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Réforme du champ religieux : Imams et prédicateurs à l'anglo-saxonne
Publié dans La Gazette du Maroc le 07 - 03 - 2008

Depuis 1912, aucun changement n'a été introduit dans les statuts du ministère des Habous et des affaires islamiques. Il a fallu attendre la triste tragédie des attentats de Casablanca en 2003 pour que le département de Taoufiq introduise quelques nouveautés dans la gestion du champ religieux. La réforme de Dar Al Hadit Al Hassania et la formation des mourchidates s'inscrivent dans cette optique.
La direction de l'Enseignement original du ministère des Habous et des Affaires islamiques, a organisé un concours pour la sélection d'imams, de prédicateurs et de lauréats de l'Université Quaraouiyine, qui bénéficieront de bourses d'études et de recherches
dans des prestigieuses universités
anglo-saxonnes.
Les disciplines concernées par la formation sont, la philosophie, l'histoire des religions comparées et l'islamologie.
Trois niveaux sont concernés par cette offre du département d'Ahmed Taoufiq : le Bachelor, le Master et le PHD. Les bourses d'études sont destinées aux lauréats de l'Université Quaraouiyine titulaires de la alimiya (doctorat) ou de l'Ecole Coranique de la mosquée Hassan II. Le choix de cette catégorie de lauréats n'est pas fortuit, Taoufiq veut former des imams et des prédicateurs à l'égyptienne pour être au diapason du hit parade des nouveaux clercs. En 2003, un dahir a restructuré l'organisation du ministère des Habous et des Affaires islamiques, deux nouvelles directions ont été créées au sein du ministère : la direction des mosquées et la direction de l'enseignement traditionnel. Selon une source proche du dossier, l'initiative de former des prédicateurs et des oulémas à l'anglo-saxonne, s'inscrit dans le cadre de la réforme de l'enseignement traditionnel et du champs religieux. L'initiative intervient quelques mois après l'échec de l'introduction d'une reforme initiée par le même Ahmed Taoufiq à Dar Al Hadit Al Hassania. Le recrutement d'un Directeur des Etudes de nationalité américaine, avait soulevé une vive polémique par des milieux conservateurs, la presse et le ministre de l'époque.
Le directeur de Dar Al Hadit, Ahmed Khamlichi, était contre cette nomination, tandis qu'Ahmed Taoufiq défendait corps et âme cette initiative de réforme de l'école créée par Hassan II en 1965 pour former les alems traditionnels qui alimentaient en «matière grise» les Conseils provinciaux des Oulamas du Maroc.La réforme de Dar Al Hadith Al-Hassania, entreprise en 2004, a instauré le rattachement de Dar Al-Hadith au ministère des Habous et des Affaires islamiques, au lieu du palais royal.
Parmi les réformes introduites, la possibilité de recourir à des compétences étrangères pour son développement. C'est dans ce cadre que Kambiz Ghaneabassiri a été recruté à Dar Al Hadit, ainsi que la création d'une licence en 4 ans et l'allongement des études pour l'acquisition du doctorat, 6 ans après la licence. Mais cette réforme n'a jamais eu lieu en réalité, car le projet lui-même a été bâclé dans la hâte, après les attentats du 16 mai. Seul un contrôle plus strict des mosquées par les services via les DAG et les délégués de Taoufiq a réellement marché. La preuve : plusieurs imams qui ne se conformaient pas aux directives du ministère, ont été limogés.
Des femmes prédicatrices ?
En plus de Dar Al Hadit Al Hassania, le Conseil supérieur des oulémas et la Rabita Mohammedia des oulémas, où la léthargie fait toujours légion, c'est dans les mosquées où l'essentiel de l'action religieuse s'est fait sentir. C'est pour cela qu'un autre volet de la réforme concerne la formation des morchidates. Cinquante prédicatrices ont été formées en 2006, pour rejoindre les différentes mosquées du royaume. Un signe d'ouverture et de modernisme qui commence à souffler sur le champ religieux officiel, caractérisé jusqu'à présent par la léthargie. Le ministère les a formées pour encadrer les femmes dans les mosquées et autres établissements publics. Une deuxième promotion sera annoncée dans les semaines qui viennent. Cette action vise, selon le ministre des Habous et Affaires Islamiques «à aider le reste des imams à relever le niveau de l'encadrement religieux». L'initiative elle-même est louable, elle a permis à cinquante jeunes diplômées de l'Enseignement Supérieur d'intégrer le monde du travail. Cette fonction était auparavant du ressort d'imams qui venaient de divers horizons, parfois même de simples fkihs, qui avaient appris le coran sans aucune connaissance de la théologie ou des principes élémentaires de la jurisprudence en islam. Le contexte actuel reste caractérisé par la montée en puissance des courants de pensée intégriste, influencés par des écoles canoniques, autres que le malékisme qui a toujours dominé au Maroc. Les prédicateurs indépendants qui agissent dans les quartiers périphériques ont tous un dénominateur commun : le rite wahhabite comme source de jurisprudence, en contradiction avec la tradition marocaine qui a toujours favorisé le rite malékite. Le penchant des prédicateurs indépendants pour le rite wahhabite, se justifie par le fait que plusieurs d'entre eux ont séjourné en Arabie Saoudite. Certains ont fait des études de théologie dans les universités saoudiennes. Les diplômés de troisième cycle ont intégré l'Enseignement Supérieur au début des années quatre-vingt, en tant qu'enseignants dans les départements des Etudes Islamiques créés à cette époque pour contrer la montée en puissance des idéologies de la gauche radicale. Dans les villes traditionnelles, il y avait toujours des femmes prédicatrices qu'on appelait «fkira». Ces femmes recevaient chez elles des jeunes filles pour leur inculquer la religion et les bonnes manières. Cette tradition, qui a disparu au fil du temps, était présente au Sahara sous une autre forme. Des femmes lettrées accueillaient sous une tente des jeunes filles pour leur apprendre la langue arabe et la religion. En Mauritanie, il y a le taux le plus élevé de femmes lettrées du monde arabe. Ceci s'explique par l'enseignement traditionnel au sein même de la tribu nomade, qui continue toujours de fonctionner. Le système religieux officiel qui était resté figé pendant des décennies, veut se moderniser et renouveler les vecteurs de communications : jeunes imams et télévisions dans les salles de prière.
L'affectation des «morchidates» religieuses aspire à combler un vide en matière d'encadrement religieux. Ce qui est frappant, c'est que dans ce domaine, les associations islamistes de tout bord, ont déjà une longueur d'avance sur les représentants de l'islam officiel. Depuis les années quatre-vingt, les «sœurs» organisaient dans les foyers des séances d'endoctrinement religieux. L'action se poursuit dans les universités et les lieux de travail, au sein même des administrations publiques, lycées et collèges. Nadia Yassine, la fille du cheik Yassine, guide spirituel d'Al Adl Walihssan, organise chez elle à Salé des rencontres quotidiennes de femmes où l'encadrement religieux est omniprésent. Aujourd'hui, l'Etat veut assumer la responsabilité de l'encadrement religieux pour combler le vide spirituel.
La modernité face à l'intégrisme
Depuis l'introduction de la réforme de l'enseignement originel, la formation des imams a intégré les sciences humaines et les langues étrangères. Une lacune qui handicapait le travail des imams traditionnels face aux prédicateurs islamistes qui ont intégré depuis longtemps Internet, CD ROM et autres techniques de communication de masse. Les imams new-look seront bien armés pour affronter le troisième millénaire. Le ministre des Habous a déclaré l'année dernière, que son ministère va intégrer l'utilisation des NTIC pour les imams et alems des Conseils provinciaux. Quant au département des Habous proprement dit (patrimoine immobilier), il devra encore attendre un business plan qui n'est pas d'actualité. Parmi les bienfaits de la réforme du département d'Ahmed Taoufiq, le site Internet du ministère qui reste parmi les sites les plus performants, comparé à d'autres ministères.
Infrastructures religieuses
Selon un rapport de la Direction des mosquées, le nombre des lieux de culte dans le Royaume s'élève à 41.755. Ils sont encadrés par 73.065 responsables religieux. 30 nouvelles mosquées ont été rattachées au Ministère et 19 nouvelles mosquées ont été ouvertes aux fidèles. Le nombre global de lieux de culte, dans le Royaume, salles de prière comprises, s'élève à 41.755. Les salles de prière sont au nombre de 13.411. Les régions de Laâyoune- Boujdour-Essaquiya Al Hamra, Oued Eddahab-Lagouira, Le Grand Casablanca et Rabat-Salé-Zemmour-Zaïr, sont au dernier rang, sur le plan national, en matière d'équipements et comptent environ une mosquée ou deux pour 5000 habitants. A Casablanca, en dépit de sa population importante (12% de la population du Maroc), ne représente que 2,8% du nombre total des mosquées du Royaume. La moyenne, sur le plan national, atteint 7 mosquées pour 5000 habitants. Quant à celles où la prière du vendredi a lieu, leur nombre a atteint 12.959 en 2007. Les musallâ-s sont au nombre de 8.253. Les musalla-s dans les quatre premières régions, sont à Sous-massa-Daraâ; Tadla-Azilal; Marrakech-Tansift-Al Haouz; Taza-Al Hoceima-Taounat. 288 mosquées sont en cours d'édification. Du point de vue de leur financement, 10.061 mosquées sont prises en charge directement par le Ministère. 28.048 le sont conjointement par le Ministère et les bienfaiteurs bénévoles. Ces derniers assument le financement intégral de 3.610 mosquées. Durant le premier semestre de l'année 2007, 30 nouvelles mosquées ont été rattachées au Ministère. 19 nouvelles mosquées ont été ouvertes aux fidèles. 289 nouveaux cadres religieux ont été affectés dans les mosquées dépendant directement du Ministère ; 84 cadres religieux ont été remplacés pour cause de décès ou d'incapacité ; 6 autres ont été radiés des listes des officiants. La majorité des mosquées est dans un état satisfaisant ou acceptable. Certains bâtiments ont cependant besoin de tapisseries (5.595), de rénovation (2.730).
Quant à celles qui sont dans un état de délabrement avancé, leur nombre atteint 545, et leur majorité étant située à Quelaât Essraghna, où 303 menacent ruine. 42 d'entre elles ont été fermées au public par mesure de sécurité, ou en attente de consolidation ou de reconstruction. Dans le cadre de la restructuration du Ministère des Habous et des Affaires Islamiques, un nouvel organigramme a introduit des réaménagements des nedharats des habous, dont le nombre a baissé en 2004 de 45 à 24. Avec la création des délégations régionales et provinciales des affaires islamiques, les nedharats sont désormais chargées exclusivement de la gestion des biens habous tandis que les affaires islamiques sont du ressort du délégué du ministre.


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