alors que sa population s'appauvrit». De plus, ils estiment que ces derniers exagèrent en disant qu' «il y a peu de grands travaux», alors que les grands chantiers sont bel et bien là.
Et à ces responsables d'ajouter : «Si leurs entreprises sont écartées des compétitions et des appels d'offres, cela ne veut pas dire que l'Etat algérien n'investit pas pour développer ses infrastructures et financer ses projets sociaux».
Les dizaines de milliers de logements sociaux alloués aux entreprises de BTP chinoises et récemment américaines, les réseaux d'autoroutes confiés aux sociétés turques et européennes, les nouveaux hôtels qui poussent comme des champignons, le démarrage des travaux du 2ème tronçon du métro d'Alger qui sera réalisé par l'allemande Siemens sont des faits marquants sur la remise sur pied de l'économie et, par là, du pays.
Dans ce même côté jardin, force est de souligner que le programme de privatisation, qui n'arrivait pas à décoller malgré les promesses des gouvernements consécutifs depuis des années, est aujourd'hui sur la bonne voie, remarquent les observateurs. Le dernier bilan publié par le ministère des Participations et de la promotion de l'investissement montre que 333 entreprises ont été cédées à fin mai 2006. Les responsables algériens affirment déjà que cet exercice sera l'année des privatisations par excellence. Ils évoquent avec «fierté» devant
les délégations étrangères les chiffres éloquents : ces opérations ont rapporté au Trésor public 91 milliards de dinars
(1 euro = 90 DA). Ce qui a permis de maintenir 15.399 emplois et à créer 9.113 nouveaux postes de travail. Ce qui reste insuffisant en comparaison avec les potentialités du pays et par rapport aux besoins urgents pour réduire le taux de chômage qui reste galopant (+ de 22 % de la population active). En dépit de cette avancée dans ce domaine, reste à savoir si le nombre fixé par le gouvernement, environ 1100 entreprises, sera atteint à la fin de l'année en cours. Les experts les plus avancées en doutent.
Côté cour
Le règlement anticipé de la dette extérieure algérienne, concrétisé le mois dernier, ne semble pas jouer suffisamment en faveur de l'économie algérienne.
C'est de l'avis de plusieurs experts financiers algériens dont certains avaient travaillé pour le compte des institutions financières internationales. Ces derniers voyaient qu'il était plus raisonnable de laisser ces créances s'éteindre selon leurs échéanciers et de ne pas les payer au prix fort après qu'elles deviennent avec le temps une «monnaie de singe».
Ils estiment, le cas échéant, que cette initiative qui a, en premier lieu, un objectif politique interne et, par là aussi, un changement d'image externe, émane d'une mauvaise gestion des richesses en possession de l'Etat.
Ce diagnostic fait par ces mêmes experts est basé sur les analyses du PNUD, notamment en termes de développement humain. Celui-ci montre que l'Algérie, malgré sa nouvelle croissance économique dont le taux est d'un peu plus de 5 %, demeure toujours à la 103ème place en termes de développement humain sur 177 pays, alors que la Corée du Sud, avec une croissance moindre, est à la 28ème place. Dans ce contexte, ils critiquent la réticence des autorités algériennes concernées envers toute initiative, à l'instar de celle adoptée par le Maroc sur le développement humain.
Le pouvoir exécutif, malgré ses opérations de propagande, reste incapable de gérer les ressources en sa possession. La preuve : l'échec de plusieurs ouvertures externes entreprises qui, en fin de compte, n'étaient pas porteuses de développement.
En effet, le taux d'ouverture de l'Algérie exportations/PIB n'a pas dépassé les 67,2 %, soit une ouverture plus grande que la France (62 %), mais c'est la France qui est développée et non l'Algérie, soulignent ces experts. Autre signe de mauvaise gestion, les retards flagrants dans les projets d'infrastructures initiés et mis sur rails par le président Bouteflika en personne. Ce qui l'a incité à se révolter lors de sa visite, il y a environ trois mois, à l'aéroport international d'Alger pour vérifier l‘avancée des travaux d'extension. «C'est du sabotage», dit-il devant les journalistes qui l'avaient accompagné ce jour. En réalité, la mauvaise gestion de
la part de l'administration ainsi que l'incompétence et le clientélisme sont à l'origine de ces retards qui absorbent les budgets alloués sans pour autant donner les résultats attendus.
La loi des finances 2006, votée en décembre 2005, c'est-à-dire au même moment de l'annonce des excédents tous azimuts, témoigne de l'ampleur des moyens mis à la disposition de la réalisation des projets.
Pour la première fois de l'histoire financière de l'Algérie, le budget d'équipement de l'Etat augmenté de 28 % par rapport à celui de 2005, dépasse le budget de fonctionnement. Malgré ce fait, les projets de développement des infrastructures ne vont pas de paire avec les plans définis. Un grand point noir qui entache l'image du pays, l'opacité du secteur bancaire ; ce, malgré les efforts déployés par le gouvernement.
A cet égard, les analystes financiers occidentaux estiment que le dépôt par des banques internationales des demandes d'agrément ne veut en aucun cas dire qu'elles cautionnent le fonctionnement de ce système ni le flou qui domine le marché financier.
Les remarques formulées par le FMI et la Banque mondiale ne semblent pas être prises, jusqu'ici, en considération.
Ce qui a poussé le Fonds monétaire international à évoquer dans son dernier rapport le manque des capacités de gestion des risques de base par les banques publiques qui représentent 90 % des actifs du système bancaire.
Ces capacités qui se sont alourdies par les prêts improductifs. Le FMI est encore allé plus loin en indiquant que 40 % des prêts bancaires ne sont pas remboursés. Ce qui prouve encore plus la mauvaise gestion des richesses.


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