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Oui à l'embellissement, non à l'excès
Publié dans La Gazette du Maroc le 28 - 10 - 2002


L'Islam et la chirurgie esthétique
L'islam encourage l'être humain à prendre soin de son aspect physique. Par contre, l'excès est interdit. La chirurgie esthétique, quand elle n'a pas pour but de réparer un préjudice, est considérée comme un excès et par conséquent, est interdite.
Contrairement aux préjugés des libertins (partisans de la liberté dont le slogan est : l'être humain est libre de disposer de son corps comme bon lui semble), l'Islam ne lutte pas contre la beauté. C'est plutôt le contraire. Un «hadith» rapporté par «Muslim», (éminent savant dans le fikh), en est la preuve concrète : « … Dieu est beau ; il aime la beauté». La religion ne va donc pas à l'encontre d'un trait particulier à l'être humain : la volonté d'être et de paraître beau. Encore mieux, l'Islam ne se limite pas à autoriser l'être humain à soigner son apparence physique, il l'encourage. D'ailleurs, plusieurs «hadits» vont dans ce sens.
Toutefois, dans sa recherche de la beauté, l'homme doit éviter l'excès. En effet, si la religion musulmane encourage l'être humain à soigner son apparence, elle lui interdit par contre de la modifier par pur souci esthétique. L'islam juge cette modification comme une «altération de la création d'Allah». Tout excès de cette nature est considéré comme falsification visant à cacher une réalité, en l'occurrence, l'emprise du temps (traduisez : « ô vieillesse maudite»). L'islam l'assimile aussi au «tabarrouj» que les «oulémas» définissent par l'exhibition d'une femme musulmane en présence d'hommes étrangers. Ce qui est tenu pour être de la provocation (au sens charnel du terme).
Pour les «oulémas» contemporains, la chirurgie esthétique est un excès qui entraîne, par conséquent, “l'altération de la création d'Allah ”. Comment sont-ils arrivés à cette conclusion ? «Al ijtihad», (recherche, analyse et interprétation des «hadits» du prophète et du Coran), en est la source.
Si aucun «hadith» ne parle de chirurgie esthétique, certains par contre citent des pratiques ayant des objectifs similaires. Entre autres, celui rapporté par «Muslim» : «qu'Allah maudisse la tatoueuse et celle qui sollicite ses services ; la coiffeuse spécialisée dans l'épilation des poils et celle qui sollicite ses services ; la limeuse qui cherche à améliorer la dentition : elles modifient la création d'Allah». Et celui rapporté par Abou Daoud et At-Tirmidhi :» n'arrachez pas vos (cheveux et poils) blancs…»
L'interprétation des Oulémas contemporains va dans le sens où on ne doit pas arracher les cheveux blancs pour dissimuler l'effet du temps sur le corps, on ne doit avoir recours à la chirurgie esthétique pour faire disparaître ce qui apparaît naturellement avec l'âge, comme rides… Ceci étant, il n'est pas interdit de retarder leur apparition en utilisant régulièrement de l'huile ou des crèmes enrichissantes. Mais une fois parues, il faudra vivre avec.
Parallèlement, si l'Islam interdit de se faire écarter les dents pour que celles-ci soient conformes à la norme de beauté arabe à l'époque du prophète, il est interdit de recourir à la chirurgie plastique pour rendre une partie de son physique plus conforme aux normes de beauté del'époque.
Toutefois, pour tout ce qui constitue une anomalie causant réellement du tort à son porteur, on peut avoir recours à la chirurgie ( appelée chirurgie esthétique et réparatrice) pour faire disparaître cette disgrâce. Ce qui est en substance dit par Al Quaradawi dans son ouvrage «Al halal wa Al haram « (p 80-81).
Sur ce point, la polémique fait rage : comment définir de manière objective ces anomalies ? Est-ce que le mal psychique causé par les remarques déplacées de l'entourage sur l'excès de poids en fait partie ?…


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