DR ‹ › L'industrie française de l'armement cherche à regagner du terrain sur le marché marocain. Pour ce faire, des diplomates et industriels, épaulés par des consultants influents, ont été dépêchés au Maroc. Leur objectif : proposer des solutions stratégiques et encourager des investissements à long terme, rapporte Africa Intelligence. Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un renforcement du dispositif diplomatique français, illustré par la nomination récente d'un attaché d'armement à Rabat, à la suite d'un dialogue stratégique bilatéral. Pour rappel, un «comité armement» a été mis en place en juillet dernier à l'initiative de la Direction générale de l'armement française (DGA). Ce cadre vise à stimuler la coopération industrielle entre la France et le Maroc, en mettant l'accent sur le développement de la Base industrielle et technologique de défense marocaine (BITD), avait expliqué à Rabat Emmanuel Chiva, délégué général de l'armement en France. Parmi les groupes français intéressés, Naval Group se distingue. Le constructeur naval espère vendre un ou deux sous-marins à la Marine royale marocaine. «Naval Group mène un intense lobbying à Rabat, mais l'allemand ThyssenKrupp Marine Systems est également en lice», souligne Africa Intelligence. L'entreprise espagnole, Navantia, serait aussi sur les rangs. La France mise sur le «Scorpène», un sous-marin reconnu pour sa furtivité et ses performances, en s'appuyant sur ses relations diplomatiques solides et son partenariat historique avec le Maroc. Rabat cherche à renforcer la sécurité de la Méditerranée occidentale et du détroit de Gibraltar, dans un contexte régional de plus en plus stratégique. Cependant, l'offensive française fait face à une concurrence acharnée, notamment dans les secteurs aérien et spatial, en particulier celui des satellites d'espionnage. Ces dernières années, les Américains et les Israéliens ont consolidé leur présence sur le marché marocain. Néanmoins, la France conserve une carte à jouer dans le domaine maritime militaire.