La police judiciaire a placé en garde-à-vue Abdelilah Ahriz, la semaine dernière, suite à une plainte adressée au ministère de la Justice au Maroc par le juge d'instruction espagnol, Juan Del Olmo, chargé de mener l'enquête sur les explosions terroristes du 11 mars 2004 à Madrid. a BNPJ mène actuellement une enquête préliminaire avec Abdelilah Ahriz, qui avait été condamné à trois ans de prison en février 2007 avant d'être acquitté par la suite en appel. L'enquête concerne les accusations qui lui sont adressées par le juge d'instruction espagnol, Juan Del Olmo le soupçonnant d'être impliqué dans les attentas du 11 mars à Madrid. Au cas où l'implication d'Ahriz serait prouvée, ce dernier sera jugé au Maroc, selon une source judiciaire. Le juge espagnol avait séjourné au Maroc dans le cadre d'une commission rogatoire pour des prélèvements d'ADN d'Ahriz. Aucune information sur le résultat du test ADN n'a été divulguée pour l'instant. Le dossier est toujours au stade de l'instruction et la possibilité d'implication d'autres personnes n'est pas écartée. Le juge Del Olmo, avait auditionné dans le cadre d'une commission rogatoire, le mois de décembre 2007, à la cour d'appel de Salé, Abdelilah Ahriz et Saad Houssaini. L'audition avait porté sur leurs liens avec le groupe qui a commis les attentats de Madrid. Le magistrat espagnol a présenté à Ahriz des photos et lui a posé 48 questions auxquelles il a répondu en niant toute relation avec le groupe auteur des attentats de Madrid. Ahriz etait venu et reparti libre du tribunal après trois heures d'audition avec le magistrat espagnol. La police scientifique espagnole, avait conclu le 21 février 2007, que l'ADN d'Abdelilah Ahriz prélevée au Maroc était identique aux empreintes génétiques retrouvées sur deux lieux différents fortement liés aux attentats de Madrid. Son ADN figurait d'abord sur un peigne retrouvé dans les décombres d'un appartement où a eu lieu le suicide collectif à l'explosif de sept auteurs présumés. La même empreinte a été identifiée dans une tâche de sang sur un pantalon récupéré dans une maison qui aurait servi au montage des engins explosifs utilisés à bord des trains de banlieue de Madrid. Durant la même commission rogatoire, Abdelilah Ahriz a reconnu avoir vécu à Madrid du début du mois de mars ou avril 2004 à fin octobre ou novembre de la même année. Selon le mandat rédigé par le juge Del Olmo, Abdelilah Ahriz, est un «membre présumé» de la cellule qui a perpétré les attentats. Il avait également des relations «directes et particulièrement intenses» avec d'autres auteurs matériels des attentats, notamment le Marocain Mohamed Afalah qui avait pris la fuite au lendemain des attaques contre les trains et serait mort dans un attentat suicide en Irak et un autre Marocain, Larbi Ben Sellam qui avait comparu en compagnie de 28 autres accusés lors du procès de ces attentats. La justice espagnole ne poursuivait jusqu'à présent que trois personnes en tant qu'auteurs matériels des attentats?: les Marocains Jamal Zougam et Abdelmajid Bouchar et le Syrien Basel Ghalyoune. Le juge chargé de l'affaire avait décidé en février 2007 d'inculper Abdelilah Ahriz en tant que quatrième auteur matériel présumé. Un mandat d'arrêt international a été lancé également contre lui. Il n'était recherché à cette époque que pour appartenance à une organisation terroriste. Le juge espagnol a ordonné la détention provisoire de l'inculpé en attendant la formulation d'une demande officielle d'extradition, que des sources proches du dossier ont exclue jusqu'à présent. Le juge espagnol va étudier toutes les réponses d'Ahriz et transmettre le dossier éventuellement à la justice marocaine pour que le suspect soit jugé dans son pays d'origine, le Maroc. Allemagne Un autre Marocain de la filière irakienne Un tribunal allemand a condamné, le 24 janvier dernier, un Allemand d'origine marocaine à cinq ans et neuf mois de prison pour «constitution d'une organisation terroriste et soutien à Al-Qaïda». Redouane El Habhab âgé de 38 ans, a également été reconnu coupable d'avoir aidé, via Internet, au recrutement de combattants et au transfert de fonds en Irak. El Habhab poursuivait des études de philosophie à l'Université de Christian-Albrechts de la Ville de Kiel au Nord de l'Allemagne, avant son arrestation par la police locale en juillet 2006. Selon la justice allemande, Redouane El Habhab, aurait, avec quatre complices, transféré des fonds pour Al-Qaïda vers l'Egypte et la Syrie, et aurait arrangé l'envoi de combattants islamistes en Irak. Redouane El Habhab, gérant d'un magasin Internet et de téléphonie à Kiel, a été accusé aussi d'avoir exprimé sur des sites Internet son soutien au numéro un d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, d'avoir téléchargé des documents relatifs à la construction de bombes et d'avoir recueilli 5.000 euros pour la formation de combattants avant son arrestation en juillet 2006. Les services allemands le soupçonnent d'avoir participé à un entraînement dans les camps du GSPC en Algérie en décembre 2005. Il aurait aidé en mai et juin 2006 des combattants islamistes à se rendre en Irak. En juin 2006, il aurait mis aussi sur pied un réseau de militants au Soudan. Parmi les autres personnes soupçonnées d'avoir rejoint son réseau, figurent deux suspects d'origine marocaine extradés par la Suède vers l'Allemagne en avril et en mai 2007.